î /\:.":r .- >it.v*.^- ■ r ^ B HARVARD UNIVERSITY L I B R A R Y MUSEUM or OOMPAKATIVE ZOOLOaY GIFT OF ^^^^H,V\\^- SEULE EDITION COMPLETE DES SUITES A BUFFON, FORMAT IN-18. FERS. TOME PREMIER. Cetth Colleclion, primitivement publiée par les soins de M. Déterville , et qui est devenue la propriété de M. Roret, ne peut être donuée par d'autres édi- teurs, n'étant pas, comme les OEuvres de Buffon, dans le domaine pucHc. Les personnes qui auraient les suites de Lacépède, contenant seulement las Poissons et les Reptiles, auront la liberté de ne pas les prendre dans cette Collection. Cette Collection formera io8 volumes, ornés d'en- viron 600 Planches , dessiuées d'après nature , par Desève, et précieusemeut terminées au burin. Elle se composera des ouvrages suivaus : HISTOIRE NATURELLE DES INSECTES, par MM. dk Tigî»y et BnorfGTfiAUT. to vol. — DES VÉGÉTAUX , par M. de Mirbel. 3o vol. — DES COQUILLES , par M. Boso. to vol. — DES VERS, par M. Pose. ' 6 vol. — DES CRUSTACÉS, par M, Rrsc 4 toL — DES MINÉRAUX, par M. l'iTAis. lo vol. — DES POISSONS, de Rloch , par M. Castel. 20 vo>. — DES REPTILES, par MM. So«»/Mot Latbkiile. 8 vol. Prix de chaque volume , ']5 c. Prix de chaque I.iviaison de Figures, composée d'environ 5 Planclies, î)our les sonscripteurs 35 cent, en noir, et i fr. Fig. coloriées. Il paraîtra régulièrement , le samedi de chaque semaine, 2 volumes et 2 Livraisons de Planches, à partir du i^t février i83o. Nota. Une partie de ces ouvrages ayant déjà paru, en réunissant Icj dtux %'olumes ou parties qui seront eu vente chaque samcd! , on pourra les faire relier ou cartonner à volonté. HISTOIRE NATURELLE DES VERS , CONTENANT LEUR DESCRIPTION ET LEURS MOEURS : jivec Figures dessinées d'après nature; PAR É.-A.-G. BOSC, Membre de l'Académie des Sciences. SECOISDE EDITION. TOME PREMIER. PARIS, A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPEDIQUE DE ROEET nnil HinTBFEDILLE, AU COIM DK LA. RUE DU BATTOIR. Chez RAYNAL, rue Pavée-Saikt-Andrb, »" i3. i83o. / 3^ t 2. IMPRIIVIERIE D'HIPPOLYTE TILLIARD. Rue de la Harpe, n** 78. DES VERS. INTRODUCTION. X^ES vei s'sont clés animaux ordinai- rement mous , qui n'ont point de pat- tes articulées , et qui respirent par des Iracliées ou des brancliies. Ainsi, tous lesanimaux qui portentce nom, dans la langue française, tels que les vers à soie , les vers des fruits , et au- tres larves d'insectes, ne sont point de cette classe: mais aussi beaucoup d'autres , auxquels on ne donne pas vulgairement cette dénomination , en font portion. Les vers forment la partie , sans contredit , lamoins connue de THis- Vers I. X 2 INTRODUCTION. toire naturelle. Les Français qui fi- rent , au commencement du dernier siècle , des découvertes qui doivent être regardées comme le fondement de la science, en ont depuis complè- tement négligé l'étude. Ce sont des étrangers qui ont eu la gloire de l'é- tendre , de la régulariser et de l'ame- ner au point de perfection où elle est aujourd'hui ; les Peyssonnel , les Trembley^ les Piéaumur, n'ont pas eu de successeurs parmi nous. On ne doit point s'étonner, ce- pendant , que la science des vers soit moins avancée que les autres parties de l'Histoire Naturelle. Son étude n'a pas les mômes agrémens, et ne mène pas à la fortune. La satisfac- tion de savoir, est tout ce qu'on en retire en dernière analyse. Elle est d'ailleurs la plus difficile de toutes. INTRODUCTION. 3 Les vers ne peuvent pas , en géné- ral , se conserver dans les collections. On n'a ordinairement que peu d'ins- tans pour les observer dans la nature, et les occasions de revoir les mêmes espèces sont souvent très-rares. Il faut, pour pouvoir profiter de ces oc- casions , être déjà très-instruit en théorie ; car , entre un grand nom- bre de formes que présente un ver , il faut choisir la naturelle. Il faut , de plus, savoir dessiner ; du moins ra- rement peut-on confier à un peintre , étranger à la science, le soin de ren- dre les résultats d'un examen sou- vent instantané^ et dont la possibili- té du renouvellement est incertaine. Ces difficultés , et le peu d'intérêt direct que semble présenter la con- noissance des vers, sont donc les cau- ses qui ont retardé les progrès de 4 INTRODUCTION, leur dtude; aussi ne trouve-t-on dans les écrits des Grecs et des Ro- mains que quelques nations vagues sur les vers les plus remarquables, soit par leur grosseur, soit par les re- lations utiles ou nuisibles qu'ils ont avec l'homme. Parmi les auteurs du moyen âge , qui ont parlé des vers , on doit citer Bélon qui, en 1 555, et Rondelet qui, en i554, publièrent des ouvrages , où il y a quelques animaux de cette classe imparfaitement décrits et gros- sièrement figurés. Après eux , mais dans le siècle suivant , vinrent Ges- ner, Columna , Aldrovande, Jons- ton, et quelques autres, qui sont, à quelques égards, inférieurs aux pre- miers. Ce n'est qu'à l'époque de la décou- verte du microscope , c'est-à-dire , INTRODUCTION. 5 dans les dernières aniices du dix-sep- tième siècle , que l'étude des vers prit un caractère propre ; c'est depuis lors que Rumpliius, Séba_, Marsigli , Do- nali , Peyssonnel , Trembley , Réau^ mur , 1 aster , Boadsch , Ellis , Bak( r, Leske , Goeze , Ledermuler , Bloch , Yerner, Scliranck, Eallas,etc. ; et enfin pardessus tout , Linnaeus et Or- thon Frédéric Muller , ont fait faire des progrès rapides à cette science. Quelques-uns des savans célèbres dont on vient de donner la liste , ont publié des méthodes de classification des vers , plus ou moins complètes , plus ou moins bonnes ,• mais celle de Linnaeus a prévalu sur toutes les au- tres; en conséquence, on ne parlera que d'elle. Linnaeus divise les vers en trois sections. 6 INTRODUCTION. 1*" Section. Vers intestins , sim- ples^ nus, destitués de membres. Cette section se subdivise en deux autres: celle des vers qui vivent dans l'intérieur des autres animaux , et celle de ceux qui se trouvent autre part. Ces derniers se subdivisent en- core en vers qui n'ont point de trous late'raux , et en ceux qui en ont. 2^ Section. J^ers mollusques, sim- ples , et pourvus de membres. Cette section se subdivise en trois autres : celle des vers dont la bouche est supérieure ; celle de ceux dont la bouche est en avant , et celle de ceux dont la bouche est inférieure. La première et 1^ dernière subdivi- sion n'en ont pas d'autres 5 mais la se- conde en a cinq, savoir : les vers qui ont une mâchoire mobile ; ceux dont INTRODUCTION. 7 le corps est entouré entièrement de tentacules ; ceux qui onl des bras ou des appendices charnus, enfin, ceux qui ont des pieds , ou mieux des ap* pendices pédiformes. 3* Section. T^ers mollusques tes- tacés^ simples, couve ris d'un test calcaire. Ce sont des coquillages dont il a été traité séparément , et sur lesquels il n'est pas nécessaire de revenir ici. 4" Section, p^ers zoopliytes , for- mantpar leur réunion une appa- rence de 'végétation, dont ils sont lesfleurs. Cette section se subdivise en deux autres : celle des vers dont la souche est calcaire ; et celle dont la souche n'est pas calcaire. 8 INTRODUCriON. 5^ Section. Les vers infusoires j très-simples et très-petits. Celte section se subdivise en deux autres : celle des vers qui sont pour- vus d'organes externes ; et celle des vers qui n'en ont aucuns. Cette der- nière se-subdivise encore en vers qui ont le corps aplati, et en vers qui ont le corps cylindrique. La classe des vers dans la dernière édition du Systenia Naiurœ , don- née du vivant de Linnceus, c'est-à- dire dans celle de 1767, comprenoit, déduction faite de la division des testacés , quarante- sept genres ; et dans l'édition donnée par Gmelin , depuis la mort du Naturaliste Sué- dois, en 1788, même déduction faite, çlle en comprend quatre-vingt-deux. Linnœus, dans ses travaux sur los INTRODUCTION. 9 vers, a développé le même génie que dans les autres parties de THistoire Naturelle. On a déjà vu dans l'Intro- duction au traité des coquillages , les obligations que lui ont les amateurs de la Conchyliologie. Celles que lui ont les amateurs de l'Helmentolcgie ne sont pas moins grandes. Il a le pre- mier réuni , en corps régulier , les observations sur les vers , éparses dans un grand nombre d'ouvrages. Ses genres sont caractérisés de la ma- nière la plus claire et la plus précise. Ses divisions sont si naturelles, qu'à l'exception de celle des mollusques, dans laquelle se trouvent quelques genres qui doivent être placés autre part, elles n'ont pas encore pu don- ner prise à la critique. Enfin Lin- nseus peut être regardé comme le créateur de la science des vers nus , 10 INTRODUCTION. comme il Fa été de la Conchyliologie et de la plupart des autres classes de l'Histoire Naturelle, pour ne pas dire de toutes. Mais , depuis Linn3eus,la science a fait des progrès. Le nombre des genres a presque doublé , comme on l'a vu plus haut. Cette augmentation est principalement due aux travaux des Muller , des Pallas, des Goeze ^ des Bloch et autres savans du Nord, qui s'occupent constamment de la recherche des vers. On doit penser que , si les genres se sont ainsi multipliés pendant cet intervalle, les espèces ont du s'ac- croître en proportion; aussi se sont- elles quadruplées , se sont-elles carac- térisées, se sont-elles assurées par la critique. Gmelin n'a fait qu'une compila- INTRODUCTION. Il lion , et les progrès de la science de- mandoient quelques réformes qu'il ëtoit réservé aux Français d'opérer. Brugulère , le premier , dans l'En- cyclopédie , observant que les asté- ries et les oursins avoient une orga- nisation fort différente des mollus- ques, en a fait une division particu- lière, intermédiaire entre les mollus- ques et les testacés , sous le nom d^'échinodermes. Cuvier , à la faveur d'une masse étonnante d'observations anatomi- ques sur les vers , les a combinés sous desrapports nouveaux. On a déjà vu dans l'introduction à l'histoire des coquillages , qu'il avoit réuni _, sous le nom de mollusques , aux testacéa de Linnœus , quelques-uns des mol- lusques nus de ce dernier. De plus , avec les échinodermes de Bruguière, 12 INTRODUCTIOXi les zoophyles, lesinfusoires, et detix genres des mollusques de LinnœuSj il a fait une classe particulière , sous le nom de zoophites. Entin il a cir- conscrit la dénomination de vers pro- prement dits, à la division des intes- tinaux de Linnseus. On ne peut critiquer avec fonde- ment Tensemble des idées de ce célè- bre zoologiste , qui paroît avoir fixé l'ordre le plus convenable aux ani- maux invertébrés. Aussi Lamarck , dans l'ouvrage classique qu'il vient de publier sur le même sujet , a-t-il suivi le plan de Cuvier. Aussi en adopte- 1- on ici les résultats avec la seule modification , nécessitée par des causes en partie étrangères à la science, délaisser le nom de ver aux animaux invertébrés qui ne font pas- partie des testacés et des insectes* INTRODUCTION. 1 3 L'anatomie des vers , dans les au- teurs anléricurs à Linnaeus, se borne à la description des viscères de quel" ques espèces saillantes, telles que la sangsue, le lombric , etc. On peut dire , sans trop d'injustice , que c'est à Pallas qu'on doit les premiers essais en ce genre , qui aient quelque mé- rite. Cette partie importante de nos connoissanccs à leur égard est donc presque au berceau. Mais Cuvicr , comme il a déjà été dit , y a porté le regard observateur qui lui est propre. Ainsi , on doit attendre beaucoup de lumières des travaux accumulés dans son portefeuille , et que les cir- constances Font empèclié de publier. Comme les cinq divisions des vers présentent des différences notables dans leur organisation , on ne peut les considérer en point de vue géué- Vers. I. 2 l4 INTRODUCTION. rai SOUS presque aucuns de leurs rap- ports. On renvoie en conséquence ^ pour les connoître , aux développe- mens qui précèdent chacune de ces divisions. La première division des vers sera appelée ici , celle des vers mollus- ques nus. Le caractère des animaux, quila composent,est d'avoir un corps mollasse non articulé et muni d'un manteau de forme variable. Elle est formée d'une partie des mollusques de Linnœus et de la totalité de ceux appelés nus par Guvier et Lamarck, c'est-à-dire ceux qu'ils ont réunis aux coquillages , à raison des rapports ré- ciproques de leur organisation. Leur respiration s'opère uniquement par des branchies. Ils ont un cœur pour la circulation, et beaucoup ont un cerveau. Ce sont les plus parfaits des> INTRODUCTION. l5 vers. Les uns nagent vaguement dans les eaux , les autres rampent sur le ventre, et les troisième^se fixent sur les rochers. Tous , à Pexception de la limace, vivent dans la mer. C'est parmi eux^ dans le genre sèche, que Ton trouve les plus grosses espèces de la classe. La seconde division sera appelée celle des vers proprement dits. Le caractère des animaux qui la com- posent est d'avoir un corps allongé, ne subissant jamais de métamor- phoses, n'ayant jamais de pattes ar- ticulées ^ et rarement des yeux. Elle est composée des vers intestinaux de Linnseus, et des vers proprement dits de Cuvier et de Lamarck. Leur respiration s'opère par des trachées^ rarement par des branchies. Ils n'ont point de cœur, et des ganglions leur ï6 INTRODUCTION, tienneot lieu de cerveau. Leur or- ganisation est en général fort sim- ple. Les uns nagent librement dans l'eau, les autres demeurent cachés dans des fourreaux qu'ils se forment , dans des trous quils se creusent. Enfin les autres vivent dans les in- testins et autres viscères de l'homme et des animaux. Parmi les premierF. la plus grande partie habite la mer, le reste , les eaux douces , à l'excep- tion du lombric, qui vit dans la terre. La troisième division renferme les vers radiaires. Les animaux qui la composent ont le corps dépourvu de tète et ont une disposition à la for- me étoilée ou rayonnante. Leur bou- che est inférieure. Elle est composée de la totalité des zoophltes de Lin- nœus , et de deux genres de ses mol- I \ T R OD U C T I O N. ï-J lijsques , fi 'une partie des zoopliites deCuvier, delà totalité' des radiaires de Lamarck , excepte les oursins et les astéries. Ils possèdent quelques organes intérieurs, autres que le ca- nal intestinal. Leur respiration s'o- père par des tubes absorbans et des trachées aquifères , ou par des voies inconnues. Ils n'ont point de système de circulation , point de moelle lon- gitudinale, rarement des nerfs per- ceptibles. Ils sont nus et presque en- tièrement gélatineux. Ils sont tous marins , et nagent les uns temporai- rement, les autres perpétuellement. La quatrième division comprend les vers échinodermes de Bruguière. Les animaux qu'elle renferme sont couverts d'un test calcaire, ou d'une peau coriace , presque toujours gar- nis d'épines ou de tubercules. Leur l8 INTRODUCTION. bouche est toujours inférieure , et ses bords tendent à la forme rayon- nante. Ils se fixent à volonté, par le moyen de nombreuses tentacules rétractiles qui sortent à travers leur test ou leur peau. Leur organisation intérieure est peu connue. Ils sont tous marins. La cinquième division renferme les vers polypes. Leurs caractères sont (l'avoir un corps dépourvu de tête , et aucun autre organe intérieur apparent qu'un canal intestinal, dont rentrée sert de bouche et d'anus. La bouche est supérieure. Cette division est composée des ^oophites et des infusoires de Lin- nœus et de quelques genres des moU hisques du même auteur, d'une par* tie des zoophites de Cuvier. Ce sont les plus imparfaits ou les plus sim- INTRODUCTION. 19 pies des vers. Une partie se fixe sur les corps solides ; une autre se forme âes demeures plus ou moins pier- reuses ; et une troisième , celle qui renferme les animaux infusoires , lîage vaguement dans les eaux. Cette division est la dernière du règne ani- mal , et en même temps celle qui a été le plus nouvellement découvei'te, et qui présente les phénomènes les plus remarquables. La plupart des vers sont si mous, et leurs moyens de défense si foibles, qu'ils sont la proie de tous les pois- sons et de tous les oiseaux qui les rencontrent , et qui ne dédaignent pas de s'en nourrir. La destruction qu^ils en font est sans doute très- considérable; mais cependant c'est parmi les animaux de leur classe que ks vers trouvent leurs plus dange- Î20 INTRODUCTION". reux ennemis. Les petites espèces sont perpétuellement les victimes des grandes. Les sèclies mangenl les tritonies , les tritonies les néréides, les néréides les sertulaires, les scr- tulaires les polypes infusoires, et les polj^pes infusoires, qui ne peuvent manger personne, liument la matière muqueuse qui résulte de la destruc- tion des animaux et des végétaux. Plusieurs espèces de vers sont si gou- lus et ont les sens si émoussés, quils mangent souvent leurs sembLibles, qu'ils mangent même leurs bras. îl est vrai que la sage nature n'a pas permis que cet acte de barbarie eût des suites fâcheuses ; qu'elle a voulu que , dans ce cas , après avoir gardé plusieurs heures ou plusieurs jour^ leur mère ou leur bras dans leur es^ tomac, ils les rendissent aussi vivaits. INTRODUCTION. 21 qu'ils y ëtoieiit entrés. Ils sont , dans chaque espèce , indigestibles les uns pour les autres. La reproduction des vers est en général effectuée par des œufs ; mais dans l'avant-dernier chaînon , c'est- à-dire les polypes , on en trouve une, qu'on a appelée par drageons^ parce qu'en effet , comme dans les plantes, elle s'opère par la sortie d'un bour- geon , qui devient un animal parfait, et se sépare de sa mère pour aller former la souche d'une nouvelle pro- duction du même genre. Beaucoup de personnes ont pré- tendu que la reproduction des vers infusoires étoit spontanée, c'est-à- dire qu'ils naissoient sans le con- cours de leurs semblables ; mais cette opinion, qui explique fort bien les phénomènes qu'ils présentent, est 122 INTRODUCTION, contraire à l'analogie, et un esprit sage doit se garder de l'adopter, quel- que favorables que les apparences soient à son égard. On trouvera dans les préliminai- res de chaque genre, l'exposé de nos connoissances actuelles sur la géné- ration des espèces de ce genre. On n'en peut parler ici plus au long, parce que le mode de cette généra- tion varie trop pour le traiter d'une manière générale. La recherche des vers est , en gé- néral, si difficile pour le Naturaliste, que ce n'est souvent qu'au hasard qu'il doit ses plus importantes dé- couvertes. Pour le guider, on va pas- ser en revue les différens endroits où il peut les trouver, et indiquer les moyens d'observation les plus ap- propriés à chaque division. ÏNTRODlJCTlON. sS Les vers mollusques nagent dansi la mer, et se prennent ou avec des filets, ou dans les trous où reste de l'eau aux basses marées. Ils peuvent s'étudier même après leur mort , et se conservent passablement dans Tes- prit-de-vin. Les vers de la seconde division , ou vers proprement dits , sont bien plus difficiles à se procurer. Ceux qui vivent dans l'eau se cachent presque tous , comme il a déjà été dit, et il faut savoir trouver leurs demeures. C'est dans les inégalités des rochers, des coquilles , des plan- tes marines, qu'on doit les cher- cher. C'est aussi dans le sable , dans la vase de la mer et des eaux douces. Mais les trouver ne suffit pas. Ils se contractent pres(Jue toujours lors- qu'ils redoutent quelque danger, et 24 INTRODUCTIOiV* il faut nécessairement leur rendre la sécurité, pour les engager à se dé- velopper. Le seul moyen est de les mettre dans des vases avec une quan- tité d'eau seulement suffisante pour les recouvrir, et de les laisser en re- pos. Ces vases doivent être plats , pour l'observation horizontale, ou très - hauts , et de verre très - peu épais pour l'observation transver- sale. Il est très-bon , comme Bosc l'a reconnu , d'avoir , pour le premier de ces modes d'observation, un vase de terre noire ^ parce que les vers sont souvent transparens et que leurs formes se dessinent mieux sur cette couleur que sur les autres. Quant à l'autre partie de cette division , celle qui comprend les vers qui vivent aux dépens des autres animaux , c'est dans les intestins de INTRODUCTION. 20 l'homme , des quadrupèdes , des oi- seaux , des poissons , des reptiles 5 même des autres vers et des inseclesi- qu'il faut les chercher. C'est encore dans le foie , la rate , le poumon , et autres viscères , même dans les tcgu- rnens et la graisse, qu'on les trouve* L'observation de leur bouche , où sont situes les caractères qui les dis- tinguent^ est extrêmement difficile^ attendu qu'ils restent constamment contractés dès qu'ils sont tires de leur lieu natal, et que même ils ne tardent pas à mourir. Le meilleur moyen pour découvrir leurs organes, lorsqu'on n'a pas pu parvenir à les voir naturellement, est de les met- tre entre deux verres minces, et de les y étendre de manière qu'ils se dé- veloppent par la pression. Il faut toujours le secours du microscope, Vers. l. 3. 26 INTRODUCTION. OU du moins d'une forte loupe , pour pouvoir distinguer les parties qui environnent la bouche dans les vers intestins, et même dans une partie de ceux de la première section. L'em- ploi de ces instrumens demande une certain e habitud e , à laquelle la théo- rie la mieux développée ne peut sup- pléer, mais qui s'acquiert très-faci- lement par lusage. Les vers radiaires sont en général très- gros ; et ils ne sont pas plus diffi- ciles à trouver que les poissons. Ils sont tous marins, et nagent conti- nuellement dans la mer. Ils sont par conséquent aisés à prendre lorsqu'on est pourvu des instrumens néces- saires. Leur grosseur fait ordinaire- ment espérer une étude facile; mais la transparence de la plupart ne la rend pas sans difficulté. Les vases INTRODUCTION. 1^ colores en noir sont très-avantageux pour favoriser leur observation. Les échinodermes se fixent sou- vent sur les rochers , où on les ra- masse lors de la retraite de la mer. Leur conservation est très-aisée. Elle peut avoir lieu ou par la dessication ou par l'immersion dans l'esprit-de- vin. Le dernier moyen est préfé- rable. Leur organisation extérieure est facile à saisir ; mais il n'en est pas de même de l'intérieure. Ils sont , sous ce dernier rapport , les moins connus des vers. Les vers polypes , nus et fixés , doivent être cherchés sur les ro- chers , sur les coquilles d'un gros volume , sur les digues , etc. Les grosses espèces marines ne peuvent point échapper à la vue, même lors- qu'elles sont contractées; mais les 28 INTRODUCTION, petites espèces fluviatiles, appelées proprement polypes , ressemblent dans cet état à un point glutineux , qu'on ne voit que lorsqu'on sait le lieu où il existe. Il faut nécessaire- ment mettre les unes et les autres dans des circonstances favorables , pour pouvoir les observer, c'est-à- dire les placer dans un vase plat, rempli de l'eau dans laquelle on les a pris. C'est toujours sur les rochers qu'il faut chercher les grandes produc- tions des polypes coralligènes. Sou-î- vent on ne peut les avoir vivantes qu'en plongeant dans l'eau à des pro* fondeurs considérables , la mer n'en rejetant jamais que des débris dété-»- riorés. Les petites se rencontrent souvent dans les mêmes lieux , mais presqu'à la surface ou sur des co^ INTRODUCTION. 29 quilles et des plantes marines que les filets des pêcheurs tirent aisé- ment et abondamment hors de l'eau. Lorsqu'on désire observer les unes et les autres, il faut aussi les mettre dans un vase , et attendre que les animaux qui les habitent veuillent bien se faire voir. Une loupe suffit ordinairement pour bien distinguer leurs organes extérieurs. La conser- vation du polypier est aussi aisée que celle des coquilles, mais celle des vers polypes ne peut être tentée qu'au moyen de l'espritdevin. Elle réussit difficilement, et jamais com-^ plétement. Il ne reste plus que les vers poly^ pes infusoires, qui ne peuvent s'ob- server qu'au moyen du microscope, ou au moins d'une forte loupe. On en trouve des milliers, souvent de 5o INTRODUCTION. beaucoup d'espèces , dans une seule goutte d'eau croupie. Il n'est pas besoin de dire que des animaux qui échappent à la vue ne peuvent être conservés^ Il est très-digne de remarque que ces animaux sont les mêmes dans tous les climats, et que le froid qu'ils supportent sous le cercle polaire n'a pas plus d'action sur eux , que les chaleurs qu'ils éprouvent sous la li- gne, ainsi que Riche et Bosc Font observé. C'est principalement pendant les grandes chaleurs de l'ctë qu'il faut chercher les vers de toutes les clas- ses , soit dans la mer , soit dans l'eau douce, parce que c'est alors qu'ils s'approchent le plus de la surface , qu'ils courent le plus et qu'ils sont fes plus abondans. Pendant l'hiver , INTRODUCTION. 5l du moins dans les climats froids et tempérés , il n'y a pas de reproduc- tion parmi eux , et les causes de des- truction sont si nombreuses et si perpétuellement agissantes, que la masse en diminue au point de ren- dre très-rares au printemps les es- pèces qu'on trouvoit le plus fré- quemment en automne. La plupart des vers étant mous , s'altèrent très -aisément après leur mort , soit dans l'eau , soit dans l'air ; peu de minutes, peu d'heures ou peu de jours suffisent pour leur destruc- tion organique. Ils ne doivent donc pas devenir fossiles ; tout au plus au- ront-ils pu fournir un moule à la vase ou à l'argile qui les aura recouverts vivans. Mais quelques genres , tels que les oursins , ont une enveloppe calcaire susceptible d'une certaine \ 32 IINTRODUCTION, résistance. D'autres, comme les ma^ drépores, sont entièrement calcai- res. On pourra donc les trouver fos- siles. Tout ce qui a été dit dans l'ar- ticle des fossiles , à la fin de Tintro^ duclion de lliistoire des coquilles , leur conviendra donc. Les oursins fossiles sont aussi et peut-être plus abondans en espèces que les oursins vivans actuellement dans la mer. Onles appelle écliinites. Ils sont presque tous pélagiens et si- liceux , ainsi que leurs épines. Les madrépores , au contraire , ne se trouvent presque jamais que dans les montagnes à couches, dont ils ont très-probablement formé pres- que seuls la masse, comme on le verra à leur article. Ceux qu'on ren^ contre dans les cantons de dernière formation, n'ont presque point INTRODUCTION. 35 éprouvé d'altération, et peuvent être décrits comme ceux qui sor- tent de la mer. L'homme qui sait tirer parti de toutes les productions de la nature pour son avantage personnel , n a pas négligé les vers ; mais il est vrai de dire qu'ils ne lui fournissent pas un aussi grand nombre d'objets d'u- tilité que les autres parties. Quelques genres de vers, tels que ceux de la sèche, de l'ascidie, de l'oursin , de l'actinie , renferment des espèces qui servent habituelle- ment à l'aliment des peuples voisins de la mer. Dans d'autres , ceux de la sangsue et de la coraline , on trouve des espèces qui sont d'un usage ^é- quent en médecine. Le corail, fort recherché comme objet d'ornement, et qui donne lieu à un commerce 54 INTRODUCTION. fort étendu , est une production po- lypeuse. Mais , s'il est plusieurs vers qui sont utiles à riiomme , il en est aussi qui lui sont très-nuisibles. Ce sont les vers intestinaux , dont les uns lui causent des maladies graves, et les autres tourmentent les ani- maux qu'il emploie à son usage. On entrera à leur égard dans des détails suffisans , à la tête de chaque genre. \a^ VBRS, Tom. î.pag. 5J TABLEAU DES VERS. Animaux sans vertèbres dont le corps est mollasse et ne subit pas de métamorphose. V'ERS MOLLUSQUES. Un manteau lîpais de forme variable. ACEPHALES. Télhi». Phyllidic. So;llie. VERS PROPREMENT DITS. Un corps allonge', articulé. ; des organes extérieurs. Aphrodite. Arénicole. VERS INTESTINS. Vivant dans l'intérieur des autres animaux. VERS ECHINODERMES Recouverts d'un test crustacé ou coriace épineux. souvent VERS RADIAIRES. Tentaculesdlsposés enrayons autour de la bouche ; un Vélel'le." Phjsalide. - sophore VERS POLYPES. Des tentacules autour de la bouche; point d'à NUS. Corps Si CORALLIGENES orps renfermé ou fixé dans une substance plus oumoinsdurequit Madrépore. Tubipore. Onibellulail Pennatuie. Cellepore, Eponge. Crislalelle ROTIFERES, Organes ciliés Sans organes exlerieui Slopode. Paramécie. Cyelid.. Encliëlide. Volïoce. Prolée. VW WV\V\ wv wvvwww»/v vwvw wwvx wwwwwwwv vwvw HISTOIRE NATURELLE DES VERS. FERS MOLLUSQUES. JuES vers mollusques sont des ani- maux à corps mollasse , non articulé, et muni d'un manteau de forme ya- riable. Les mollusques dont il est ici ques- tion ne comprennent qu'une partie des genres que Linnœus a réunis sous ce nom. Ce sont ceux que Cuvier et Lamarck ont appelés mollusques nus, par opposition aux coquillages qu'ils ont appelés mollusques testacés ou conchilifères. On les distingue par le prénom de vers. 56 BlStOlRE KATURELLfi Ces animaux peuvent aussi être ap- pelés des coquillages sans coquilles, car leur organisation est la même que celle des coquilles , et même plusieurs d'entre eux contiennent, dans leur in- térieur, une coquille plus ou moins caractérisée. Ils se divisent comme eux en vers mollusques céphalés et acéphales. Les uns, par leur organi- sation, se rapprochent des poissons, et nagent librement dans la mer; les autres rampent et ont tous les carac- tères des coquillages univalves ; enfin, les troisièmes ont beaucoup de rap- ports avec les bivalves à syphon, et se fixent sur les rochers. Les vers mollusques ont un système complet de vaisseaux pour la circula- tion. Ils séparent l'air de l'eau, par le moyen de branchies. Les organes de leur mouvement varient selon les genres. Ils ont tous des sexes séparés, DES MOLLUSQUES. 07 etsont ovipares. Leur peau est toujours enduite d'une humeur visqueuse, et ils sont tous renfermés dans un manteau. Les uns ont une tête distincte, avec un cerveau; les autres n'en ont qu'une incomplète; les autres enfin n'en ont point du tout. Leurs yeux varient éga- lement; ceux des sèches sont analo- gues à ceux des poissons ; ceux de la plupart des genres, semblables à ceux des coquillages. On remarque la même chose à l'occasion de la bouche et de toutes les autres parties. Ces variations ne permettant pas d'établir de généralités, on est forcé de renvoyer, pour ce qui concerne l'ensemble des considérations , aux préliminaires de chaque genre. On trouvera de plus , dans l'introduction de l'histoire des coquillages, un grand nombre d'articles, principalement les anatomiques , qui conviennent aux vers mollusques. Vers I. 4 58 HISTOIRE N.ITURCLLE On a suivi, dans ee classement des vers mollusques, l'ordre indiqué par Lamarck, comme le meilleur : on ne s'est écarté de ses caractères que lors- que des considérations majeures y ont contraint. Les sèches, par exemple, forment un genre si naturel , qu'on a dû le conserver, malgré qu'il donne moyen de faire les coupures indiquées par ce naturaliste. On a, par des rai- sons exposées à leur article , laissé les oscabrions parmi les coquilles; enfin on a transporté les biphores parmi les radiaires , en place des thalies, qui ne sont que des animaux du même genre, imparfaitement connus , et on a choisi ce lieu comme le plus convenable , à raison de l'organisation des Inpliorcs , plus rapprochée de celle des méduses que de celle des ascidies. J]o/ii(S(/((es. riz. \Dej'eve. del ifc/j/^. 1. a . La Sèche pelaQ;'iq\ie 3 . . . . T,a Lci^uôe Oi'c\aclnal« i . . . • T-a ]. ornoo uiicmAlo DES SECHES. OCJ SÈCHE, Sepia, Linnœus. Corps charnu , contenu dans un sac cgalc- mcnl charnu , teiminé en haut par deux tentacules et huit bras verruqucux. Le genre des sèches est de tous ceux des mollusques celui dont les espèces ont l'organisation la plus compliquée, la plus approchante de celle des pois- sons; aussi a-t-il été placé par Cuvier et Lamarck, et le sera-t-il dorénavant par tous les Naturalistes, à la tête de la division des mollusques, etl'auroit- il été ici, si des considérations étran- gères à la science n'avoient déterminé à commencer par les testacés. Tous les Naturalistes, jusqu'à La- marck , ont réuni les sèches sous la même dénomination générique ; mais ce Naturaliste les a divisées en trois genres. On ne dissimule pas que ses raisons sont plausibles; cependant les sèches ne sont pas assez nombreuses '\0 HISTOIRE NVTIRKI.L!: pour rendre cette division indispen- sable; et comme les caractères de Lamarck obligent de faire nsage du scalpel, ce qui doit être évité par les JNaturalistes, on ne suivra pas ici soh exemple. Les sèches sont au nombre des plus grands mollusques que Ton connoisse. Il y en a qui ont jusqu'à six décimètres de long, et même on en cite d'une grandevir gigantesque. Le fameux kra- quen, que les marins du Nord disent capable de faire chavirer un navire, ne paroît être autre chose qu'une sè- che. Leur rapport, dégagé du mer- veilleux , constate au moins qu'il y en a d'assez gros individus pour pouvoir prendre avec leurs bras des hommes dans les chaloupes, et sur les petits bâtimens, et les entraîner dans la mer. Ces animaux mollasses, en quelque sorte laids et difformes, ont la partie inférieure du corps enveloppée d'un T)ES SÈCHE s. 4^/ foiiiTeau nieniI)raiieLix el charnu , qui ressemble à un sac. Ce l'oiiiTeau n'est autre chose que le manteau, organe commun à tous les vrais mollusques, mais dont les bords ici sont réunis par devant dans tonte leur longueur, et l'eimés par le bas, ce qui le trans- forme en un véritable sac. Cette con- formation du manteau se trouve à peu prés la même dans plusieurs autres genres de la classe des mollusques, tels que les ascidies ; mais ce n'est que dans les sèches et dans les clios , qu'on voit sortir hors du manteau, trans- formé en sac, une tête soutenant les bras de l'animal. En efl'et, la partie supérieure du corps des sèches présente une grosse tête munie sur les côtés de deux gros yeux très -remarquables, et presque entièrement conformés comme ceux des animaux à vertèbres. Cette tête est couronnée de huit bras coniques , 4^2 HISTOIRE iNATlIRELLE pointus, un peu comprimés sur les côtés, et garnis, en leur surface in- terne , de plusieurs rangées de verrues concaves , qui leur servent à s'attacher au corps des animaux qu'ils veulent saisir, et qui agissent comme des su- çoirs ou des ventouses. La plupart des espèces, celles qui composentle genre sèche et calmar de Lamarck , ont , outre ces huit bras , deux autres bras pédoncules, beaucoup plus longs que les autres, entre lesquels ils naissent, quoique véritablement hors de rang. Ces bras sont en effet comme pédon- cules , puisqu'ils sont nus dans la plus grande partie de leur longueur, dila- tés et munis de ventouses, seulement vers leur sommet. Ils servent à la sè- che, à saisir sa proie, et ensuite à se fixer sur les rochers, pendant qu'elle la retient avec les autres pour la man- ger. Tous ces bras sont susceptibles de se dilater dans tous les sejis, et DESSÈCHES. l\7> de prendre toutes les positions pos- sibles. Au centre des bras, sur le sommet même de la tête , est située la bouche de l'animal, dont l'orifice circulaire, membraneux, et plus ou moins frange, présente dans son intérieur deux mâ- choires dures, cornées, semblables pour la forme et la substance à un bec de perroquet, auquel Rondelet les a justement comparées. Ces mâchoires sont crochues, et s'emboîtent l'une dans l'autre. On observe, au-dedans de la cavité du bec, une membrane garnie de plusieurs rangées de petites dents inégales. C'est avec celle arme redoutable que la sèche dévore les poissons, les crabes, les coquillages même, qu'elle achève de broyer dans son estomac musculeux, qui resscm- ])lc presque à un gésier d'oiseau. La circulation s'effectue dans les ^«'ches, par le moyen de trois cœurs. 44 mSTOlRI- NATlRELLr Celui du milieu, qui est le priucipal, et qui est placé vers le fond du sac, pousse le sang dans tout le corps par les artères. Ce sang revient par les veines qui le ramènent dans la veine- cave. Celle-ci se partage en deux bran- ches, pour les porter dans les deux autres cœurs, placés sur les côtés, et qui chacun le poussent dans les bran- chies, d'où il revient ensuite dans le cœur du milieu. Cette conformation très -singulière a été mise dans un nouveau jour par les dissections de Cuvier. Dans le ventre, près des cœurs, est une vessie qui renferme une liqueur très-noire , à laquelle on donne le nom d'encre de la sèche. Un petit canal, qui part de cette vessie, va joindre l'extrémité du canal intestinal , et se terminer à l'anus, dont l'issue aboutit à l'entonnoir qu'on observe dans la par- ie antérieure de l'animal. C'est par ce DES SÈCHES. 4'^ f-aiial que la sèche répand la liqueur noire contenue dans la vessie dont on vient de parler. Cette liqueur sert à la sèche à obs- curcir l'eau lorsqu'elle se sent pour- suivie par quelque ennemi, et par- là à lui échapper. Quelques espèces l'ont odorante , musquée. Les Chinois, par un moyen qui ne nous est pas connu, enlèvent la liqueur noire d'une de ces espèces, et, par des procédés que nous ignorons également, en fa- briquent ce que nous appelons encre de la Chine , et qui est si recherchée en Europe pour les arts du dessin. La plupart des espèces, et ce sont encore celles contenues dans les deux genres de Lamarck , cités plus haut , ont, sur le côté de leur sac, deux es- pèces de nageoires membraneuses , plus ou moins larges, et qui s'éten- dent tout le long du sac qui les porte. Ces ailes servent effectivement de na- 46 HISTOir.E NATIRELLE gcoires; elles dirigent la sèche dans sa marche. Les mêmes ont, de plus, une es- pèce d'os placé en dedans de leur corps, sur le dos. Cet os est un corps plus ou moins grande plus ou moins calcaire. Il est dans la sèche officinale, ovale , un peu épais dans son milieu , aminci et tranchant sur les bords , opaque, très-léger, spongieux, fria- ble et blanchâtre. Il est composé , se- lon la remarque de Cuvier^ de lames minces, dans les intervalles desquelles sont une multitude de petites colonnes creuses, perpendiculaires à ces lames. Ce corps, dans d'autres espèces, le calmar, par exemple, est corné, trans- parent , simple ; il n'y en a point dans d'autres, telles que dans la sèche oc- topode. Les verrues concaves, dont les bras de toutes les sèches sont garnis, va- rient non-seulement par leur nombre DES SÈCHES. 47 et leur grandeur , mais encore par leur conformation. Dans la sèche offi- cinale et autres pïemières espèces, le bord interne de chaque verrue est muni d'un anneau cartilagineux , et même corné, dont le bord extérieur est armé de dents nombreuses , au moyen desquelles la ventouse se cramponne aux corps sur lesquels l'animal les applique. Dans les espè- ces à huit bras sans tentacules, telles que la sèche octopode et suivantes, chaque ventouse présente un mame- lon à double cavité et ouvert en sou- coupe. La première cavité , ou l'an- térieure , offre un limbe concave , rayonné par des plis en étoile. Au fond de ce limbe, on voit une cavité intérieure , arrondie , entourée par un rebord annulaire , saillant et cré- nelé. Dans toutes les espèces , ces ventouses sont plus petites à la pointe qu'à la base, et croissent en grandeur 48 HISTOIRE NATURELLE avec l'animal. Les bras sont suscep- tibles de repousser lorsqu'ils ont été coupés. Les sèches ne sont pas hermaphro- dites comme la plupart des autres mollusques : elles ont les sexes sépa- rés sur des individus différens. Les Icmelles font des œufs mous, réunis et disposés en grappe comme des rai- sins. On prétend que ces œufs sont d'abord jaunâtres; mais que lorsque le mfde les a arrosés de sa laite, qu'ils sont fécondés, ils acquièrent une cou- leur noirâtre. Les sèches servent de nourriture à un grand nombre de poissons; les ba- leinesmémes ne les dédaignent point : et on est presque assuré aujourd'hui que Tambre gris est le résultat de la digestion, par ce cétacé, des sèches musquées; c'est-à-dire que la baleine, après avoir digéré les parties mem- braneuses ou charnues, rejette, soit DESSECHES. LjiJ ptir le haut, soit par le bas, une par- lie résineuse indigestible, probable- ment partie constituante de l'encre des sèches. Les sèches se mangent partout ; mais cependant partout elles passent pour être coriaces , d'assez mauvais goût, et dilïiciles à digérer : la plus délicate est la sèche sépiole. Les os des sèches sont recherchés dans les arts pour polir les corps peu durs : et tout le monde sait qu'on en garnit les cages des oiseaux en capti- vité, pour qu'ils puissent y user ou aiguiser leur bec. On les emploie aussi en médecine ; mais ils n'y pré- sentent pas d'autre indication que celle de la craie la plus commune. On a vu le parti que les Chinois ti- rent de la liqueur noire, pour en faire de l'encre à leur usage journalier. On dit qu'on en fait aussi usage en méde- cine, ainsi que des œufs. Vers I. 5 5o HISTOIRE NATURELLE Plusieurs espèces de sèches ont riiabitude de s'emparer des coquilles vides de l'argonaute-argo , et de les employer, comme un bateau, pour se promener sur l'eau. Lamarck a prouvé que l'opinion qui tendoit à les faire croire les véritables habitans de ces coquilles, ne pouvoit se soutenir d'après la configuration de l'animal et de la coquille. Bosc, en observant que plusieurs espèces de sèches se trouvoient dans la même coquille, l'a prouvé d'une autre manière. Sèche commune, Sepia officinalis. Le corps uni des deux côtés , les bras pé- doncules, très-longs. Béton, Pisc. 541. Scéa, Mus. 3. tab. 5. fig. 1 et 3. Encycl. pi, j6. fig. 5, 6. DcLamarck , Anim. sans vert. , tom. vit, p. 668. n. 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Sèche tuberculeuse, Scpia tabercLilosa. Le dos et la tète tubercules , les bras pé- doncules , très-courts. DES SÈCHES. 5l Dû Laniarck , Mémoires de la société d'Histoire Naturelle, pi. i. fig. i, 2. De Lamarck^ Anini. sans vert. , toni. vu , p. 668. n. 2. On ignore son pays natal. Sèche calmar, Sepla loligo. Les ailes demi-rhomboïdales , le bord du sac à trois lobes. JBe/on, Fisc. pi. o^ô. J onst, Hist. Nat. a. tab. 1. fig. 4' Lister , Anat. tab. 9. fig. 1. Loligo vulgaris^ De Lainarck.y Anim. sans vert., tom. vu. p. 662. n. 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Sèche sagittée, Scpia sagittata. Ailes triangulaires , le bord du sac en- tier. Sèba^ Mus. 3. tab. 4- fig- 1» 2, 5, 4? 5. Bruj. Encycl. pi. yy. fig. 1, 2. Loligo sagittata , Lamarck , Anim. sans vert., tom. vu , p. G65. n. -î. Se trouve dans les mers d'Europe et d'A- mérique. Sèche subulée, Sepia sichulata. Queue pointue et allongée, ailes arron- dies. Sepia tncdia, Linnœus. Rondei. pag. 3yO. Jonst. Hist. Nat. 2. tab. 1. fig. 5. Encycl. pL 76. fig. g. 5^ niSTOîRE TSWTrP.ELLE LoUijo suimiata , Lainarch , Anim. sans vert. , tom. VII. p. G64. n. 3. Se trouve dans la ÎMéditerranée et l'Océan <;uropéen. Sèche pclagiennc , Sepla pelagica. Conique , les ailes parfaitement rhomboï- dales. T'oyez la pi. première, fig. 1 et 2 , où elle est représentée de moitié de nature, «n des- sus et en dessous. Trouvée en pleine mer, par Bosc, dans l'estomac d'une dorade. Couleur blanche en dessus, picotée de points rouges ; et en des- sous dix-neuf points blancs enfoncés dans Tor- dre suivant ; 4- 2. 2. 4* 2. 2. 2. 10; point d'os intérieur sensible. Sèclie sépiole, Sepla seplola. La base obtuse , les ailes presque rondes. Jonst , Aquat. tab. 1. lig. 8. tio7id. pi. 575. Encycl.pl. 77. fîg. 5. Lolitjose'piola, Lamark, Anim. sans vert., tom. viï. p.664.n. 4v 8e trouve dans les mers d'Europe. S. onguiculée, Sepia angidculata. Les bras armés d'ongles rclractilcs en pla- ce de suçoirs. LolifjO scjnoia, Cmel. , S\sl. «at. p. 3i5o. a. 6. Se trouve dans les mers du Chili. DES SECHE»;. v>.> Sèche à six bras, Sepia hcocapus. Le corps articulé ; seulement six bras. Loligoscpiala, Gmel. , Sys. Nat. p» 3i5o, n. 7. Se trouve dans la mer du Chili. Sèche noire , Sepia nigra. Noire , les ailes demi-circulaires. Sepia tunicuta, Gmci. Sj^st.lNat, p. 5i5i. n. S. Se trouve dans les mers du Chili. Sèche octopode, Sepia oclopus. Le corps arrondi, uni, les verrues sur deux rang^s , point de bras pédoncules ni d'ailes. Jonst. 5. tab. 11. fig. i. Séba^Mus, ô. tab. 2, fig. 1. 6. Rondct. pag. 5 10. Encycl.pl. G6. fig, 1, 2. Oclopus vul()arîs , Lamarch ^ Anini. sans vert. lom. vu, y^. 657. n. 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Sèche granuleuse, Sepia grainilata. Le corps arrondi, parsemé de petits tu- bercules , les verrues sur deux rangs , point de bras pédoncules ni d'ailes. Bosc. Actes de la Société d'Uisloire Katu- lelle , pi. 5. fig. 1 , 2. Oclopus tjranutaius , Lainarck ^ Anim, sans vert. , tom. vu. p. G5S. n. 2. Se trouve sur les côtes du Sénégal. 54 HISTOIRE NATFRLLLE Scchc cirrhetise, Sepia cirrhosa. Le corps arrondi , uni , les bras aplatis , tournés en spirale, les tubercules sur un seul rang, point de bras pédoncules ni d'ailes. Lamarck^ Mémoires de la Société d'Hist. Nat. de Paris , pi. i . fig. 2. a. h. Octojms cirrhosus , Lamarchy Anim. sans vert., toni. vu, p. 658. n. 3. On ignore son pays natal. Sèche musquée, Sepia mocliata. Le corps allongé, uni, les bras allongés; les verrues sur un seul rang ; point de bras pédoncules ni d'ailes. Laniarck, Mémoires de la Société d'Hist. Wat. de Paris , pi. 2. Rondel. pag. cïjT). Se trouve dans la Méditerranée et l'O- céan. Ociopus moschatus, Lamarck, Anim. sans vert. tom. vii^ p. 658. n. 4- LERf^ÈE , Lerne A j, Linnœas. Corps oblong , cylindracé , renflé au milieu ou vers sa base. Bouche en trompe rélrac- tile. Deux ou trois bras lentaculiformcs à l'extrémité antérieure du corps. Deux pa- quets d'ovaires ou d'instestins , pcndans à son extrémité postérieure. Les Icrnées sont un de ces genres dont les espèces , par la variété de DES LERNLES. oS leuis Ibrines , semblent se jouer de toutes les méthodes, et qui, cepen- dant, examinées avec soin, sont très- faciles à caractériser. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la planche 78 de l'Encyclopédie , où Bruguière en a réuni un certain nombre , pour être convaincu de cette observation. Pres- que toutes ces espèces ont une figure baroque, et fort éloignée de l'appa- rence commune des animaux. Tous les auteurs ont placé les 1er- nées parmi les mollusques; et en effet leurs organes extérieurs les en rap- prochent; mais leur genre de vie sem- ble devoir les faire regarder comme faisant partie des vers intestinaux, car elles s'attachent véritablement tou- tes, soit aux branchies, soit sur les lèvres, soit à la base des nageoires 5 soit enfin à toute autre partie nue , des poissons marins et d'eau douce ^ il y vivent du sang qu'elles sucent 50 niSTOlRE NATliRVLLE avec leur trompe. Quelques espèces pénètrent même fort avant dans les chairs, et sont conformées de manière à ne pouvoir sortir d'elles-mêmes de la cavité qu'elles ont creusée. En gé- néral, les Icrnées sont des hôtes fort incommodes pour les poissons, et qui, lorsqu'ils se multiplient sur le même individu, doivent le faire périr. Mais la sage nature n'a pas permis que cette multiplication fût facile, car on en trouve rarement un grand nombre ensend)lc. Quoique les lernées soient assez (;ommunes dans les mers du Nord , que les hahitans du Groenland en mangent même une espèce (celle qui vit sur la morue ) , et que le célèbre Muller les ait beaucouj) observées . on est extrêmement peu avancé suj' leur histoire. Toutes doivent avoir, el ont à la partie antérieure, deux ou trois leiiiiR'ides pour se fixer aux pois- I>ES LERNÉL5. 5^ sons qu'elles sucent; mais ces tciila- cules sont souvent de forme et de con- sistance Irès-peu propres à cet objet. Toutes ont encore, à leur partie pos- térieure, deux sacs distincts, de for- me et de grandeur fort variables, qui servent à loger les intestins, et, dans le temps du frai, les. œufs. Ces corps diffèrent si fort dans les espèces, qu'il est impossible d'entreprendre d'en parler ici. Linnaîus avoit placé quelques espè- ces de lernées parmi les pennatules; on les a rapportées ici à leur genre. Lcrnée branchiale, Ll^6. n. i5. Se trouve sur les brancliies de la lotc. L. cycloptérine, L. cycloptcr'ma. Corps cylindrique , en zigzag ; un double trou dans le milieu du rostre, avec trois cor- nes terminales à trois parties. GmeL, Syst. Nat. p. 3 147. n. 14. Se trouve aux branchies du cycloptèrc épineux. L. des nageoires, Lernœa pumarum. Tète cylindrique , antérieurement en pointe, deux tentacules en demi-lune, échan- crée ftu bout ; un seul bras. GmeL, Syst. ]Nat. p. 0147. Vers I. G (\~2 HISTOIRE NATUr.KLLE Se trouve à la base des nageoiies des mo- rues. Lernée à soie , Lcniœa cirrlwsa. Corps cylindrique , tète arrondie , anté- rieurement tronquée ; bouche à plusieurs su- çoirs ; deux tentacules en l'orme de scie, très- longues, et une multitude de petits, vers Tex- trémité du corps. La Martinière, Journ. de Phys. , septemb. 1787. pi. 2. fîg. 6. Encycl. pi. 78. fig. 5. S'enfonce dans la chair des diodons, sur la cote ouest de rAmèrique. Lernée filifère, Lernœa fUosa. Corps cylindrique articulé ; tête très-alon- gée ; queue très-velue avec deux scies très- longues sur sa partie antérieure. Pennatula fitosa^ Linn. Syst. Nat. Boccone, Observât, pag. 287, avec une fig. EUis, Acta angl. 55. tab. 20. fig. i5. Se trouve dans la Méditerranée, sur le xi- phias. Lernée flèche, Lernœa sagitta. Corps fdiforme, non-articulé, la partie postérieure pennée. Pcnnatula safjitla. , Linn. Amœn. Acad. tab. i5. fig. 1 j. EUis^Kct. angl. 55. tab. 20. lig. iG. Se trouve dans la haute mer sur la baiv- droye. 7 Y USA Molbisques . PI. 7. DA,feve deC foi/e^ 'fculp. 1. La Firole transparente. 4'^* Apljrsie verte, a. Le Clio boréal 5 . La Ap^.sie dépilani 3. La TLetis ciliée . DE5i FIROLES. VnXOLE ^ Pterotbaciiej^ Forifkal. Corps libre , oblong, muni d'une nageoire mobile el gélatineuse, soit sous l'abdomen, *oit à la queue. Deux yeux apparens sur l'a tête. Les firoles n'ont encore été obser- vées que par Forskal, et c'est d'après îui que tous les auteurs en ont parlé jusqu'ici. Selon le peu qu'il en dit, il paroît qu'elles ont plusieurs rapports avec les biphores : comme eux, elles sont gélatineuses, et souvent si trans- parentes , qu'on ne peut que très- difficilement les distinguer de l'eau dans laquelle elles nagent ; comme eux, la plus petite compression les écrase ; mais leur organisation est un peu plus compliquée : elles ont des yeux , des nageoires , une queue , etc. Au reste, le caractère du genre et ] 64 niSTOlRE >ATMŒLLE ceux des espèces apprendront à peu près tout ce qu'on sait sur ces ani- maux , que Forskal a trouvés dans la Méditerranée. Ils ne peuvent, d'après leur conformation , vivre que des plus petits animaux marins. Firole couronnée, Pterotrac. coronata. Le ventre et la queue portant des nageoi- res. La tête avec une trompe cylindrique , perpendiculaire ; le front couronna par dix épines. Forskal , Descript. an. pi. 34^ Hg* A. Ency- clopédie , pi. 88. fig. 1. Lamarcky Anini. sans vert. tom. vu. p. 676. n. 1. Se trouve dans la Méditerranée. Firole transparente, Pter. hyaiuia. Tête alongée , épaisse , unie , la nageoire placée au milieu du ventre. Forskal^ Descrip. an. pi. 54. fig. B. Encycl. pi. 88. fig. 2. Lamarch , Anim. sans vert. tom. vu. p, 6j6. n. 2. Foyez la planche 2. fig. , où elle est rcpré scntéede grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée. DES F I R L E S. 65 Firole pulmonale, Picrot. pulmonala. Tête obtuse , transparente ; l'ouverture de la respiration ciliée. Forskaty Descrip. an. pi. 54. fîg. D. Ency- clopédie, pi. 88. fig.3. L amarck , A.mm. sans vert. tom. vu. p. 676. n. 3. Se trouve dans la Méditerranée. Firole épineuse, Pterotrac. aculeata. Point de nageoires au ventre ; la queue plus longue que le corps ; des lignes épineu- ses ; une nageoire horizontale et termi- nales Forskai , Descrip. an. tab. 54. fîg. C. Ency. pi. 88. fîg. 4, 5. Lamarck , Anim. sans vert. tom. vu. p. 677. n. 4. Se trouve dans la Méditerranée. 6G HISTOIRE ÎSATIRELLE CLIO , Clio, Linnœas. Corps contenu dans un sac oblong , turbiné, muni supérieurement de deux ailes bran- chiales , membraneuses , opposées l'une à l'autre. Tète saillante entre les ailes , sé- parée du corps par un étranglement , et formée de deux tubercules , entre lesquels est la bouche. Denx tentacules courtes insérées sous la tête. LinNjEus avoit réuni sous ce nom des animaux à coquille et des ani- maux sans coquille. Bruguière en a séparé les premiers ; de sorte qu'il n'est resté qu'une des anciennes es- pèces de ce genre , dont Lamarck a précisé le caractère encore mieux que Bruguière , d'après les observations de Cuvier. Les clios sont vagabonds comme les méduses , et sont extrêmement multipliés dans les parages où on les rencontre ; mais ce n'est que dans les temps Uts plus calmes, et seulement vendant les heures les plus chaudes de la journée, qu'ils se font aperce- Toir à la surface de l'eau , où ils sem- blent ne paroître que pour disparoîlre ensuite. Pour faire ces mouvemens, ils emploient leurs deux nageoires, qui, d'après l'observation de Cuyier, leur tiennent lieu de braneliies, ou, au moins, ont un tissu yasculaire qui peut le faire croire : ils les rappro- chent pointe contre pointe , et les écartent ensuite rapidement. Outre les ailes, il y a trois petits lobes si- tués un peu plus bas. Le manteau en- veloppe le devant du corps , et est ventru auprès des ailes. Les viscères ne remplissent pas la totalité du corps. Les parties de la génération sont semblables à celles de l'hélice des vignes. Le système nerveux est presque le même que dans la lanlésie. 11 n'y a qu'un cœur, situé au côlé gnu- 68 HISTOIRE NATURELLE che. On voit par-là, dit Cuvier, que les elles appartiennent vraiment aux gastéropodes ^ quoiqu'ils n'aient pas le caractère extérieur propre à cet ordre , c'est-à-dire , un pied pour ramper. Les clios servent de nourriture aux haleines et à une g^rande quantité d'oi- seaux. Clio boréal, Ciio boreaiis. Corps gélatineux, transparent ; les nageoi- res presque triangulaires ; la queue pointue. Paiias, Spicil.Zool. lo.tab. i.fig. 18, 19. Encycl. pi. 76. fig. 3 , 4. Lamarck , Anim. sans vert. tom. vr. part. 1. p. 288. n. 2. Voyez pi. 2. fig. 2 , oîx il est représenté de moitié de grandeur naturelle. Se trouve dans les mers du Nord de l'Eu- rope. Clio austral , Ciio aastralis. Le corps charnu , couleur de rose ; les na- geoires lancéolées ; la queue plaie, bjlobée. Encycl. pi, n^, fig, 1 , 2. DES CLIOS. inj Lamarch , Auim. sans vert. tom. vi. part. 1. p. 28S. n. 2. Se trouve dans la mer des Indes. Clio hélicine, Clio keliclna. Corps en spirale , les ailes ovales , plus grandes que le corps. Martcns, Spitsb. tab. Q. fîg. e. Limacina kelicialis , Lam. Anim. sans v£rt. tom. VI. p. 291. n. 1. Se to^uve dans la mer du Nord. Clio limacine, Clio limacina. Corps presque conique. Martens , Spitsb. tab. D. fîg. 5. Encycl. pi. 75.%, 6. Clio Boreaiis , Lam. , Anim. sans vert, tom. VI. part. 1. p. 288. n. 1. Se trouve dans la mer du Word (1). [i) C'est la même esj)èce que le clio boreaiis d'e lH^Lamarck. ^O HISTOIRE NATl'IlELLE LAPLESIE, LaplisiA) Llnnœus. Corps rampant , oblong, convexe , bordé de chaque côté d'une large membrane qui se • recourbe sur le dos. La tête garnie de qua- tre tentacules. Le dos pourvu d'un écusson recouvrant les branchies , et contenant une pièce cornée. L'anus au dessus de l'ex- trémité du dos. Les espèces de ce genre , habitant la Méditerranée, ont été remarquées des anciens , à raison des suites qu'a leur attouchement pour l'homme. Pline et Dioscoride en parlent sous le nom de lièvre marin, comme d'un animal venimeux , qu'il faut non- seulement éviter de toucher, mais même de regarder. Après eux, Ron- delet en parle de la même manière. En effet, cet ani/nal a la propriété de faire tomber les poils sur lesquels on l'applique, et de causer des strangu- ries à ceux qui en mangent, ou seu- DESLAPLESIES. ^1 lement qui avalent un peu de la sanie qui découle de son corps. Il est rare , au reste, qu'il produise ces symptô- mes, car il répand une odeur si nauséabonde et si fétide, qu'on est disposé à le fuir dès qu'on en est proche. On ignore encore quels sont les moyens que la nature emploie pour produire ces effets. La laplésie a été fort peu étudiée par les physiciens, parce qu'elle ne se trouve que dans la Méditerranée, qu'elle y est même rare , au dire de Rondelet , et qu'il faut du courage pour se déterminer à l'observer. Cet animal a l'air d'une masse de chair informe lorsqu'il est en repos. Lorsqu'il est en mouvement, sa figure se rapproche de celle des limaces. Il est de couleur rouge-brun. Sa tête est obtuse et armée de quatre cornes, dont les deux antérieures sont obtuses ;?2 HISTOIRE NATUUELLE et les deux postérieures aiguës. II a une fente pour bouche. Les yeux se trouvent entre les cornes postérieures, et sont très -petits. Les parties de la génération sortent du côté droit du cou. L'anus est placé sur le dos, der- rière un écusson qui recouvre les J)ranchies, et qui contient une pièce osseuse, ou mieux cornée, dans son intérieur. Le pied est extrêmement grand; il donne naissance à une mem- brane qui se replie sur le dos, et le recouvre quelquefois en totalité, ex- cepté l'ouverture des branchies. L'es- tomac est composé de plusieurs corps cartilagino-osseux, qui ont été décrits par Bohatsch. Les laplésies ont un réservoir d'en- cre comme les sèches, vl elles em- ploient celle encre au même usage, c'est-à-dire, qu'elles la répandenl pour échapper aux poursuites de leurs ennemis. Elle habitent de prélé- DES LAP LÉ SI ES. ^5 rtnce les Tonds vaseux, et \ivent de petits cra1)cs et de petits coquil- lages. Bosc a observé , sur les cotes de l'A- mérique scplenlrionalc , dans la baye de Charleston, un mollusque qui se rapproclie infiniment de ce genre, mais (jui n'a que deux tentacules, n'est point vénéneux, et proliablement n'a pas d'os ou de test intéiieur. La léîe de cet ani- mal est antérieurement garnie de deux membranes transverses, écliancrées en leur milieu, et cachant la bouche dans leur intervalle. Elle a postérieu- rement deux tentacules en forme d'o- reille , placées en de; sus et devant les yeux. La membrane du corps est verte, finement ponctuée de rouge ; les bords plusprdes et toujours repliés en dessus. Ce mollusque semble lier les laplésies aux doi'is. il s'élève au plus à deux centimètres, et est très-commun dar les lieux vaseux. Vers I. 7 7 }: nîSTomr naturelle Laplésie depilanle, LapUsia dcpiUuu> Bouge brun , d'une seule couleur. Rondel. pag. 077. Bohasdch. Marin. 3. tab. 1 , 2, 3. Brug. Encyclopédie, pi. 85 et 84. Lamarck^ Anim. sans vert. tom. vi. part. 2. p. 59. n. 1. Foifez pi. 2. fig. 5, où elle est représentée au quart de sa grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée. Lanlésie fasciée , LapUsia fasciata. ^o:re, le bord delà membrane et des ten- tacules d'un rouge de vermillon. Loiret, Voy. en Barbarie, 2, pag. 2. Lamarcl., Anim. sans vert. tom. vi. part. 2. p. 5c;. n. 2. Se trouve dans la Méditerranée. Laplésie verle, LapUsia vlridis. Seulement deux tentacules; le corps vert; le bord {-lus pâle. Voyez lap!. 2. fig. 4- > ^^i I'' représente de grandeur naturelle. Se trouve sur les côtes d'Amérique, d'où elle a été rapportée par Bosc. DESBULLEES. JO BULLÉE, BuLLJJid^ Lamarck. Corps rampnnt , ovale-oblong, convexe, bordé de membranes qui l'enveloppent. Tête nue, sans tentacules. Partie postérieure du corps j)Ourvue d'un écusson large, embrassant , recouvrant les branchies ^ et contenant un corps teslacé. PirsiEL-RS des coquilies que Lin- nœus a pJacées dans son genre Bulle, surtout de celles que Bruguière y a conservées , viennent d'être reconnues se trouver, non sur, mais dans un gastéropode. Plancus est le premier qui ait dé- crit cet animal, et il Ta appelé amy- dala. Cuvier , qui l'a vu ensuite, a reconnu qu'il ne diffère pas beaucoup des laplésies , que sa coquille est tout- à-fait cachée dans le manteau, et re- couvre les branchies par lesquelles il respire ; que le caractère le plus sail- iant, qui le distingue des laplésies, 7^> HISTOIRE NATI'RELLF est l'alisencc deslentacules, qui se re- I marquent dans ces dernières. Draparnaud, de Montpellier, qui cultive avec tant de succès les diverses branches de l'Histoire Naturelle , a jîrouvé dans le Bulletin des Sciences, 11° 59, que ce que Gioeni, Retzius, Bruguière et Lamarck, avoient décrit comme un genre de mutivalve , les deux derniers sous le nom de char, en latin giocnla , n'étoit que l'estomac , d'une bnllée. Voici l'extrait des observations de Draparnaud sur l'estomac de la bulle oublie. Cet estomac est formé par un mus- cle tendineux très-fort, qui unit trois os de forme irrégulière , en s'atta- chant , sur leur face interne, autour < de l'éminence centrale qu'on y olr^ serve. Ce sont ces os que Gioeni a dé- corés du nom de valves. Tant qu'il.'^ sont dans le corps de l'animal, ils sont DES BrLLEES. 77 de lapins parfalle transparence, et res- semblent à de la corne. Ce n'est qu'a- près être restes quelque temps exposés à l'air, qu'ils deviennent d'un blanc mat, principalement à leur surface ex- térieure. Cet estomac musculo-osseux est situé un peu vers la gauche de l'a- nimal, et antérieurement. Les deux grands os sont placés dans le sens de leur longueur. Le petit est situé à la partie postérieure de l'estomac, et du même côté. Les deux tubes que Gioeni a figurés sont, l'un l'œsophage, etl'au- tre le canal intestinal. Ce dernier a une longueur beaucoup plus considérable que dans la figure qu'il en a donnée. Après avoir fait quelques circonvolu- tions , il vient aboutir sur la partie an- térieure du dos de l'animal. Ce tube est extérieur; il est recouvert par le manteau, et se termine à un orifice frangé , qui est l'anus. L'animal de la bulle oublie , et ^S KlSrOlIlE «ATURCLLE probahlenient des autres espèces , se nourrit de petits testacés, et, à l'aide de son estomac inusculo-osseux, sus- ceptible d'une très-forte contraction , il parvient à en broyer la coquille. Draparnaud observe cependant que la digestion peut aussi se faire sans tri- turation ; car il a trouvé dans un de ces estomacs, un sabot entier, dont l'animal étoit cependant digéré. On ne connoît encore que deux ani- maux de ce genre, celui dont il vient d'être question, et celui de la bulle ouverte. On croit devoir conserver le genre bulle parmi les testacés, quoique, d'a- près ces observations , on eût pu le réunir à celui-ci , puisque les coquilles ne sont pas apparentes. On suit, en cela, l'avis de Lamarck. DES TET n 1 s. 79 TÉTHIS, Tethis, Linnœas. Corps oblong, charnu, rampanl, bordé d'un manteau qui s'épanouit antérieurement et s^étend au-dessus en un voile large, arrondi et frangé. Bouche s'allongeant en trompe , et située sous le voile qui couvre la tête. Deux ouvertures au côté droit du cou pour la respiration et la génération. Les téthis ont quelques rapports de conformation et de moeurs ayec les laplésies; aussi Columna et Rondelet, qui en ont parlé les premiers, les ont- i!s confondus avec elles. Ce qui a été dit des laplésies leur convient donc en partie; comme elles ils sentent mau- vais, sont dépilans, et causent des ac- cidens graves à ceux qui en mangent ; comme elles ils vivent dans des en- droits fangeux, et répandent une li- queur noire : ils sont gélatineux, pres- que transparens, mais n'ont pointd'os dans leur intérieur. Leurs branchies 8o HISTOIRi: NATlTRKr.LE 1 sont latérales 5 et Icui' bouche en forme de trompe. Leur estomac n'est qu'un élargissement du canal intestinal; aussi ne mangent - ils que des animaux , aussi mous ou plus mous qu'eux. Les téthis n'ont encore été observés que dans la Méditerranée, et on est fort peu instruit de ce qui les regarde; ils ne paroissent sur les côtes et à la surface de l'eau, que pendant les gran- i des chaleurs de l'été. Téthis lièvre, Tcthis Ivporuia. Le voile cilié. Columna, Aiî. tab. 26. Rondei. Poiss. 379^. Encycl. pi. 81. fig. 1, 2. Lamarck , Anim. sans vert, tom vu. part. 1. p. 3j8. n. 1. Voyez pi. 2. fig. 3, où elle est représentée de grandeur du quart de la nature. Se trouve dans la Méditerranée. Téthis frangée, Téthis fimbrica. Le voile crénelé. Bohadsch , Mar. tab. 5. fig. 1, 2. EneycL pi. 81. fig. 3, 4. DF. s TU T H IS. 8l Lamarch^ Anim. sans vert. Icin. vj. pari i. p. 3oS. n. 8. Se irouve dans la rilédilerranée. LIMACE, Li i.Ue Linnœus. Corps oblong, rampant, ayant le dos pourvu d'un écusson coriace, contenant un osselet libre. Tête munie de quatre tentacules, dont les deux plus longs portent chacun un côlé droit à leur extrémité. Une ouverture, au côlé droit du cou , donnant issue aux par- tics de la génération et aux cxcrémens. Tous les genres précédens n'ont pré- senté que des animaux marins , con- nus seulement des pcêheurs, et que les naturalistes eux-mêmes sont rare- ment à portée de voir. Celui-ci , au contraire , n'en ofFre que de terrestres qu'on rencontre partout, et qui, quel- quefois même sont abondans, au point de devenir nuisibles à nos champs , à nos vergers et surtout à nos jardins. Î53 HKSTOinE NATIUKLLE Aussi , il n'est pas un habitant de la campagne qui ne sache ce que c'est qu'une limace , ou un limaçon ; car on les appelle indifféremment de l'un ou de l'autre nom. Les limaces ont le corps générale- ment demi-cylindrique , c'est-à-dire , arrondi en dessus et aplati en des- sous, couvert d'une peau coriace, tan- tôt unie, tantôt sillonnée, tantôt tu- berculeuse suivant les espèces. La partie antérieure supérieure , qu'on appelle Técusson , est plus saillante, plus dure que le reste, et contient, dans son intérieur, un osselet libre; ce qui, d'aprèsl'observationdeCuvier, doit, ainsi que les laplésies, les faire regarder comme des testacés à co- quille cachée. Les limaces, en effet, ne différent des escargots, ou hélices terrestres, que par le défaut de coquille apparente. Leur organisation intérieure est près- DES LIMACES. 85 que la même. Ainsi elles ont quatre eornes, ou tentacules inégales, dont deux portent les yeux ù leur extré- mité, et qu'elles peuvent faire rentrer dans leurtôte à volonté. Ainsi leur bou- che est armée, en dessus, d'une dent faite en croissant , et propre à couper les feuilles des plantes dont elles se nourrissent; ainsi elles sont herma- phrodites, et peuvent donner et rece- voir en même temps la fécondité. Dans l'accouplement, la partie masculine se gonfle considérablement, et sort par une large ouverture, située au côté droit du cou, prés des cornes. Cet organe est une espèce de conduit que les deux individus, quand ils veu- lent s'accoupler, poussent en dehors, et qu'ils entrelacent réciproquement. On les trouve quelquefois, dans les jours chauds et liumides du printemps, ainsi accouplés, suspendus à une bran- che, la tète en ba?, et s'agitant jusqu'à 84 HISTOIRE NATURELLE s'Stre complètement couverts de bave. Il ne paroît pas que cet accouplement soit précédé des préliminaires qui ont lieu chez les hélices; on veut dire de la piqûre du dard. Peu de jours après l'accouplement, les limaces pondent , à différentes reprises, et à différentes places, un assez grand nombre d'œufs qui sont ovales, et varient de couleur selon les espèces. Ceux de la limace rouge sont bleus. Ces œufs sont tou- jours déposés dans la terre, dans dos lieux ombragés et humides. Ils éclo- sent au bout de cinq à six jours, plus ou moins, selon la chaleur de l'atmos- phère. Les limaces laissent transsuder de leur corps une matière visqueuse, qui leur sert à s'attacher aux corps sur lesquels elles marchent. On peut sui- vre, par le moyen de cette bave, de- venue friable et luisante, une limace à la piste , souvent plusieurs jours DES LIMACES. 83 après qu'elle est passée. Le sel, le la- bac, et en général tous les irritans, déterminent une si grande sortie de cette matière, que l'animal enfle, se roidit et meurt. Les limaces se plaisent dans les bas prés, dans les bois humides, dans les souterrains, enfin dans tous les lieux où le soleil ne peut pénétrer. Elles aiment les saisons pluvieuses. Lors- qu'elles sont forcées de rester expo- sées aux rayons du soleil d'été, com- me elles n'ont pas' la ressource des hélices, de se renfermer dans une co- quille , elles commencent par faire transsuder de leur corps une plus grande quantité de matière visqueuse, et finissv^nt par périr. Très-peu de temps après leur mort , elles se résolvent ou se fondent en une matière visqueuse, qui conserve la Ci)uleur de l'animal , et qui méri- tcroit d'être observée avec plus de Vers I. 8 86 HISTOIRE NATIP.ELLE soin qu'elle ne l'a été jusqu'à pré- sent. Les limaces se nourrissent de plan- tes, de fruits, de champignons, de charognes , etc. ; elles font de très- grands dégâts dans les champs, les vergers, et sur-tout les jardins pota- gers. Elles attaquent indistinctement, comme les hélices, les fruits, les jeu- nes bom-geons des arbres, et sur-tout les plantes lorsqu'elles sont encore tendres. C'est yéritablement un fléau; car, quand elles sont dans des circons- tances favorables , c'est-à-dire, que le terrain est gras et humide , planté d'herbes qu'elles aiment, et exempt de la visite des animaux qui les mangent, elles multiplient avec excès. On a vu dans une seule nuit les limaces dévaster un semis sur couche et dans des châssis, lorsque ies plantes commençoient à poindre. On doit toujours craindre ce malheur dans les jardins infestés de DES LIMACES. 87 ces animaux. Pour rempGcher^ il faut couvrir la terre , ou même seulement le bord du semis, de cendres, de chaux éteinte, ou même de sable fin. Ces substances agissant mécaniquement sur l'animal, l'empêchent de marcher, en s'attachant à son corps. Il faut seulement avoir soin de les tenir cons- tamment en état pulvérulent. Le mo} en le plus sûr de détruire les limaces , est de les suivre à la trace cpie laisse sur le terrain l'humeur visqueuse et brillante qui transsude de leur corps, et de les chercher sous les feuilles, dans les raies, et autres lieux où elles se retirent de jour, et de les écraser. Un jardinier vigilant ira, chaque soir, une lumière à la main, visiter ses es- paliers, et ramasser toutes les limaces qu'il y trouvera. Il peut aussi placer, de distance en distance , des planches sur le terrain, assez élevées d'un côté pour que les limaces puissent entrer 88 HISTOIRE NATURELLE dessous, pour sV mettre à l'abri des rayons du soleil ; il sera bitn sûr d'y en trouver, chaque jour de cachées. La grosse volaille , telle que les din- dons, en détruisent beaucoup; mais ce moyen est rarement praticable pour un cultivateur. Les limaces et les grandes hélices terrestres ont, il y a une vingtaine d'années, beaucoup occupé les phy- siologistes, et même toutes les per- sonnes qui mettent quelque intérêt aux recherches scientifiques. Il s'a- gissoit de savoir si, comme Spallan- zani l'avoit dit , la tête de ces animaux pouvoit se reproduire après avoir été coupée. On vit alors des observateurs , en divers endroits de l'Europe, im- moler à leur curiosité des milliers de li- maces; et, malgré ce sacrifice, plusieurs d'entre eux nier la réalité du fait que d'autres soutenoient avoir lieu. Il est vrai aussi que la reproduction d'une DES LIMACES. 89 partie aussi importante que la iCte d'un animal, devoil paraître impos- sible à quiconque ne s'étoit pas mi* à même de s'en convaincre par ses expériences personnelles. Il est encore aujourd'hui quelques personnes qui croient à la réalité de cette reproduction , prise dans son ac- ception la plus étendue; cependant les physiologistes ont prouvé qu'elle n'avoit lieu que lorsque l'on n'avoit enlevé que les cornes, et la partie de la tête qui est en avant du cerveau, et que ceux qui avoient cru enlever la tête entière avoient été induits à er- reur par la vivacité de la contraction de l'animal au moment de l'opération, ot leur peu de connoissance dans l'a- natomie des limaces. La marche des limaces est, en gé- néral, très-lente, elle a même passé **n proverbe; cependant elles ont un grand nombre d'ennemis parmi les QO HISTOIRE NATURELLE oiseaux, les quadrupèdes et les rep- tiles; aussi l'émission de leur bave et leur marche ténébreuse n'empêchent- elles pas qu'il n'en soit détruit tous les étés une immense quantité , que la ponte du printemps suivant ré- cupère. On ne mange point les limaces ; mais on s'en sert en médecine, où elles passent pour rafraîchissantes , humectantes et pectorales. On les or- donne, enconsécfuence, danslaphthi- sie, la toux etlescrachemensde sang; ces propriétés leur sont, au reste, communes avec les hélices qu'on em- ploie de préférence comme plus fa- ciles à ramasser et à conserver. Quelques limaces , outre leur os interne , en ont encore un externe , placé sur le dos près de la queue. Quoique ce genre soit, plus que bien d'autres, à la portée des obser- vateurs, les espèces en sont encore D ES H M AC ES. f) I imparfaitement connues; et cela parce qu'elles varient beaucoup en couleur, et que les caractères, tirés des autres parties, sont difficiles à rendre par la simple description. Limace unie, Limax Levis. ^'^ûlte , unie. Mui'lcr. Verni. Hî&t. p. i n. 199. Se trouve dans lo Kord de l'Europe. Limace noire, Limax ater. INoire, rugueuse. Lister^ Anim. Angl. tab. 2. fig. 17. Darg. tab. 28. fig. 28. Encycl. pi. S/j.. fig. 2. Se trouve en Europe dans les bois humides. Atîou einfiricorum , de Ferussac , Hisl. Nat. gén. et part, des mollusques, p. 60. pL 5. Elle varie par la couleur jusqu'à devenir rouge; mais il paroît qu'elle a été confondue a^ec la suivante. Limace rouge , Limax rafas. Koug-e et rugueuse en dessus, bl.'uicbâlre en dessous. Lister ^ Coneb. lab. 101. fig. 100. A. Berl. Magaz. 3. tab. C. fig. 71. lîiU. Hist. an. tab. â. Lamarck , Anim. sans vert, tom. vi. part. 2. p. 49- n. 1. f)2 HISTOIÎIE NÀTrRELLE Se trouve en Europe, dans les bois et les prés ; c'est une des plus communes aux envi- rons de Paris. Limace blanche, Limax albus. Blanche. Lamarck , Anim. sans vert. tom. vi. pai î. 2. p. 5o- n. 2. Se trouve dans les bois, et varie par ses bords quelquefois jaunes, et ses cornes quel- quefois noires. Limace cendrée, Limax cinereus. Cendrée, d'une seule couleur, ou tachetée de njir. Lister^ Anat. tab. 5. fig. 6, 7, 9, 10, et Anî. Angl. tab. 2. fig. i5. Dargenv. lab. 28. Cg. 01. Encycl. p!. 84. Cg. 5. Lamarck , Anim. sans vert. tom. vi. part. 2. p. 5o. n. 3. Se* trouve en Europe, dans les bois humi- des. Lim. demi-transparente, Lim.hyaliiia. Demi- transparente ; les cornes à peine vi- sibles; une ligne brune allant des cornes sur l'écusson. Gmel. Syst. Nat. p. 3ioi. n. 5. Se troi^ve dans les bois , sous la mousse. Limace agreste , Limax agrcstis. Blanchâlre ; les cornes noires. LiiUr, An. angl . tab. 2. fig. 16. EjusU. ex IviA USA . \Jo//llS(JfU'S PI Be^ei'e cfrl I,tX Lmiaoo caroliiiici .. .La ScyUo a .La Irjtanip clavigero l^ . à . J.o J")oris arp-o DE 5 LIMACES. QO An. lab. 5. fig. 1 1, et 5. Gg. 11. Dargcnv. pi. 28. fig. 2J. Lamarêh , Anim. sans vert, toiii. \\. part. 2. p. 5o. n. 4* Se trouve en Europe, dans les bois monta- gneux, les veri(Cis, les jardins , etc. ; c'est la plus commune de toutes, et celle qui fait le plus de ravages. Elle varie presque du blanc au noir. Lim. carolinienne , L'un, caroliuiaîius. Cendrée, marbrée de brun , avec trois vitia plus obscurs et deux rangs de points noirs sur le dos. Voijez la planche 5. fig. 1 , où elle est repré- sentée de grandeur naturelle. Se trouve dans l'Amérique septentrionale , dans les bois humides, sous les écorces d'ar- bres. Elle a été décrite et dessinée par Bosc. Elle est blanchâtre en dessous. Limace annullée, Limax cinctus. Jaunâtre, l'écusson et l'abdomen avec un cercle cendré. Gmct. S} st. JSat. p. 0001. n. 9. Se trouve dans les bois montagneux du nord de l'Europe. Limace margiiiéc, Limax warginatas. Cendrée; l'écusson avec une ligne obscure de chaque côté ; l'abdomen d'un bleu pâle. Drafarnanà, llisl. des mollusques, p. 124. ti. 5. pi. IX. fig. 7. Se trouve dans les bois, au nord de i'J''u- ropc. Limace réticulée, Limax relicalatus. Brune; l'ccusson avec des poinls, cl l'ab- domen avec des lignes noires. tSchneff. Vers. 1. lab. 1 et tab. 2. fig. 1, 3. Se trouve communément en Allemagne. ■ m I Limace dorée, Limax aurcus. Jaune, sans taclic. Gmd. Syst. Nal. y, 3 102. n. 12. Se trouve dans le nord de l'Europe. Limace brune, Limax fuse us. Roussâlrc; la ligne latérale et le dos noirs. MuUer. Verm. Hist. p. 11. n. 209. Se frouve dans les bois montagneux. DES SI (; A RETS. 9J SJG s\RET , S ic/iRETUs -, Cuvicr. Corps rampant, ovalo, convexe, couvert d'iii-» manteau lisse, intérieurement conchilifèro et qui déborde tout autour. Bord du man- teau vasculeux en dessous. Tète aj)laiie, située sous la partie antérieure du manteau, et munie de deux tentacules courtc>s. Co- nuille univalve déprimée, subauriforino, à spire courte, et peu élevée. L'ouverture entière Irès-évasée, plus longue que large. C'est ainsi que Lamarck a rédige les caiactôics d'un nouveau genre fait par Ciivicr dans le n". 5i du Bulletin des Seicnccs , sur une espèce trouvée dans la collection dn Muséum d'His- toire Naturelle de Paris. La coquille iinérieure de cette espèce étoit connue depuis long-temps. Elle avoît été dé- ciile etfiguiée parAdanson, sous le nom de sigarot. Limueus l'avoit appe- lée hélice haliotoïde , et la plupai^t des auteurs Conchvliologistes , tels que Khumpliius , Mus. tab. 40. /Ig. 11. gG HISTOIRE NATTRÎ-LLE Gualt. tab, 69. fig. F. Dargenville. pi. 3. fig. G. , en avoient également fait mention. On ne sait, au reste, sur cet ani- mal, que ce qui vient d'être rapporté, et il faut attendre que quelque obser- vateur, éveillé par l'annonce de Cu- vier, nous apprenne quelles sont ses mœurs. Il paroît qu'il se trouve dans toutes les mers, puisque sa coquille vient de l'Océan septentrional, de la Méditerranée, de l'Atlantique, et de la mer des Indes. ON G H IDE, OnchidiuM:, Lamarck. Corps oblong , rampant , tête munie de deux appendices auriformes et de deux tentacu- les. Manteau débordant également de tous côtés. Bouche antérieure. Anus à l'extré- niilé postérieure en dessous. Lamarck mentionne ce genre c-mme avant été établi dans le cin- DES ONC II IDES. gy quième volume des Actes de la Société Linnéenne de Londres. L'animal qui le forme se trouve dans les marais de l'Inde, sur une espèce de t3'phée. On ne peut rien ajouter à ce qu'il en a dit. PHYLLIDE, Pm-LLWLh Cuvler. Corps ovale, oblong, rampant, convexe en dessus , et couv«rt d'un ëcusson ou mantenu coriace, variqueux, tuberculeux, qui le dé- borde parlout. Branchies disposées en feuil- lets membraneux placés à ia file les uns des autres , autour du corps , eous le rebord du manteau. C'est à Cuvier qu'on, doit l'établis- sement de ce genre, qui a de grands rapports avec les limaces, les doris, et encore davantage avec les patelles. La bouche est la partie inférieure de la tête, qui est surmontée de deux tenta- cules coniques. Cuvier observe, n° 5i du Bulletin des Sciences , que la dispo- sition des branchies, dans cet animal^ Vers \, 9 9^S HISTOIRE NATURELLE est la même que les patelles, dont il ne diffère même que par la position de l'anus, placé sur la tête dans les patelles , et sur le côté dans ce nou- veau genre. La phyllidie a été envoyée de l'île de la Réunion, au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. SCYLLÉE, ScvLLAEj, Linnœas. Corps oblong , presque cylindrique . avec uneloDgue queue pointue, ayant la bouche à l'extrémilë aniérieure , et accompagnée de tentacules non rétracliles ; l'anus laté- ral , et trois paires de branchies sur les cotés. Ce genre a été omis par Bruguière et Lamarck, probablement parce qu'ils ne le trouvoient pas assez caractérisé. La seule espèce qui le compose a été rénr.ie avec les doris par le premier. 11 est très-vrai que le genre de Lin- DESSCYLLEES. 99 iiœus est vague, et ne repose pas surles parties essentielles de l'organisation ; mais il est très-yrai aussi qu'on le cou- noît trop peu pour en porter un juge- ment définitif, et qu'on doit croire que le JNaturaliste Suédois avoiteu de bonnes raisons pour l'établir, lorsqu'on sait combien difficilement il se prctoit à en faire pour une seule espèce. Le scyllœa pelasgica de Linnaeus se fixe par son dos sur les corps durs, ce qui n'a lieu chez aucuns doris ou tri- tonies. C'est ce que Bruguière ii'avoit pas présent à la mémoire, lorsqu'il a fait figurer, pi. 82, fig. 1 de l'Ency- clopédie, une tritonie, comme étant la scjUée de Linnaeus ; mais il a su de- puis reconnoître son erreur , ainsi que le constate une note de sa main que Bosc conserve. Forskal a réuni depuis à la scyllée de Linnceus un autre mollusque, qui Jie se fixe jamais, mais qui n'en a pas 100 HISTOIRE NATUllELLE moins le caractèie principal de Lin- nœus , c'est-à-dire trois paires de l)ranchies de chaque côté. Bosc a trouvé dans le grand Océan, entre l'Europe et l'Amérique, un mol- lusque nageant sur la surface des eaux, qu'il regarde aussi comme ap- partenant à ce genre , sur-tout par comparaison à l'espèce de Forskal ; ce qui lui a fourni les moyens de le caractériser d'une manière plus pré- cise. Ainsi donc, le caractère qui sé- parera dorénavant les scyllées des tri- tonies, sera l'anus latéral dans les pre- miers, etl'anusdorsaldansles seconds. Le mollusque dont veutparler Bosc, a été mal décrit par Lamartinière , pendant son voyage autour du monde, et mal gravé dans la relation du voyage de la Peyrouse, pag. 20, fig. i5, 16. Il l'avoit déjà été dans le journal de Physique de novembre 1787. C'est le (loris radiât a de Gmeiin, figuré par nnSSCYLLEES. loi Dupont, Jeta augllca, ^^'b pag. Sj et 58 , tab. 55 , ce dont il n'a pas été pos- sible de s'assurer. Voici la description que Boscafaite en mer de ce mollusque. Cette des- cription paroîtra sans doute assez dé- taillée pour que les Naturalistes, qui ont été à portée de voir la véritable scyllée pélasgique de Linnœus, puis- sent juger s'il peut lui être réuni, ou s'il doit faire un genre à part avec l'es- pèce de Forskal. Scyllée nacrée, Scyllœ margaritacea. Vague, argentée , la base cl la pointe de» tentacules laléiales, ainsi que det.s larges vitia sur le dos , d'un bleu brillant. Voyez la planche 3. fîg. 5 , où elle est re- présentée de grandeur naturelle. Tête cylindrique , arrondie sur le devant, très-courte , bleuâtre , avec deux tubercules latérales en avant, et deux plus basses en ar- rière. Bouche à tube court et perpendiculaire, située en devant sur le bord inférieur ; coure- levé et légèrement lobé sur les côtés. Corps presque cylindrique , renflé au milieu , ter- miné par une longue queue , et garni latéra- lement de trois paires de tentacules couleur 4- 102 mSTOlRt: NATl'llELLE de, pt'rle un peu bleuâtre, avec deux large» lignes longiludiniilcs d'un bleu plus vif. Cha- que paire de tentacules est différente des au- tres. La première , plus grande, eJl portée sur un long pédicule , élargi à son sommet , duquel sort un rang de quatorze tentacules inégales, les deux du milieu plus longues que le pédicule, les deux suivantes de même lon- gueur, les autres plus courtes; tours cylindri- ques, terminés en pointe, couleur de perle, bleus à leur base et à leur sommet. La secon- de paire presque sessile , de même couleur que la première, avec dix tentacules inégal(^s, fiont les deux du milieu son! trois t'ois plus liingues que le pédicule. Enfin, la troisième j>aire sans pédicule , de même couleur que les autres ; mais n'ayant que cinq tentacules, dont la troisième est la plus grande , et les autres presque égales. Queue bleue , finissant en pointe, presque aussi longue que le corps. Anus latéral, tuberculeux , placé à gauche, entre le premier et ie second bras. Longueur totale, deux centimètres. Cet animal , élégant par sa forme et sa ( f)uleur, nage pendant le calme sur la surface dei eaux. 11 paroit qu'il se trouve dans toutes ks mers des pays chauds ; mais toujours ex- ttémemenl loin des côtes. DES TRITON l ES. lOO TUITOME, Teitonja, Corps obloug , rampant , pointu postérieure- ment , convexe en dessus , aplati ou cana- liculé en dessous , ayant la bouche à une des extrémités , environnée de quelques tentacules. Branchies saillantes , disposées le long du dos en écailles, ou en tubercu- les , ou en panaches vasculeux. Les tritonies faisoient partie du gen- re doris de Linnseus et de Bruguière, dont ils formoient la première divi- sion. Lamarck^ à l'exemple deMuUer et de plusieurs autres zoologistes , les en a séparées, sur la considération qu'elles n'ont point de membranes autour du corps. Du reste , ces ani- maux ont les plus grands rapports de lorme et de mœurs avec les doris ; comme eux, ils vivent dans les fonds vaseux, attachés aux fucus et autres plantes marines, et paroissent rare- ment à la. surface de l'eau ; comme eux, ils ont l'anus sur le dos , et il en ioi| nisToiRr: natiihelle sort des brancbics de diverses formes pour la respiration. Les tritonies sont quelquefois parées de brillantes cou- leurs pendant leur vie, et les appen- dices de leur dos leur donnent'une ap- parence souvent Ircs-singulière. Tritonie rameuse , Tritonia ramosa. Corps tuberculeux en dessus , des deux côtés. Boris verrucosa. — Linn.Scba^ Mus. 2. t^b.Gi.fig. 5. Doris verrucoscf. — Lain. , Anim. sans vert. tom. vji. part. 1. p. 5ii. n. 2. Se trouve dans les mers des Indes. Tritonie clavigère, Tritonia ciavigera. Ovale , blanche ; les branchies pédiceilées, en massue , couleur de safran. Doris clavigera , — Linn. Multer , Zool. Dan. \. tab. 17. fîg. 1. 5. Encycl. 82. fîg. 7 , 8,9. Doris clavigera. — Gmel. Syst, Wat. p, 5io4. n. 5. Foyczla planche 3. fîg. a , oii elle est re- présentée de grandeur naturelle. Se trouve dans la mer du !Nord. DE? TRITOMT?. KO ï. à quatre lignes, T. (juaclntiiicata. Blanche, avec quatre lignes noires le long du dos ; les oreilles jaunes. Doris quadriiincata. — Linn. 3hiUer , Zool. Dan. i.tab. 17. fig. 4 ? 6. ^rw^.Encycl. pi. 82. lig. 14. i5. Doris quadriiincata. — Gmef. , Syst. Nat. p. 5io4. n. 6. Se trouve dans la mer du Nord. Trit. à faisceaux, Tritonea fascicuiata. Linéaire , d'un cendré ferrugineux ; les branchies du dos pointues, un peu ferrugi- neuses. Doris fascicuiiita. — Linn. , Forskal, Des- crip. uni. tab. 17. fig. 4 1 6. Encycl. pi. 82. fig. Eoiis fascicuiata. — Lam. Anim. sans vert. tom. vi. part. 1. p. 3o2. n. 2. Se trouve dans la Méditerranée. Tritoniepapilleuse, Trltonia papillosa. Couverte de branchies en dessus ; la ligne dorsale , seule , nue. Doris 'pafillosa. — Linn. B aster , Op. Subs. i.tab. 10. fig. i.Brug. Encycl. pi. 82. fig. 10, II. Eoiis Cuverii. — Lam. , Anim. sans vert, toin. VI. part. i.p. 3o2. n. 9. Se trouve dans les mers d'Europe. ioG IILSTUIRE NATURELLE Tritonieanriculée. Tritoina aaricalata. Blanche ; les branchies dorsales rouges à la base , cl blanches à la pointe. Dovis auriculata. — Linn. Acla Havn. lo. tab. 5. fig. 6. Doris auriculata. — Gmci. , Syst. Nat. p. 3 ici. n. 9. Se trouve dans la mer de Norwège. Tritonielacinulée, Tritonia laclnulata: Blanche; six branchies dorsales presque ovales de chaque côlé. Doris lacinutata. — Linn. Forskai , Des- crip. Ani. tab. 26. iig. 4» Brug. Eucycl. pi. 82. fig. 5 , 6. _ EoLis iacimdata. — Lam. , Anim. sans vert. tom. VI. part, 1. p. 5o2. n. ^. Se trouve dans la Méditerranée. Tritonie petite , Tritonia minima. D'un cendré pâle ; quatre rangs de branchies dorsales. Doris rninima. — Gmet. , Syst. Nat. p. 3io5. n. n. Se trouve dans la Méditcranée, ïrilonie cervine, Tritonia cermiia. D'un cendré rougeâlre, avec huit branchies dorsales rameuses. Doris cervina. — Linn. Bommv^ Ad, Viiss. 5. pi. 2. fig. I. DE s TR I T ON lES. 1 0;7 Tritonia arboresccns. — Lam. Anim. sans rert. tom. vi. part. i. p. 5o4. n. 2. Se trouve dans la mer du Nord. Tritonie couronnée, Tritonia cor ouata. Blanche; le dessous transparent ; les bran- chies dorsales rouges et pyramidales, les laté- rales rouges seulement à la pointe. Doris coronatiu — Linn. , Bommé, Acia Vliss. i.lab. 5. fig. 1 , 3. Tritonia coronata. — Lam» Anim. sans vert. tom. yi. part. p. 3o5. u. 3. Se trouve dans la mer du Nord. Tritonie à plume , Tritonia pennata. Le dos couvert de branchies cylindriques et courbées en arrière. Doris fcnnata. — Llnn. Bommé , Acta Vliss. 3. tab, fig. 2. Boris fennata , Gmd. Syst. Nat. p. 3io4. n. i5. Se trouve dans la mer du Nord. Trit. voyageuse , Tritonia pcrcgrina. Quatre tentacules non rétractiles ; le corps ; blanc , avec dix rangs de branchies dorsales I d'un bleu obscur. C'avol. Folyp. Mari 3. tab. 7. Cg, 3. Ec'tis fcregrina. — Lam. Anim. sans vert, tom. VI. part, i.p. 5o5. n. 5, Se trouve dans la Méditerranée. 108 HISTOIRB NATURliLLE Tritonie voisine, Trltonia affinls. Rouge, le dos avec sept ranf^s de branchies, quatre tent:icules non-rétraciilcs, anneléesde blanc à la pointe. Cavol. Folyp. Mar. 3. tab. 7. fig. 4« Eolis affmis. — Lanx. , Anira. sans vert, tom. VI. part. i. p. 3o3. n. 6. Se trouve dans la Méditerranée. Ti'itonie carrée, Tritonia tetraquetra. Quadrangulaire , coriace; le dessus aplati ; les angles garnis du tubercules. Doris tetraquetra. — Paltas, Nov. act. Pe- Irop. 2. tab. 5, fig. 22. Doria tctraquelra. — Gincl. , Syst. Nat. p. 3 106. n. iS. Se trouve dans la mer du Sud , autour des îles Kouriles. DOUIS , DoRJs > Llnnœus. Corps oblong , rampant, aplati, bordé tout autour d'une membrane qui s'étend jus- qu'au dessus de la tête. Bouche eo [dessous vers une extrémité. Anus au bas du dos , découpé , frangé, ou cilié sur les bords par les branchies qui l'entourent. Ce genre n'est qu'une partie de ce- lui «le Linnœus. Lamarck l'a réduit ^ DES D ORl s. 109 aux deux espèces, dont le corps est entouré d'une membrane, c'est-à-dire, à la seconde division du Naturaliste Suédois, et il a donné le nom de tri- tonie à celles de la première division. Les doris sont des mollusques ap- platis, dont quelques espèces s'élèvent jusqu'à plus d'im ccntinjètre de long, mais qui;, en général sont d'une bien plus petite taille, et dont l'anus est quelquefois entouré de franges fort remarquables. Ils nagent dans la mer en s'éloignant fort peu du fond ou des rochers vaseux sur lesquels ils se plai- sent de préférence, et s'attachent aux plantes marines qui y croissent Ils ne sont point communs sur les côtes de France, selon Dicquemare; mais il paraît qu'ils le sont davantage sur celles de IN orwège, où Muller a observé presque toutes les espèces connues. Les doris, comme la plupart des mollusques, vivent d'autres mollus- Vers I. 10 *10 IIISTOIUE NATlTRELLr, (jLies plus petits, fie vers et de polypes, qu'ils saisissent dans leur retraite ou passage : mais du reste leurs mœurs sont très-peu connues. Les cornes ou tentacules des doris, sont susceptibles de rentrer en elles- mêmes , et même de laisser un trou à \ leur place : les franges de l'anus jouis- sent de la même propriété; se déve- loppent petit-à-petit, et finissent par représenter une feuille de chou frisé, et d'une apparence extrêmement agréa- ble. Ces dernières sont les branchies par lesquelles l'animal sépare l'air de l'eau; mais, d'après la remarque de Dicquemare , il peut tenir assez long- temps ces branchies contractées, de manière qu'on doit croire qu'il lui faut peu d'air pour exister, Doris brun , Dorls fasca. Ovale ; la membrane ruile , ponctuée. Mrdtcr . Zooi. unn. 2. tab. 47. Hg. 6, 8. Encycl , pî.S2. fig. 1, 2. DES DORI S. 1 1 i Lantarch , Anini. sans vert. loin. \i. part. 5i2. n. lo. ISe trouve dans la mer du Nord. Doris voilé, Dorls obielala. Blanc , le corps allonge , la membrane si- nueuse et ponctuée en dessus. Muller , Zool. Dan. 2. tab. 47* fig- 1 > 2. Encycl. pi. 82. fig. 5 , 4* Lamarch , Anim. sans vert. tom. vr. part. 1. p. 5i 1. n. 6. Se trouve dans la mer du JNord. Doris épineux , Doris muricata. Ovale, avec des veines jaunes en dessus , des deux côtés. MuUcr , Zool. Dan. 5. tab. 85. flg. 2 , 4* Lamarck^ Anim. sans vert. tom. vi. part. 1. p. 3i2. n. n. Se trouve dans la mer du Nord. Doris velu , Dorais pllosa. Corps ovale , jaune, couvert de poils mous et blancs ; les tentacules peu visibles. Muller , Zool. Dan. 3. lab. 85. fig. 5,8. Latnarch , Anim. sans vert. tom. vi. part. 1. p. 3i5. n. 8. Se trouve dans la mer du Nord. Doris uni , Doi'is bvis. Ovale , blanc , le corps uni. Muller , Zool. Dan. 2. tab. 47- fig- 5. 5. En- cycl. pi, 82. fig. 16, 17. 112 niSTOmr >A.TÎivEï.lLE Lainarcii, Aiilni. yaiis veit, loai. vi, pari. 1. p. 5i2. n. 9. Se trouve dans la mer du Nord. Doris arborescent , Dorls arhorecicens. Tentacules rameux ; le dos bossu, poussant rejetons. Acta , Havn. 10. tab. 5. fig. 5. An tritonia ar'borescens ? — X-am. Anim. sans verî, tom. vi.part. 1. p. 5o4. Se trouve dans la mer du Nord. Doris feuille , Doris frondosa. Le corps ayant de chaque côté plusieurs fils rameux. Ascan. Act. Dront. 5. tab. 5. fig. 2. Gwelt. Syst. Nat. p. 5 107, n. 24. Se trouve dans la mer de Norwége. Doris argOj Doris argo. Ovale , le corps uni, deux tentacules à la bouche : l'anus avec des branchies frisées et ciliées. Bohsads. Mart. 5. fig. 4 , 5. Journal de Phy- sique , juillet, 1779. , tab. 2. fig. 10. Encycl. pi. 82. fig. 18, 19. Doris argus. — Lamarck , Anim. sans vert. tom. vi , part. i. n. 2. Voyez la planche 3. fig. 5 et 4, où il est re- présenté en dessus et en dessouo, au quart de sa grandeur naturelle. Se trouve dans lu Méditerranée. DES DO RI s. 1 I ,> Doris étoile , Doris stellata. Ovale, une éloile à huit rayons à l'anus, les rayons rameux. Bommé , Act. L'/isin^. 5. tab. 5. fig. 49. Lamarch , Anini. sans vert. tom. vi. pari. 1. n. 7. Se trouve dans la mer du JNord. ASCIDIE, AsciDi.i 5 Linuœu.s\ Manteau f( rn>ë en forme de sac ovale ou cy . lindrique , irrégulicr , fixé à sa base , con- tenant le coips de l'animal, et terminé par deux ou\erlures inégales . dont l'une est moins élevée que l'autre. Les mollusques de ce genre viveiît tous dans la mer, à peu de distance des côtes, et souvent au-dessus du niveau des basses martes. Leur orga- nisation est très-simple; aussi jouis- sent-ils d'un degré de sensibilité peu éininent, et de facultés pbysiques très- bornées. Leur base est toujours fixée sur le5 rochers, sur les coquillages. ilu\ HISTOIRE NATURELLE sur les plantes marines, et même sur les fonds vaseux de la mer, par des fibres tendineuses, qui, comme au- tant de pieds, embrassent étroitement les inégalités de ces corps, et ne pa- roissent pouvoir s'en séparer que par violence. Le corps des ascidies consiste en un sac ou manteau tendineux, moyen par sa consistance entre les membra- nes et le mucilage j sans organisation apparente, qui renferme une grande cavité dans l'intérieur , au milieu de laquelle est suspendu l'intestin dont les extrémités aboutissent à deux ou- vertures qui terminent sa face supé- rieure. La partie moyenne de cet in- testin forme, dans quelques espè/:es, une dilatation considérable, qui est l'estomac et le canal intestinal, enve- loppé , selon Cuvier, dans le foie. C'est cet organe que Muller et Bru- guière ont appelé le sac intérieur. DES A se IDl ES. 11.) Le seul mouvemenl dont ces ani- iiiiuix soient susceptibles consiste en une contraction alternative et rapide, tant du corps que de l'intestin, pen- dant laquelle l'ouverture supérieure absorbe l'eau qui ressort avec la même vitesse par celle qui est située plus bas. On ne peut douter que la pre- mière ne soit la bouche de l'animal , la seconde son anus, puisqu'on voit qu'elle donne passage aux excrémens, lesquels consistent en une matière ar- gileuse tout-à-fait sembkible à de la vase délayée. Ce mouvement de con- traction n'est que périodique ; l'ani- mal se repose par intervalle ; il est alors dans une parfaite immobilité ; ses ouvertures sont fermées, et le corps a perdu une partie du volume qvi'il a pendant qu'il aspire le liquide ; mais il en conserve quatre fois plus que lorsqu'il est mort. Si on touche les ascidies quand elles ] l6 IIlSTOmi: NATURELLE sont dans cet état d'immobilité , elles rejettent dans l'instant avec vitesse l'eau qvTÎ est en réserve dans l'intestin. Elle sort alors parles deux ouvertures à-la-fois, et leur corps reste affaissé. Cette faculté de lancer leur eau est le seul moyen de défense que les ascidies peuvent employer pour échapper à la voracité des oiseaux marins qui cher- chent à en faire leur pâture ; mais il leur est inutile contre les poissons qui paroissent en faire leur nourriture habituelle. Bruguière observe qu& c'est peut-être pour échapper aux at- teintes de ces redoutables ennemis que beaucoup d'ascidies se placent sur les rochers qui dominent la ligne des basses marées; qu'on les y voit souvent entassées , en grand nom- bre , tandis que les espèces qui vi- vent perpétuellement entre deux eaux sont toujours peu abondantes et soli- taires. D E s A s C I D 1 E 5 . 1 i 7 Mullaire a découvert des ovaires sur quelques espèces de ce genre ; mais il ignore si cette manière de se propager est commune à toutes. Il est probable qu'il s'en trouve quel- ques-unes de vivipares. Bohadsch et Millier en ont observé qui portoient , attachés à leur corps, des petits de différens âges ; mais il est plus natu- rel de croire qu'ils s'y étoient atta- chés, comme sur tout autre corps solide, que de supposer qu'ils y sont nés à la manière des cayeux, comme le fait Bruguière. On sait, au reste, fort peu de chose sur les ascidies, quoiqu'elles soient connues sur toutes les côtes , et que presque par-tout on en mange quel- que espèce, telles que les ascidies bru- ne, râpe, sillonnée, etc. Les animaux de la plupart des bi- valves sont, comme on l'a vu, des ascidies. Il8 HISTOIRE NAILr.ELLE Ce genre est si naturel, qu'il n'a éprouvé aucune variation. Bruguière l'a divisé eu trois sections, d'après leur surface , pour faciliter la recher- che des espèces. Ascidies qui ont le corps velu ou tubercule. Ascidie mamelonnée, Asc. mamUlaris. Corps irrégulier , ridé , parsemé de poils flexibles. Pallasy Spicnl. Zool. Dan. lo. tab. i. fig. i5. Encycl. pi 62. fig. 1, Lamarck , Anim. sans vert. tom. m. p. 123. n. 2. Se trouve sur les côtes d'Angleterre. Ascidie mentule , Ascidia mentida. Corps compriitié et velu, sacintérieur rouge, une des ouvertures placée sur le côté. Muller , Zool. Dan. tab. 8. fig. 1.4. Encycl. pi. 62. fig. 2,3,4. Lamaivki Anim. sans vert. tom. i p. i25. il . 11. Se trouve dans la Méditerranée , et dans I.1 mer du JNord. DES ASCIDIES. 1 10 Ascidie raboteuse, Ascidia scahra. Corps blanchâtre , comprimé , raboteux , sac intérieur et ouvertures rouges. Muller , Zool. Dan. lab. 65. tig. 5. Encyclo- pédie , pi. 62. fig. 5. Jscîdia rustica. Var. B. — De Lam. , Anim. sans vert. toni. m. p. 123. n. 5. Se trouve dans la mer du Word. Ascidie sillonnée ^ Ascidia sulcata. Ovale, tuberculeuse, d'un jaune obscur, l'ouverture conique striée. Antoine Coqueher , Bulletin des Sciences , n" 1. fiji. 1 , 2 , 5 , 4. Jscidia microsconnis. — De Lam. , Anim. sans vert. tom. m. p. 124. n- 9- Se trouve dans la Méditerranée et se mange sous le nom de Vichet. Ascidie bâillante , Ascidia patala. Corps jaunâtre , raboteux , sac intérieur rougeâtre, les ouvertures saillantes , couleur d'écarlate. Ascèdia rustica. Var. D. — De Lam. , An. sans vert. tom. m. p. i25. n. 5. Muller , Zool. Dan. tab. 65. fig. 1. Encycl. G2.fîg.6. Se trouve dans la mer du Nord. Ascidie brune, Ascidia rustica. Corps raboteux , couleur de rouille, les ou- vertures incarnates. l'IO IIISTOÎLU. NATURELLE 3fuiler , Zool. Dan. tab. i5. fîg. i. 5. Dic- quemare , Journal de Physique , mai 1771-, fig. 1. 3. Encycl. pi. 62. 7 . 8. De Lant-.f Anim. sans vert. tom. m. p. 125. n. 5. .Se trouve dans la Méditerranée , sur les cOles de l'Océan. Ascidie papilleuse , Ascldia papillosa. Corps hérissé de tubercules écarlales , les cuver! ures inégales et velues. Bohasdsch , Anim. Mar. tab. lo. fig. 1. Forskal^ Descript. ani. tab. 27. Encycl. pi. 62. iio,. 10. De Lamarck, Anim. sans vert. , tom. m, p. 120. n. i5. Foycz pi. 4- fig' 5 , où elle est représentée de moitié de grandeur naturelle. Se trouve dans la Méditerranée. xiscidie piquante ^Ascidiaeclilnata. Corps héuiisphérique, garni de poils roides, les ouverlures ridées de couleur écarlate. Lamarck. , Anim. sans^ vert. tom. m. p. 125. n. 5. ' Se trouve dans la mer du Nord. Ascide cofiiiillière, Ascidia conchllcga. Corps hémisphérique, raboteux, velu et couvert de fragmens de coquilles, les ouver- tures en forme d'entonnoir. Multcr. Zool. Dan. tab. 54. fig. 4 > 5 , 6. Encycl. pi. 62. fig. 1 1 , 12, i3. DES ASC I DIES. 12 1 Lamarck y Anim. sans vert. tom. m. p. 19.7). n. /(.. Se trouve dans l'Océan Indien et dans les nifiN du Nord. Ascidie velue, Ascidiavillosa. Corps ovale, blanchâtre et velu, les ouver- tures non colorées. GmeLf Syst. Kat. p. 0126. n. 22. Se Irouve dans la mer du JNord. x\scidie ampoule, Âscklia ainpuUa. Corps ovale et cotoneux , les ouvertures tu- bulées, marquées sur les bords de petit points élevés. Bast. Opusc. tab. 10. fig. 5, a, i) , , d. Lamarck , Anim. sans vert. tom. m. p. 124. n. 6. Se trouve dans la Méditerranée. Ascidie tubercule, Ascidia tuberculum. Corps allongé , jaunâtre , marqué de petit:? points élevés, les ouvertures rouges. Ginci. , Syst. Wat. p. 5i26. n. 21. Se trouve dans la mer du Nord. x\sc. pédonculée, àsc. pcdunculata. Corps ovale, pédoncule, velu, l'ouverture snpérieuic (éndue en croix, rinférieure'sim- pîe et écartée. Edward, Aves , tab. 556. Encyclopédie, pi. 62. fig. 12 , i5. , \^. Vers.l. M 122 iîlSTOlIVE NATURELLE Ascidia glohifera , Lamarch^ Anini. sans Tcrt. tom. m, p. luy. n. 2i. Se trouve dans l'Océan Américain. Ascidies dont le corps est ridé ou strié. Ascidie rave , Ascidia râpa. Corps ovale , marqué de stries circulaires lisses , les ouvertures calleuses , coniques , et couleur d'écarlate. Encyclopédie , pi. 68. fig. 45. Se trouve sur les côtes du Pérou. Ascidie tachetée, Asidiaaspersa. Corps légèrement comprimé, raboteux et blanc; sac intérieur marqué de tacbes rouges. 3Tultcr , Zool. Dan. tab. 65. Gg. a. Encyclo- pédie , pi. 65. fig«6. Ascidia rustica., Var. G. Lamarck, Anini. sans vert. tom. m. p. i23. n. 5. Se trouve dans la mer du Nord. Ascidie aplatie , Jscid. complanata. Corps oblong , aplali , blancbfitre et cica- trisé, les ouvertures ponctuées de jaune. Gmel. , Syst. Wat. p. 0^26. n. 20. Se Irouve dans la mer du Nord. DES ASCIDIES. 1 2.> Ascidie ridée , Ascidia corragata. Corps oblong, lisse, la circonférence des ouvertures ridée. BhiUcr , ZooK Dan. tab. 79. fig. 5 , 4* En- cyclopédie , pi. 65. lîg. 8. Lamarck , Anini. sans vert. tom. m. p. 136. n. 17. Se trouve dans la mer du Nord. Ascidie branchue, Ascidia ramosa. Corps ovale, marqué de stries longitudi- nales très-serrées, les ouvertures point sail- lantes. Piancus , Conchy. App. 2. tab. 9. fig. 9. Se trouve dans la Méditerranée. Ascidie massue , Ascidia clavata. Corps en forme de massue, soutenue par un pédicule filiforme, les ouvertutcs placée» sur les côtés. Patlas , Spical. Zool. 10. tab. i . fig. 16. Latn arcK , A.nim. sans vert. tom. m, p. 126. n. 19. Se trouve dans la mer du Nord. Ascidies dont le corps est lisse. Asc. lépadiforme, Asc. tcpadiformis. 1 Corps en forme de massue , transparent » I sommet prcstjuc qr.adranguiairc j pédoncule ridé et ondulé. 2 24 HISTOIRE ÎS\4.Tt RELLF, Zool. Don. lab. 79. lig. 5. Encycl. pi. 63. iig. ÏO. Laviarck, Anim. sans vert. tom. m. p. ï 26. n. 18. Se trouve dans la mer du Nord. Asidie canine , Ascidia canina. Corps oblong , cvlindrîque et mou , sac in- térieur rouge. 3IuUer , Zool. Dan. tab. 55. fîg. \, 6. Ency- clopédie, pi. 64. fig. 1,2,5. Ascidia intestinaiis , Lam. Anim. sans vert. tom. III. p. 126. n. 16. Se trouve dans la mer du Nord. Ascidie verdâtre, Ascidia viridcscens. Corps oLlong, lâche et transparent, l'ouver- ture supérieure marquée de neuf angles dans l'intérieur, l'inférieur, de six. Dicqucmare, Jora. dePIiys. fév. 1777, fig. 1. 7. Se trouve sur les côtes de France. Asc. glandiforme, /^.sc. glandiformis. Conique, unie, rouge l'ouverture applatic, fendillée ; ciliée. A nloinc Coquebert , Bulletin des Science^s , n° 1 . fig. 1 , 2,5,4. Se trouve dans la Méditerranée. Ascidie solitaire, Ascidia solilaria. _ Corps ova!e, diaphane, les ûi.'vs. ouverluresl DES ASCIDIES, 12» bleues , celle de dessus tubulée , l'autre tron- quée , située sur le côté. Se trouve dans la mer Rouge. Ascidie siphon , Ascidiaslplio. Corps cylindrique et diaphane, les ouver- tures lubulées égales et colorées. Forskai, Desciip. anim. tab. 45. fîg. C. En- c}'cl. pi. 64. ûg. 7. Se trouve dans la mer Rouge. Ascidij parallélograme 5 Ascidia pa- raUelograma. Corps convexe et diaphane , sac intérieur jaunâtre, articulé, une des ouvertures située sur le côté. Mulièr , Zool. Dan. tab. 49. ^ig- 1 > 2,5, Encyc. pi. 64. fig. 8,9, jo. DeLamarck, Anim. sans vert. , tom. m» p. i'i4. n. 8. Se trouve dans la mer du Nord. Asc. orbiculaire, Ascidia orbicularis. Corps aplati , blanchâtre , sac intérieur , marqué de petits points élevés de grosseur inégale. Muiier s Zool. Dan. tab, 79. fîg. 1 j 2. En- çycl. pi. 65. fig. 9,10. GmH. i Syst. Nat. p, 0126. n. 17. Se trouve dans la mer du ÎJoTd. 126 niSTOlRE NATDUELLE Ascidie veinée , Ascidia venosa. Corps oblong, veiné de rouge, sac inté- rieur coloré de même. Mullcr , Zool. tab. 25. fig. i, 3. Encycl. pi. 65.fig.4,5,6. Lamarckf Anim. sans verl. tom. m. p. 124. n. i4- Se trouve dans la mer du Nord. Asc. membraneuse , Asc. intcstinalis. Corps cylindrique et membraneux, les ou- vertures tronquées non colorées. Gmel., Syst. Nat. p. 01 23. n. 5. Boliadsch. Anim. Mar. lab. 10. fig. 4* Se trouve dans la Méditerranée. Asc. huit dents, Ascidia. octodendata. Corps cylindrique et blanc, l'ouverture su- périeure garnie de huit dents , l'intérieure de six. Jcia , Hanv. 10. fig. 7. B , et fig. 8 , 9. GmeL, Syst. JNat. p. 3 128. n. 3o. Se trouve dans la mer du Kord. Asc. gélatineuse , Ascidia gelalinosa. Corps comprimé, couleur d'écarlatc, trans- parent , les ouvertures, de la mêine couleui. Bohadsch , Anim. Mar. tab. 10. fig. 3. En- cycl. pi. 65. fig. 2. Lamarch^ Anim. sans vert. tom. m. p. 125. n. i5. Se trouve sur les côtes de Portugal. DES ASCID lES. 127 Asc. quatre dents, Asc. qualridcntata. Corps globuleux , jaunâtre, les deux ouver- tures quadrangulaircs. Gmcl. , Syst. Nat. p. 5i25. n. 4« Se trouve dans la mer du Nord. Ascidie glaçon , Ascidia virglnea. Corps allongé, crislallin, et marqué de li- gnes transparenlcs , couleur d'écarlate , sac intérieur roiigcâlrc. Il/uficr , Zool. Dan. tab. 49. fig. 4* l'encyclo- pédie, pi. 65. fig. 1. Gmel. ^ Syst. JNat. p. 3i25. n. 12. Se trouve dans les mers du Nord. Ascidie prune, yiscidia pramun. Corps ovale, diaphane, une des ouvertures située sur le côté , sac intérieur blanc. Muller , Zool. Dan. tab. 04. iig. 1 » 2,5. Encycj. pi 65. fig. 1 , 2 , 5. Lamarck , Anim. sans vert, to n. m. p, 124. n. 7. Se trouve dans la mer du Nord. Ascidie sphérique, Ascidia s plicrica. Corps sphérique, uni, d'un vert noir, l'une des ouvertures très-petite. Voyez la planche 4, fig. 6, où elle est repré- sentée de grandeur naturelle. Se trouve très- communément sur les côtes de l'Amérique septentrionale, d'où elle a été '<;'poriée par Bosc. 128 KISTOIUE NATURELLE FODIE, FoDU, Bosc. Manteau fixé par sa base , ouvert de part ea part; la cavité partagée en deux tubes iné- gaux par un diaphragme perpendiculaire, qui contient les organes de la digestion. Ce nouveau genre a été découvert par Bosc, sur les côtes de l'Amérique septentrionale , dans la baie de Char^ leston. Il se rapproche beaucoup des ascidies; mais il s'en éloigne par deux caractères très iinportans, l'ouver- ture longitudinale du sac, et la dis- position perpendiculaire de l'esto- mac. L'espèce que Bosc a observée est membrano - cartilagineuse , presque cylindrique à l'eritérieur, arrondie à son sommet , ridée à sa surface , rou-r geâtre , parsemée de points plus rou-i ges. Le bord des trous supérieurs n'est point saillant ; et, au contraire^ il esl un peu rentrant, et irrégulière-i DES FODIES. 129 ment denté ou caroncule. Le bord des trous inférieurement , est garni d'un bourlet susceptible de s'aplatir et de se fixer sur les corps durs. Les tubes intérieurs ne sont point égaux en longueur ni en largeur. Le plus large est en même temps le plus court; il a, intérieurement, des stries et de petits tubercules qui s'étendent dans toute sa longueur , excepté contre le diaphragme, où on ne voit qu'une tache longitudinale qui indique l'es- tomac. L'autre est parfaitement uni dans son intérieur. La fodie se fixe , par sa base , sur les pierres, les morceaux de bois, les coquillages qui se trouvent enterrés dans le sable du rivage ; et alors elle devient une ascidie , c'est - à - dire qu'elle absorbe et rejette l'eau de la même manière. Lorsque la mer est basse, elle ibrme, comme certains coquillages, une fontaine jaillissante lOO HÎSTOiRE NATURELLE dans le sable, ce qui indique le lien où ii faiîl la chercher avec la bêche. Cet animal, comme on voit, est fort simple , et n'offre pas beau- coup de matériaux à l'observation. Les figures 2, 5 et 4 de la pi. 4? le représentent de grandeur naturelle , vu de profil, vu en dessous, et ou- vert dans son plus large côté. Bosc lui a donné le nom de fodie rougeâtre. MAx'\lMAlRE, MiMMARLd, Maller. Corps libre , ou globuleux, ou ovale , termi- né en dessus par une seule ouverture. Ce îrenre a été établi par Muller. Il est composé de mollusques gélatineux, très-petits, qui, quoique non fixés, ne se trouvent que contre les tiges des fucus, et autres plantes marines dans la mer du nord de l'Europe. Leur orgunisalion est encore plus Mol/as-çues. P1.4S. De^c'v,- Jel loi/e-i J'culp 1 La !Maiiniiaire iiiaïueloii !2 . 3 .4. La Foctie i'oix^eah?e o LAscidie papilleuse . o L'yS.scatlie splienijue . '7Y DES ?>rA.^Î.M AIRES. lOI simple que celle des ascidies, et ne présente rien de particulier à déve- lopper. Mamm. nrcimmelon^ M amui. mamella. Conique , ventrue , blanche. Encyclopédie , pi. 66. fÎ2f. 4- l^'oycz la pi. 4 , fig. i , où elle est représen- tée (le grandeur naturelle. Lamarck. , Anim. sans vert. toin. m. p. 139. n. j. Se trouve dans la mer du Nord. Mamm. variée , Mammarla varia. Ovale , blanche , variée de pourpre. Lamarch, Kniva, sans vert. tom. m. p. i5o. n. 2. Se trouve dans la mer du Nord. Mamm. globule, Mammarla glolmla. Globuleuse , cendrée. Lamarck , Anim. sans vert. tom. lu. p. i5o. n. 3. Se trouve dans la mer du Word. 1.12 niP.TOIRR NATURELLE '»'VVt'V\VWX*^VWWX/VW A'WWWVWVVX'VVWWVWVWVVWlW DES VERS PROPRE 31 EN T DITS. Les vers , proprement dits, sont des animaux sans vertèbres, à corps allongé, mou, contractile, articulé ou partagé par des rides transverses , plus oti moins distinctes, et à tête cohérente, c'est-à-dire , unie intime- ment au corps. Ils n'offrent ni corse- let distinct, ni pattes articulées, et ne subissent point de métamorphoses. Cette définition , qui est de La- marck, circonscrit les vers, propre- ment dits 5 dans leurs véritables li- mites; elle embrasse un assez grand nombre des genres de Linnœus . c'est-à-dire , tous les vers intestins , plusieurs de ceux des mollusques et quelques-uns de ceux des testacés. Les vers, proprement dits, se di- DES VERS. l35 visenl naturellement, A raison tic leur habitation , en vers extérieurs, c'est- à-dire, qui vivent dans la terre ou dans l'eau , et en vers intestins ou intestinaux, c'est-à-dire, qui ne se trouvent jamais que dans le corps des animaux. La manière d'être des espèces de ces deux divisions est si différente , qu'on est tenté d'en former deux classes distinctes; mais les nombreux rapports de levir organisation ne per- met pas même d'y penser lorsqu'on les a étudiées. Plusieurs des animaux de cette classe , tels que le lombric , ou ver de terre , la sangsue , la ta;nia ou ver solitaire , sont connus de tout le monde : mais le plus grand nombre échappe, par leur petitesse ,'Ieur ra- reté , ou le secret de leur habitation , aux recherches des hommes les plu^ exercés : aussi est-ce parmi eux qu'on Vers i. , \OL[ HISTOIRE NATURELLE a fait, dans ces dernÎL'rs temps, le plus grand nombre de découvertes. Il y a des vers constamment nus, d'autres qui habitent dans des four- reaux ou des tubes qu'ils se sont construits, soit avec les matières de leur propre transsudation, soit en aglutinant, avec ces matières ou avec de la soie, différens corps autour d'eux. Ceux qui vivent dans ces tubes n'y sont pas tous attachés comme les mollusques testacés dans leur co- quille; la plus grande partie en sort et y rentre à volonté. ïl n'y a peut- être même que les serpules et les spir; orbes qui ne soient pas dans ce cas. I Parmi les vers qui vivent habituel- I lement dans la terre ou dans les eaux, '* il en est qui ont dos organes extérieurs, et il en est qui n'en ont point. Cette considération à servi à Lamarck pour les diviser en deux sections. Les pre- miers sont donc plus composés que DES VERS. lOD les seconds, comme les seconds le sont plus que les vers intestins. Jls ont des yeux pour la plupart , des mâchoires cornées ou osseuses, des branchies externes et très-remarqua- bles, etc. Les vers privés des pattes écail- leuses ou membraneuses qu'on re- marque dans les larves des insectes, des chenilles, par exemple, se traî- nent on rampent sur le ventre; les uns à l'aide des poils ou soies roides dont ils sont recouverts en tout ou en partie , comme dans les aphrodites, les lombrics , etc. ; les autres par le moyen des deux extrémités de leur corps, qu'ils appliquent alternative- ment sur le plan qu'ils veulent par- courir , comme les sang-sues , les taenia, etc Deux ordres de muscles , dit Cu- vier , servent aux mouvemens des premiers. 55(> HISTOIRE NATURELLE Les uns s'étendent clans toute la longueur de leur corps, et forment quatre fiusceaux principaux , dont deux appartiennent au ventre , et deux au dos. Ces quatre muscles constituent , pour ainsi dire ,1a masse du corps. On les trouve immédiate- ment au-dessous de la peau. Leurs fibres sont parallèles, mais leur lon- gueur n'excède pas celle des anneaux. Ils sont interrompus dans les plis de chacun d'eux, par des espèces d'in- tersections que produit un tissu cel- lulaire serré. C'est à l'intérieur qu'on reconnoît plus manifestement l'orga- nisation de ces muscles. On voit qu'ils sont séparés par une ligne longitudi- nale, et enveloppés dans des espèces de poches d'un tissu cellulaire, trè& serré, qui répondent à chaque an- neau du corps. Ces quatre muscles produisent les plus grands mouve- mcns. Quand ceux du dos , par cxem- DES VERS. l57 pie, se contractent en tout ou en par- tie , ils relèvent la portion du corps à laquelle ils appartiennent. Le même efiet , mais en sens contraire , est produit par l'action contractile des muscles du ventre. Le second ordre des muscles , des vers , est spécialement destiné au mouvement des épines ou soies roi- des. Leur nombre égale celui des faisceaux de poils : ainsi, faire con- noître l'un d'eux, c'est la même chose que si on les décrivoit tous. Les soies, les poils, les épines, les tubercules , etc. , qui font plus ou moins saillie à la surface du corps de ces animaux, sont manifestement mo- biles. Ils rentrent et sortent à volonté. Les muscles qui produisent ces mou- vemens ne sont visibles que lorsque l'animal est ouvert, qu'il est privé de son canal intestinal, et que sa peau est retournée. Alors on remarque que l58 HISTOIRE NATURELLE chaque faisceau de poils est reçu dans la concavité d'un cône charnu dont la base est attachée aux muscles longitu- dinaux, et dont le sommet se fixe à l'extrémité interne des poils. Toutes les libres qui forment ce cône sont lon- gitudinales, mais enveloppées par un tissu cellulaire serré. Par leur contrac- tion , elles tirent les poils au-dehors et danslesensqu'ellesdéterminent. Cette première sorte de muscles , qui appar- tient à chacun des faisceaux de poils, pourroit être appelée , dit Cuyier, pro- tracteurs des épines. Le mouvement par lequel les épi- nes, sorties, peuvent rentrer dans l'intérieur , est produit par une autre sorte de muscles, qu'on pourrait ap- peler rétracteurs. Ils ont beaucoup moins de fibres que les premiers, aussi leur action doit-elle être foible. Tls sont couchés sur la surface interne des mi>scles longs, à peu de distance DES VERS. 1^9 des trous dont ceux-ci sont percés , pour laisser passer les poils; et ils s'insèrent au faisceau même des épi- nes, à-peu-prèsàlahauteurou celles- ci doivent entrer dans l'intérieur. On conçoit que lorsque les muscles pro- tracteurs se contractent, ilspoussent au dehors le rétracteur qui, lorsque celui-ci se contracte à son tour, tend à reprendre le parallélisme de ses fi- bres, et tire ainsi les épines en dedans. C'est à l'aide de ces muscles et des épines qu'ils meuvent, que ces vers changent lentement de lieu. Une autre famille de vers, dépour- vue d'épines et de soies, n'a pas la môjne organisation musculaire; aussi sa manière de ramper di£fère-t-elle beaucoup de celle des premiers. Ces vers se traînent à l'aide des deux extrémités de leur corps , qu'ils appli- quent alternativement sur le plan qu'ils veulent parcourir. En consé- quence , ils ont la tête et la queue ter- l4o HISTOIRE NATtJKEttK minées par une espèce de disque y charnu , contractile , qui ressemble un peu à ceux des sèches. L'organisation de ces deux disques , qui font l'office de ventouse ou de suçoir, n'est pas fa- cile à déterminer, car lorsque la peau qui les recouvre est enlevée, on n'y voit que des fibres très déliées, entre- lacées diversement. Quoique cet or- dre de vers soit très-contractile, on a cependant beaucoup de peine à recon- noitre les muscles qui meuvent leurs corps. En effet, toute leur peau peut être regardée comme un muscle ou, une espèce de sac charnu, à fibres cir- culaires et longitudinales, qui ren- ferme les vaisceaux, les viscères et les glandes. Cette peau niRSCuIaire est épaisse , et recouverte , intérieure- ment par un tissu cellulaire très-serré et très-solide. Lorsque le ver veut changer de lieu, son corps s'appuye sur l'une de ses ex- DES VERS. Iql Irémités , à l'aide de la ventouse qui la termine, ensuite il contracte isolé- ment les fibres circulaires de sa peau; alors son corps diminue de diamètre . et s'alonge. Quand son extrémité libre est parvenue ainsi au point sur lequel le ver a voulu la porter, ill'y applique, et le suçoir s'y colle pour devenir le point fixe d'un nouveau mouvement; car l'animal, après avoir détaché le premier suçoir, mis en usage, le ra- mène vers le second, à l'aide des fi- bres longitudinales de sa peau , et ainsi de suite. Voilà le mécanisme de la pro- gression des vers à disques terminaux, dont la sangsue' peut être regardée comme le type. Le second ordre de vers qui ne mar- chent qu'en s'appliquant par les deux extrémités de leur corps , comprend le plus grand nombre des intestinaux; ceux-ci ne sont pas aussi contractiles que les sangsues, et leurs mouvemens l42 HISTOIRE NATURELLE sont plu.s lents. Leur tête , au lieu d'ê- tre terminée par un disque, est quel- quefois armée de crochets à l'aide des- quels ils se cramponnent sur les par- ties qu'ils sucent : tels sont les taenia les échinorinques, etc. La disposition des crochets et leur courbure varient beaucoup. Il est très-remarquable que chacun deces modes de mouvemens appartient à une des divisions de Lamarck. L'organisation des nerfs des vers • présente, dans quelques espèces, un système très-distinct, et dans d'autres elle devient si obscure, qu'on a peine à en reconnoître l'existence. Dans l'aphrodite , on voit immédia- tement derrière les tentacules, placées au-dessus de la bouche, un gros gan- glion nerveux qui est le cerveau. Il a la forme d'un cœur, dont la partie la plus large et bilobée, et regarde en arrière. Il donne naissance à deux cor- DES VERS. l4'> dons qjii se réunissent et se séparent quatorze fois, et donnent, chaque fois, naissance à des faisceaux de nerfs qui vont porter la sensibilité à toutes les parties de l'animal. Dans les sangsues, le système ner- veux est formé par un seul cordon , composé de vingt-trois ganglions qui remplissent les mêmes usages que ceux de l'aphrodite. Dans le lombric il n'y a qu'un gros cordon , dont les ganglions sont ù peine apparens , mais qui part d'un cerveau formé de deux tubercules rap- prochés. Dans les néréides et les amphino- mes on trouve, sous la peau du ven- tre, un cordon longitudinal qu'on 1 pourroit regarder comme nerveux, I mais où on ne remarque pas de filets i latéraux. Dans l'ascaride, il paroît qu'il y a , deux cordons nerveux qui se réunis- l44 HISTOIRE NATURELLE sent au-dessus de l'œsophage. D'abord on n'y remarque que quelques points granuleux; mais ils augmentent gra- duellement , à mesure que les nerfs descendent , de manière qu'il est garni , vers le milieu du corps , de gros ganglions carrés , fort rappro- chés, qui diminuent de même jusqu'à l'anus. On n'a pas encore pu découvrir les nerfs dans les douves , les échinorin- ques et autres vers intestinaux; mais l'analogie conduit à croire qu'ils exis- tent et suivent une marche analogue à celle qu'ils ont dans l'ascaride. On peut voir, dans les leçons de (^uvier, les détails de cette organisa- tion , qui, ainsi que l'observe ce sa- vant , donne un cerveau particulier à chacune des articulations des vers qu'on vient de passer en revue, et sans doute de leurs congénères. On doit conrliire de cette remarque, que ]o^: DES VERS. 145 Ters n'ont pas un centre unique de vie, comme les autres animaux, que leur vitalité est répandue dans tout leur corps; et, en effet, on sait qu'ils ont, pour la plupart, la vie très-tenace, qu'on peut les couper en plusieurs morceaux sans qu'ils meurent, et qu'il faut presque anéantir leur organisation pour les faire arriver au terme où ten- dent tous les êtres animés. Les organes des sens sont extrême- ment peu prononcés dans les vers. Quelques-uns ont des yeux , comme on l'a observé ; mais ils sont immobi- les, et très-petits. Le sens du goût doit 1 exister, mais d'une manière très-obs- j cure. On ignore s'ils ont d'autre sens ; ou mieux; il y a lieu de croire que tous leurs autres sons se confondent dans H celui du toucher. Les moyens de respiration des vers varient beaucoup dans les espèces; mais elle est, en général, partout ])a- Vers.l. ,3 l40 niSTOlRE NATl-RELLE v sée sur deux seuls principes : dans les uns, tels que tous les intestinaux et les sangsues, les poumons consistent en un ou deux vaisseaux longitudinaux, tantôt simples, tantôt étranglés , des- quels partentà chaque articulation, de chaque côté, tantôt deux, tantôt un plus grand nombre de tuyaux, qui vont aboutir à la peau , à des trous qu'on appelle trachées. Dans les autres, dans ceux qui vivent dans la mer, les poumons ont souvent la même forme, mais leurs tuyaux latéraux vont abou- tir à la peau à un organe souvent très- composé, qu'on a appelé des bran- chies, dont l'usage est le même que celui des branchies des poissons, c'est- à-dire, qu'il sert à réparer, de l'eau, l'air nécessaire à la conservation de la vie des animaux qui en sont pourvus. Ces organes ont été décrits extérieu- rement par les naturalislcs , et on les mentionnera à chaque genre ; mais ils DES VERS. 147 ne l'ont p;is été par les nnatonii^tcs , et on ne peut en parler ici plus en détail. Le cœur, dans les vers, où il a été observé, se trouve ordinairement à la partie antérieure du corps. Il en part un ou deux vaisseaux principaux qui s'étendent dans la longueur du corps , et donnent des rameaux à toutes ses parties. Son mouvement de systole et de diastole est très-visible dans les grandes espèces, et même dans le lombric ordinaire. Les intestins ne consistent, en gé- néral , qu'en un canal , qui est tantôt droit , tantôt contourné sur lui-même, et qui aboutit, d'un côté, à l'esto- mac ou à la bouche , et de l'autre à l'anus; cet estomac n'est qu'une expansion de l'intestin , quelquefois simple, d'autrefois double, et même multiple. Les vers sont généralement ovi- ijS IIIMOIRE SATUiit;LLE pares et hermaphrodites; mais il en est beaucoup d'androgyncs. Plusieurs jouissent de plus de la faculté de régénérer leurs parties tronquées , même plusieurs fois. On a même prétendu que , coupés en deux ou plusieurs morceaux , chaque mor- ceau devenoit un animal complet ; mais , comme on le verra dans les généralités des genres, ce fait, qui n'a été appliqué qu'à deux ou trois de ces genres, n'est pas encore prouvé d'une manière irrécusable. Les organes de la génération sont , dans la plupart des vers , d'une très- grande simplicité ; dans d'aulres , ils sont plus compliqués. Ce sont ceux des hermaphrodites. Ils consistent en deux ovaires et un utérus pour les parties femelles, et une ou deux ver- ges, avec des vaisseaux spermaliques, pour les organes mrdes. Dans quel- ques espèces la verge paioît sortir en DES VERS. lijQ se déroulant comme les cornes des hélices. Les œufs écloseiit, soit de- dans , soit dehors du sein maternel. Dans les vers androgynes , on ne trouve pas d'organes milles de la gé- nération ; mais on voit des œufs, soit dans les ovaires, soit nae^eant dans nue liqueur particulière. Tels sont la plupart des vers à branchies et les tœnia. Ces animaux paroissent donc se suffire à eux-mêmes , ainsi que les mollusques acéphales. Tous les vers qui vivent dans les eaux et dans la terre, 'pondent leurs œufs au printemps. Ceux qui se trou- vent dans le corps des animaux peu- vent , sans doute, produire , en tout temps, puisqu'ils existent dans une température perpétuellement égale. On est fort peu avancé dans l'obser- /\alion des faits qui concernent cette partie de rhisloiic des vers; on doit en recommander l'étude à ceux que l5() lîISrolRE NATl'HKLLE icur posiliun met à portée de .s y li- vrer. 11 ne l'aut pas un grand degré de chaleur pour faire mourir les vers; mais ils soutiennent aisément un très-grand froid. Ils ont cela de com- mun avec tous les animaux à sang froid. Ils sont^ en général, très-sen- sibles aux divers cliangemens de l'air, et cherchent, en s'élevant ou s'en- fonçant dans l'eau, ou la terre, à se tenir toujours à la même température. L'état électrique de l'air a aussi une action puissante sur eux; et ils suc- combent souvent à son intensité ou à sa durée. Les vei^s marins, et même les lom- brics , jettent souvent pendant les té- nèbres un éclat phosphorique, ce qui, mdique une organisation particulière. C'est, en partie^ à eux qu'on doit la lumière que répand l'eau de la mer. Celle propriété cesse à la mort de l'a- D ES V ERS. 1 5l nimal. Elle est donc un produit de sa vitalité. On n'a pas encore d'opinion, l'ondée, sur les causes de cette phos- phorescence. La couleur des vers, qui ont des branchies, est quelquefois éclatante et métallique; celle des vers intestins est toujours pille. On conçoit bien la cause de celle de ces derniers; c'est un véritable étiolement ; mais celle des premiers est encore un mystère. Les vers intestins , dont il a déjà été question plusieurs ibis, intéres- sent si fort Ihomme, qu'ils exigent qu'on en parle ici d'inie manière par- liculièie. routes les classes du règne anmial .-.,iil la proie des vers intestins; ce- pendant celle des animaux à sani^ blanc semble être plus épargnée. Les poissons soiit les plus tourmentés. Lliommc , dès sa naissance, est aitaqué par les vers intestins. On a l55 HISTOIRE NATLKELLE mr;me vu des enfans en rendre avec leur méconium. Les uns vivent en troupe dans ses intestins, les autres en moins grand nombre; mais il n'en est point qui puisse n'y être que soli- taire, comme le nom des espèces du genre taenia l'indique. Ces derniers sont souvent plusieurs ensemble , chez l'homme comme chez les ani- maux. Les divers genres des vers intestins ont tous une manière propre d'agir sur l'homme. On en verra le détail dans les généralités qui précèdent cha- cun de ces genres. De tout temps la médecine s'est occupée des moyens de débarrasser l'homme et les animaux domestiques de ces hôtes dangereux, ou pour le moins incommodes; mais ce n'est que depuis peu d'années que les Na- turalistes ont fixé , d'une manière po- t^itive, la nature des sers intestins. DES VERS. 1J.> Quoique Linnacus, et, après lui, presque tous les naturalistes , les aient appelés vers intestins, ce n'est pas seulement dans les viscères de ce nom qu'ils habitent; on les trouve encore sur le foie, la rate, le pou- mon , le cerveau , et dans la graisse , le tissu cellulaire , même l'intérieur des muscles, comme on le verra aux généralités de chaque genre. Ils sont souvent ou extrêmement nombreux , ou d'une grandeur démesurée. Ils meurent tous peu de temps après qu'on les a tirés du lieu de leur domicile. La nature semble avoir placé leurs germes en eux-mêmes , leur avoir fourni les moyens de s'y développer , et d'y produire d'autres êtres sembla- bles à eux. Ils ne sont point digérés , quoiqu'ils s'avancent quelquefois dans l'estomac; leur peau coriace et en- duite d'une substance muqueuse, leur vie tenace qui lutte . .san.> cesse , l54 lîl^roJRE NATURELLE contre riictioii digcslivc, les en dc- Icndent. On a beaucoup disserté sur les moyens que la nature emploie pour introduire des vers intestinaux dans le corps des animaux, sur-tout ceux qui, comme les hydatides, vivent dans le foie , la rate , etc. Les sys- tèmes qu'on a imaginés pour expli- quer les faits résultans de l'observa- tion, ont été détruits successivement les uns par les autres ; et un esprit juste, qu'aucune passion n'égare , est aujourd'hui forcé d'avouer son igno- rance à cet égard. Il faut donc atten- dre que quelque personne, zélée pom' les progrès de la science, consacre un certain nombre d'années à des re- cherches dirigées vers ce but. On peut supposer que les œufs des ascarides, des tccnia, cl autres vers qui ne se trouvent (jue dans les intestins pro- prement (lits, y ont été apportes du DES VERS. l55 dehors ; mais on ne peut faire la même supposition pour les diverses espèces du genre hydatide, dont il vient d'être parlé. C'est donc dans le ventre de leur mère que les animaux prennent les germes de ces hydatides; c'est donc en disséquant de très- jeunes enfans , et même les foetus des animaux qui, comme le lièvre, sont très-sujets aux vers de ce genre , qu'on peut se procurer quelques lu- mières. Les vers intestins sont , presque tous, regardés comme ovipares par les Naturalistes; et, en effet, on leur trouve souvent des œufs. La plupart, comme on l'a dit, sont hermaphro- dites; mais cependant il en est quel- ques-uns qui, tels que l'ascaride lom- bric , ont les sexes séparés. On a prétendu que les vers intes- tins articulés , tels que les la;nia , pouvoient se reproduire par la sépa- î 5G HISTOIRE NATURELLE ration de leurs anneaux. On peut, douter de ce fait; mais il est certairrr que, tant que la tête, jointe aux pre-, miers anneaux, reste dans le corps, il sefiiit une reproduction continuelle des anneaux qu'on enlève. •■ C'est dans les animaux de ce genre, au milieu de chacun de leurs an- neaux, qu'on remarque ces singu- lières rosettes, que Linnseus a ap- pelées des ovaires ; et au milieu desquelles est un trou par où sont censés sortir les œufs. La bouche , ou mieux les parties qui entourent la bouche , dans les vers intestins, varie beaucoup pour la forme. Les uns l'ont simple, les autres l'ont composée. Comme ce sont d'elles que l'on tire les caractères des genres, il devient superflu d'en parler ici. Il en sera question , eu détail, dans les généralités de cliaque genre. DES VERS. l57 Ilestdesvers intestins dontriiomme et les animaux peuvent être clé})arras- scs plus ou moins facilement, par l'effet de certains remèdes et d'un ré- gime suivi. Ce sont ceux qui habitent le canal intestinal. îl en est d'autres contre lesquels tout l'art de la méde- cine est nul. On conçoit bien que ce sont les hydatides, toujours placées dans des lieux où les remèdes ne peu- vent atteindre directement. On trou- vera, à chaque article, le résultat de nos connoissances médicales à cet égard. Tel est, à peu prés, l'état actuel de nos connoissances sur les vers. Elles sont incomplètes , sans doute , ces connaissances : mais on doit espérer que l'esprit d'observation , qui do- mine en ce moment , les portera bientôt au point désirable. Vers I. i4 i58 HISTOn\E NATURELLE wvv*vvwwvvwvA\vwv\'vw\vwv\'\wvwvwvvww\wwwvw VERS EXTERIEURS. NEREIDE, Neueis, Linnœus. Corps allongé, articulé, à anneaux nom- l)rcux , garnis, de chaque côté , d'une ou deux rangées de houppes de soie, avec des mamelons courts, et en outre de bran- chies latérales en houppes ou en pinnules. Des mâchoires solides, et par paires à la bouche. Deux à huit filets simples à l'ex- trémité antérieure du corps. Les néréides sont des vers marins qui ont été appelés scolopendres ma- rines par les auteurs français. Elles peuvent , en effet , leur être compa- rées, car elles sont longues et appla- ties, composées d'un grand nombre d'anneaux , accompagnés d'un, deux D E s N i: R E I D E s. I J(J OU trois pieds de chaque côté; comme elles, elles se contournent de toutes manières, lorsqu'on les saisit, et cou- rent, ou nagent avec une grande vé- locité ; comme elles enfin , elles se ca- chenthabituellement, et saisissentleur proie au passage. Mais les néréides font plus que les scolopendres. Elles se fi- lent un léger réseau de soie dans les inégalités des rochers, des madrépo- res, des huîtres, ou autres coquillages à surface raboteuse; se font des trous dans la terre qu'elles garnissent de même, et qu'elles prolongent, quel- quefois, au-dessus de la surface , en aglutinant à leur réseau des corps étrangers. C'est de ses retraites que les néréides saisissent leur proie en fai- sant rapidement sortir , par élance- ment, la partie antérieure de leur corps qui étoit contractée. Bosca eu souvent occasion d'observer leur manœuvre. Ce sont principalement des jeunes vers l60 HISTOIRE NATLT.ELLK OU des polypes qui kur servent de nourriture. II 3^ a tout lieu de croire que les né- réides augmentent le nombre de leurs anneaux , à mesure qu'elles avancent en âge, car Bosc a observé de grandes variétés à cet égard; et presque toy- jours les plus grosses, dans la même espèce , en avoient le plus. Lorsqu'on coupe une néréide en deux OH trois morceaux, les fragmens continuent de se mouvoir pendant quelque temps , mais meurent en- suite , excepté la tête , qui est restée assez long-temps en action , sous les yeux de Bosc, pour qu'il soit fondé à croire qu'elle peut se conserver en vie et reproduire un animal complet. Linnicus a divisé ce genre en deux sections; la première comprend les néréides qui ont des mâchoires, et la seconde, relies qui ont une trompe. Cette division. ])orlaiit sur des parties DES KERLIDE-. l6l qui servent à la inanducatioii, iiitîiqiH' une org-ani^ation et une inaiiièie de vivre dilïérentcs, et ï^emble comman- der l'établissement de deux genres au moins. Lînnœus, de plus, a établi un genre sons le nom de térébelle , qui, d'après les caractères qu'il lui assigne, ne diffère des néréides que par le dé- faut de dents et la présence de cils aux tentacules de la bouche. Les premiers caractères sont les plus importans, et conviennent à la seconde division de SCS néréides. Aussi Bruguière, frappé de la difficulté d'établir d'une manière positive la ligne de démarcation des térébelles avec les anphinomes et les néréides , et considérant que les ani- maux qui le composent ont la même organisation générale , et absolument les mêmes moeurs, l'a supprimé, et en a distribué les espèces dans ces deux i genres. Avant lui , Pallas les avoil ' réunies avec les aphrodites. Lamarck îG2 HISTOIRE NATLRELLE a cûijsci'vé le genre térél)elle de Liu- nœus , en y reunissant plusieurs de ses néréides, et on voudroit pouvoir sui- vre son exemple; mais les observations de Bosc , sur plusieurs espèces, portent à croire que cci^ deux genres sont en- core très -imparfaitement connus, et qu'on ne sera en état de les diviser, convenablement, que lorsqu'on con- noîtra la forme de leur bouche, seule partie dont on puisse tirer des carac- tères certains pour l'établissement des nouveaux genres qu'on devra peut-être en extraire. En conséquence, on adop- tera ici, provisoirement, la manière de voir de Bruguière, et on commencera à exécuter le vœu ci-dessus, en éta- blissant, sous le nom de polydore, un genre qui a tous Içs caractères secon- daires des néréides ou des térébelles de Linnaîus, mais dont la bouche est dis- posée d'une manière diiTércnte. Quant au caractère tiré du fourreau Zoophtjle.\ P/ J2. DES NÉRÉIDES. iG.l membraneux dans les térébcUes de Lamarck , Bosc affirme qu'il ne peut pas être employé , parce que beaucoup de néréides, absolument néréides sous tous les autres points de vue, le for- ment également, et qu'il est si mince dans quelques espèces, qu'il se déchire sans qu'on l'appercoive. ' La description absolue de quelques espèces nouvelles découvertes par Bosc , pendant son séjour sur les côtes de l'Amérique septentrionale, com- plétera ce qu'on peut désirer de savoir sur les généralités de ce genre. Les néréides sont figurées, pL 55 et 56 de l'Eyclopédie. jN^é réides à bouclie armée de md- cJioires, ISéréide cuivrée , Nerels ruprea. peu dépriinùc , les pcdoncules anté- irs en panache ; cinq tentacules presque «"aies. k î64 nibTOiRE NATURELLE Eunicea cuprea. Savig. Hist. des Annal, p. 45. n. 4- ( In nota). Voyez pi. 5 , fio-. 1 , 2 , 3 et 4 , où elle est | représentée de moilié de sa grandeur natu- ' relie , et où on trouve sa tète, sa bouche , et une coupe de ses articulations grossies. | Tète peu saillante , portant cinq tentacu- ' les à sa partie supérieure ei antérieure; les «leux latérales plus petites, toutes portées sur ' des tubercules cylindriques et striés circulai- rement. Quatre tubercules coniques fort gros- , ses , placés au dessous des plus petites an- j tennes , bouche composée d'une lèvre inte- 1 ieure demi-circulaire fort épaisse ; de deux ' lèvres latérales, également épaisses, sépa- rées de la première, par deux petits corps blancs, triangulaires, dont Tusage est incon- nu; et de deux mâchoires latérales, concaves, noires , de substance cornée , et fortement dentées. Point d'yeux. Corps composé d'environ dtux cent dix articulations fort convexes, d'une couleur bleue-dorée trcs-brillante, les trois premières portant, de chaque côté, trois tentacules simples, placées au-dessus les unes des autres. Les soixante-dix suixantes ayant, de chaquc colé, un tubercule blanc , de la biise duquel sortent deux pédoncules, l'un , supérieur, presque aussi long que la largeur du corps, portant un pinceau de longs poils bruns iné- gaux ; l'autre , inférieur , plus court , portant à son S(»iiiuiet quelques poils roides , et à sa base un prolongement vn forme de corne. Tous les autres anneaux semblables, excepté fu'ils n'ont point de pinceaux. DES kÉ RÉ in ES. l()5 Queue articulée, l^lanche, ayant dos ten- tacules peu marquées , et à son extrémité un renllement , d'où sortent deux tubercules très-courts. Longueur moyenne , deux décimètres ; largeur, cinq millimètres. Cet animal s'éloigne un peu des néréides , par ses caractères et sa manière de vivre ; mais il ne peut cej)endant être rapporté à aucun autre genre. Comme les amphitrites , il se loge dans un tube cartilagineux , enfon- cé dans le sable de quatre à cinq décimètres, et prolongé au-dessus de sa surlace de deux à trois centimètres , par le moyen de mor- ceaux de bois, de fragmens de coquilles et autres corps étrangers réunis par une soie très-tenace. Ces tubes sont placés dans les parties de la côte que la mer abandonne dans les basses marées, de manière que l'a- nimal est alternativement sous l'eau et dans l'air. Au moindre danger , il se contracte au fond de son tube , auquel il s'attache par l'exti'émité de sa queue, de manière qu'il est fort difficile de l'obtenir entier , même après l'avoir fouillé avec la bêche. Rien de plus brillant que ses couleurs lorsqu'il est en vie ; lorsqu'il est mort , elles se transforment en un bleu terne. 11 est fort commun dans la rade de Charleston. Néréide iroiitale, Ncrcls fronialis. Aplatie, pâle, ponctuée de brun, une ^[rande tache rouge sur la tête, huit pédon- cules simples et sélil'ères. îOG ÎÎISTOiRE !N'ATrnELLE Eunîcca frojiialis. Savlf^ny , Sysl. des annélides. p. ^5. n. 4- ( In nota ). Voyez pi. 5 , lier. 5 , où elle esl représentée un peu plus grosse que nature. ïète plate , bouehe aimée de mâchoires très-courtes , accompagnées de huit tentacu- les , dont deux plus grosses et jilus longues; quatre yeux, entre lesquels est une tache ronde d'un rouge de brique foncé. Corps com posé d'environ soixante anneaux aplatis, blanchâtres , ponctués de brun, gar- nis chacun, de chaque coté, de deux pédon- cules qui portent des soies très-courtes. Longueur, deux centimètres. Largeur, deux millimètres. Cette espèce n'est point rare dans la baie de Charleston ; elle se fait des fourreaux de soie peu serrés, danslesin- terstices des pierres , dans les inégalités des coquilles, etc. d'où elle ne sort que lorsqu'elle y est forcée. Néréide fasciée , IScreis fasciata. Cylindrique, blanchâtre, fasciée de rouge; sept tentacules simples. Eunicca fasciata. Savigny , Syst. des annélides. p. ^5. n. 4- ( ^^ t^oià ). Voyez pi. 5 , fig. 6 , où elle est repiésentée du double plus grosse que nature. Tète avec des mâchoires; deux yeux; ten- tacules au nombre de sept, dont mie, c'est la plus longue, sur le front; deux en avant en des- sus ; deux en avant en dessous ; et deux la- térales, ce sont les plus petites. Corps composé d'environ soixante anneaux «ES NÉRÉIDES. 167 à tentacules , giniplos et courtes , de forme cyliudriqise , de couleur pâle ; fascié de vingt à trente bandes rouges , les premières plus larges et plus rapprochées. Queue courte, peu différente du corps- Long., un centimètre, larg. , un milimèt. Cette espèce n'est point rare dans la rade de Ghnrleslon , sur les pierres couvertes de vase , au milieu de laquelle elle se fait un léger fourreau de soie. N.de plusieurs couleurs, N. versicolor. Un peu aplatie ; les pédoncules aigus, por- tant des soies. Muitcr , Von Wurm. tab. 6. fîg. 1 à 6. Licorîs versicolor. Savicjn. , Syst. desanné- lides. p. 45. n. 1. {In nota). Se trouve dans la mer du Nord. N. phosphorique, ISercisnoctlLuca. Transparente ; à peine visible. Amcnit. Acad. 5. tab. 3. Gmei. Syst. ]Sat. p. 5ii5.n. 1. ^ Se trouve dans toutes les mers , et est phosphorique pendant la nuit. Néréide Irangée , Nereis fimbrlata. Aplatie; les pédoncules Giiformes , portant des tentacules en forme de lentilles. Militer ^ Von Wurm. tab. 8. fîg. i à 5, Eu- cycl, pi. 55. fig. 18 , 15 5 20. l68 HISTOIRE NATURELLE Lycoris fimbriata. Savign. , Syst. des annélides. p. 35. Se trouve dans la mer Baltique. Néréide armillairc , iY^r^/^ armil/aris. Un peu aplatie ; les pédoncules coniques ; les soies portant des tubercules en forme de lentilles. Mulier , Von Wiirm. tab. 9. fig. 1 , 5. Lycoris armiitaris. Savign. , Syst. des annélides, p. 45. n. 2. ( Tn nota). Se trouve dans la mer du Nord. . Néréide molie , ISorcis mollis. Des faisceaux de poils latéraux sur les pé- doncules. G 7nei. ^ Syst. nat. p. 3ii6. n. 5. Se trouve dans la mer du Nord. Nér. pélasgienne, Ncreis pclasgica. Convexe en dessus ; les pédoncules cou- verts de verrues. A/uHe?' , Von VVurni. tab. 7. fig. 1, 3. Bast. Opus. subs. 2. tab. 6. lig. 6. Encycl. pi. 55. fig. 0.1, 22 , 23. Lycoris feiasijica. Savign. , Syst. des an- nélides. p. 33. Se trouve dans tontes les mers. Néréide en tube, Nervis tiihicola. '? Un peu aplatie ; les pédoncules avec uai globule à la base. DES NÉRÉIDES. 169 Muilcr. Zoo\. Dan. 1. tab. 29. fig. i.5. JAus. Kircker ^ i3. fig. 8. 10. Encycl. 55. fig. j, 8, 9, 10 , n et 12. Ginet. , Syst. Nat. p» 3n6. n. 10. Se trouve dans la mer du Nord. Néréide norwégienne, N- norvegica. Convexe ; les pédoncules portant une plume. Muller, Zooi. Dan. 1. tab. 29. fig. i.5. Mus. Ktrc/ier , pi. i5. ^i^. 8. 10. Encyclopé- die , pi. 56 , fig. 5,6, j. Leodice norwegica , Lainarch, Anim. sans vert. tom. v. p. 223. n. 5. Se trouve dans la mer du Nord. Néréide pinnée, Ncrcis pimiata. Convexe ; les pédoncuies'portant plusieurs plumes. Millier , Zool. Dan. 1 . tab. 29. fig. 4. 7. En- C)cl. pi. 56. fig. 1 , 2 , 3 , 4- Leodice finnata ^ Lainarc/i , Anim. sans vert. tom. v. p. oaô. n, 5. Se trouve dans la mer du Nord, Néréide corniculée, iV. corninilata. TJn peu aplatie ; les pédoncules terminés par un prolongement , une soie trè«-longue , t-l un faisceau de poils. nhiUcr, Zool. ij'an. ?. tab. 5o. fig. 1, 4. Eiî- cvcl, pU S6. IW ? < a. îo -, 11. Vers 1/ :5 1^0 HISTOIRE NATURELLLE GmeL, Syst. N;it. p. Su?, n. ij. Se trouve dans la mer du Nord. Néréide pusille , ISereis pus'Uia. Aplatie ; les pédoncules à filamens articu- lés. Gmci. , Syst. Nat, p. Siij. n. 14. Se trouve dans la mer du Nord. Néréide fendue, ISereis incisa. Convexe; les articulations écartées; les pédoncules à filamens simples. Lycoris incisa, Savign. , Syst. des an^ nélides. p. 33. Se trouve dans la mer du Nord. N. aphrodite, ISereis apliroditcs. Aplatie; les pédoncules à filamens portant des soies. Lycoris wphrodites , Savign. , Syst. des annélides. p. 53. Se trouve dans la mer du Nord. Néréides à houclie en troinoe. Néréide bleue , ISereis cœrulea. Unie ; bleue. Gmel. , Syst. Nat. p. 31 ij. n, 7. te trouve dans la mer du Kord. DES NEREIDES. 1^1 Néréide v erte , Ncreis viridis . Aplatie ; la base des pédoncules lancto- lée. MuUcr , Von Wurm. tab. lo. fig. 16. Euiaiia viridis , Savign. Syst. des auné- lides. p. 45. n. 6. {In nota). Se trouve dans la mer du Nord. Néréide tachetée, ISereis macalata. Convexe; la base des pédoncules en cœur. MuUer, Von Wurm. tab. 10. fig. 1. Euiaiia maoïdata , Savign. , Syst. des annélides. p. 45. n. 6. {In nota). Se trouve dans la mer xlu JVord. Néréide épaisse , ISereis crassa. Aplatie; la trompe cylindrique; les pé- doncules rouges , portant des soies rameu- ses. Mutler , Von Wurm. tab. 12. fig. 1 , 3. Gnxel. , Syst. Nat. p. 0118. n. 17. Se trouve dans la mer du Nord. Néréide stellifère, ISereis stellifera. Aplatie; la base des pédoncules ovale. Mnllcr, Zool. Dan. 2. lab. 62. fig. i.5.En- cycl. pi. 56. fig. 16, 17,18. Lapii/ia stellifera , Savignj, Syst. des annélides. p. 45' »• 3. ( In nota ).' Jte trouve dans la mer du Nord. ï'^2 IHSrOlRE NÀTURELLL' ' Néréide ponctuée , ISercis punctata. Légèrement aplatie ; le poil des pédoncu- les très-long. M uller :, Zùo\. Dan. a. tab, Ga. fig. 4)5» Encyclop. pi. 5G. fig. 19 , 20. Cmel. Syst. nat.p. 0118, n. 19. Se trouve dans la mer du Word. Néréide blanche , Nereis alba. Convexe ; le front armé de deux cornes > les pédoncules divisés en deux parties. Multer , Zool. Dan. 2. tab. 62. fig. 6, 7. En- cycl. pi. 56. fig. 21, 22. Giycera unicornis , Savign. , Syst. des annélides. p. 0-. n. 1. Se trouve dans les mers du Nord. Néréide alongée, ISereis longa. Un peu aplatie ; des mamelons à la base des pédoncules. Gnicl. Syst. Hat. p. 0119. n. 22. Se trouve dans la mer du Nord. N. prismatique, Nereis prismatlca. Ti'iangulaire ; les pédoncules écartés; les mamelons simples, jiorlantdes soies. Ainytis 'prismatica , Savign. Syst. des annélides. p. 4^. n. 10. {In nota). Se trouve dans les mers du Nord. DES NE 11 El DES. Ij5 Néréide bifronte , NcJ^eis bifrons. Aplatie ; les mamelons des pédoncules simples , portant des soies , et en dessus des filets , dont le milieu est rameux. Poiynicc éifrons j Savign. Syst. des annùlides. p. 4^. n. 9. {In nota, ). Se trouve dans la mer du Nord. Néréide aveugle, JSereis cœca. Presque ronde ; deux tentacules très- courtes; les lames des pédoncules doubles et cili(''es. Jouis cœca , Saviq. , Syst. des annélides. p. 45. n. 5. ( In nota). 8e trouve dans la mer du Nord. Nér. sans branchies, iV. cbraïicldata. Cylindrique ; les pédoncules cylindriques courts , avec deux rangées de tubercules al- longés de chaque cùlé; les tentacules nulles. Paiias , Nov. Act. Pétrop. 2. lab. 5. lig. 5. 10. Gmel. , Syst. Kat. p. 3 120. n. 26. » Se trouve dans les mers d'Europe. Néréide lamelligère , N. lainelligcra. Cylindrique ; la trompe avecquatre jioin- tes couleur de chair; les pédoncules aplatis, en dessus , en demi-lune , et en dessous en coeur. PalkiSy JN'ov. Act. Pélrop. 2. tub. 5. fig. u. à 17. k 1^4 HISTOIRE NiTHRELLE PhijUodocc lainoliicjcra , Saviijn. Sy&t. (les annélides. p. 4^. Se Uouvc dans toutes les mers. Néréide ciliée , JSercis cUiata. Aplatie ; la bouche cylindrique , rélrac- tile ; le bord antérieur cilié; point de ten- tacules. Muller , Zool. Dan. 3. tab.89. fîg. 1.4. Gmci. Sysl. Nat. p. 0120. n. 28. Se trouve dans la mer du Nord. Néréide prolifère, IScreis proliféra. Aplatie ; les pédoncules en filets ; la ten- tacule du front solitaire. Muller , Zool. Dan. 2. tab. aS. lig. 5. 9. En- cycl. pi. 56. fig. 12 , i3, i4, i5. 6'«icé. , Syst. Nat. p. 3iao. n. 29. Se trouve dans la mer du Nord. D E s rOL\ DORE?. ] ^O POLYDORE , P ^■vnnn , Bosc. Corps allongé , articulé , à anneaux num- breux, garnis de chaque côté d'une rangée de houppes de soie , et de mamelons re- trac liles , qui portent les branchies à leur base postéiieuie. Queue articulée , nue , termiix'c par une ventouse prenante. Un trou simple, entre deux membranes , pour bouche. Les néréides, comice il a clé dit à leur article , comprennent des vers dont les uns ont une bouche armée de mâchoires, d'autres une bouche sim- ple, et d'autres une trompe; ce qui in- dique qu'elles sont dans le cas d'être séparées en plusieurs genres. Si on n'a pas eflectué leur division, c'est, comme on l'a dit, uniquement parce qu'on ne connoît pas assez en détail -les espèces déjà décrites, pour pou- voir assigner leur place avec exacti- tude. 1^6 HlbTOiilC KATTRELLE Bosc, pendant son séjour sur les côtes de la Caroline , a observé un ver qui se rapproche beaucoup des néréi- des de Linnœus et des térébelles de Lawaarck, mais dont la bouche est si , différente des espèces connues , qu'il t a cru devoir en former un genre nou- veau , sauf à y réunir par la suite, lors- qu'elles auront été mieux étudiées, les espèces de néréides ou de térébelles qui pourront lui convenir. Il l'a appelé Polydore, nom d'une nymphe de la mer de la suite de INérée. C'est celui dont les caractères viennent d'être rap- portés, j Mais une description absolue de l'es- pèce sur laquelle il a été formé , et que Bosc a appelée polydore cornue, polydora cornuta, mettra plus en état d'apprécier la valeur de ce genre que tout ce qu'on pourroit en dire. Tête accompagnée de deux mem- branes échancrées en devant^ super- DES POL Y DORE s, I77 posées l'une à l'autre, entre lesquelles est la bouche consistant en un simple trou rond et évasé. La membrane su- périeure plus longue , rétrécie en son milieu et portant à sa base quatre pe- tits yeux noirs. Deux tentacules ré- tractiles , d'un diamètre égal au tiers de celui du corps, £t d'une longueur égale et même supérieure à sa lon- gueur , partent latéralement de la base de ces membranes. Ces tentacu- les se contournent de toutes manières, et se réduisent par la contraction au tiers ou au quart de la longueur ci- dessus. f- Corps aplati; demi transparent, composé par environ vingt-quatre an- neaux peu sensibles, mais qui se pro- noncent fortement sur les côtes où ils sont très-saillans, très-minces et pres- que cornés. Ces côtes ont en-dessus une houppe de cinq à six poils roides, et en-dessous un pédoncule rétractile 178 niSTOIRE NA-MURELLE aussi loDi;,, !o!Sî;u'il esl développé, 1 que la largeur du corps. Ce pédoncule porte à son côté postérieur une série de petits mamelons fort rapprochés, vibrans continuellement , et dont le nombre est en raison de l'éloignement de la tête, les derniers en ayant da- vantage que les premiers; ce sont les branchies. Le cinquième anneau n'a ni houppes ni pédoncules, mais une espèce de nageoire placée en dessous et formée de poils. Queue articulée, de la longueur des quatre derniers anneaux sans houppes de poils, sans pédoncules, et termi- née en un demi-cercle supérieur et musculeux, par lequel l'animal s'at- tache aux corps solides, en absorbant l'air. Ce ver, comme les néréides, se ca- che dans les inégalités des pierres, des bois, des coquillages qui se trouvent dans la mer, et s'}^ fait un léger four*- DES POL Y DORE s. I79 reau de soie couvert de vase 11 est fort commun dans la rade de Charleston. Sa grandeur ne va guère au-delà de trois à quatre millimètres. La fig. ^j, pi 5. le représente très- grossî, et la fig. 8, mcjne planclie, re- présente la bouche vue au dessous et encore plus grossie. APHRODITE , ApHRODiTA , Linnœus. Corps ovalé , un peu aplati , subarllculé , ayant de chaque cùté des paquets d'épines ou de soies roides , disposées par rangées entremêlées de poils iuisans , et portant sur le dos deux rangées de branchies en écaille membraneuse , cachées sous un tissu feutré. Bouche terminale , simple ; deux filets près de la bouche. Ce genre, ici, ne conjprend qu'une partie des espèces de Linnœus , Bru- guière en ayant retranché quelques-' l8o HISTOIRE NATURELLE uues pour former son genre amphi- mone. Lesaphrodites vivent toutes dans la mer, de là vient qu'on est peu instruit de tout ce qui regarde la manière d'ê- tre, les fonctions et la génération de ces animaux. On sait, à la vérité , que quelques espèces ont les sexes séparés et sont ovipares; mais on n'a pu dé- couvrir l'issue par laquelle sortent les œufs. On sait de même que les plus grosses se nourrissent de coquillages, dont on trouve quelquefois des frag- mens dans leur estomac ; mais on ne peut rien établir de général à cet égard. On soupçonne encore que les petites espèces se nourrissent des liqueurs des autres mollusques par une véritable succion. Pallas a donné, dans ses mélanges zoologiques , une anatomie assez dé- taillée de la plus grosse espèce de ce genre, î'aphrodite hérissée; mais cette DES A PHRODITES. 1 Î5 1 «spèce, au dire de Bruguière, s'éloigne un peu des autres. C'est le plus brillant des Ters qui vivent dans la mer. Quand il est exposé au soleil, l'or, l'azur et le violet, brillent de tout leur éclat sur les poils dont il est couvert. Les amphitrites, sur-tout celle-ci , sont assez communes dans les mers d'Europe. On les trouve ordinaire- ment parmi lestas de fucus que la mef rejette sur les côtes. Bosc en a vu de grandes quantités, ainsi rejetées, sur la côte d'Espagne; mais toutes étoienf mortes , probablement par l'effet des coups de la vague contre les rocbers On trouve aussi les petites espèces su les fucus , les huîtres et autres coquil- lages à surface inégale qu'on pGcbe dans les lieux vaseux. Aphrodite hérissée, Aph. acalcata. Corps ovale , hérissé de poils piquans. Swamerd. Bib. nat. tab. lo. fig. 8. iG. ! Scba , fig. 1 . tab. 53. fig. 5. tab. 5o. fig. 1,2, Vers I. 16 l82 HISTOIRE NATURELLE 5.tab. 3.fïg. 7, S.PaUas , Mise. Zool. tab, 7. fig. 1. i3. Encycl. pl.6 fig. 6ài5. Halithea aculeata y Laniarchy Anim.sans vert., tom. v. p. 307.11. 1. Se trouve dans les mers d'Europe. Aph. longue tromi^e,Ap/i. longirostra. Corps écailleux ; trompe cylindrique, lon- gue , crénelée sur le bord. Penn. Britis. Zool. tab. 24. fig. 27. Se trouve dans les mers d'Europe. Aphrodite ponctuée, Aph. panctala. Corps oblong ; douze écailles dorsales y ponctuées , et vingt-cinq pieds de chaque côré. Afhrodita squammata. — Linn. Polias ^ Mise. Zool. tab. 7. fig. i3. A. D. Pcnnant.^ Brit. Zool. tab. 23. fig. 26. Encycl. pi. 6 1 . fig. , 21 à 26. Poiynoe squammata, Lamarck, Anim. sans, vert. tom. v, p. oog. Se trouve dans la mer du Nord. Aph. filandreuse, Aph. fdamentosa^ Corps presque cylindrique et blanc ; dos légèrement aplati ; onze écailles dorsales, et trente-cinq de chaque côté. Pailas, Mise. Zool. tab. 8. fig. 5, 6. Se trouve dans la mer du Nord. DES A P II r. O D 1 T E S. 1 85 Aphrodite Icpidole , Jp/ir. lepidopta. Corps oblong et comprimé; bande longi- tudinale sur le dos ; quatorze écailles dorsa- les , et trente-six pieds de chaque côté. Basier, Oj)us. tab.4. Cg. A , B, C. Encycl. pi. 6. fîg. 27 à 29. Gmei. Syst. nat. p. 3 109, n. 6. Se trouve dans les mers d'Europe. Ai^hroditerahoteuse, À phrodlta scabra. Corps légèrement convexe et pointu en ar- rière ; quinze écailles dorsales raboteuses , et trente-quatre pieds de chaque côté. Fotynoe scahra; Savicjn. Syst. des anné- lides, p. 26, n. 4- Se trauve dans la mer du JNord. Aphrodite cirreiise, A phroditcL cirrata. Corps pointu en arrière ; quinze écailles dorsales lisses ; trente-six ou trente-sept pieds de chaque côté Muiler Von. Wurm. tab. i4. Fab. Faun. Groenl. tab. 1. fig. 7. Encycl. pi. 61. fig. 17 et 18. Polynoe cirrata; Savign. Syst. des an- nélides , p. 26, n. 4- Se trouve dans la mer du Nord, Aphrodite pygmée, Aphrodlta minuta. Corps oblong et verdâtre ; cinquante - six écailles dorsaks , et quarante-huit pieds de chaque côté. iS'l HISTOIRE NATURELLE Poiynoc minuta-, Savign. Syst. des annè- Jides , folio 26, n. 7. Se trouve dans la mer du Nord. Aphr. scolopendre, Aplir. scolopendra. Corps long et blanc ; cinquante-fix écailles dorsales , et soixante pieds de chaque cùlé. Se trouve dans la mer du Nord. Aphrodite ariiiadile Aphr. annadlUo. Corps oblong, convexe , avec vingt-quatre écailles unies et ponctuées de brun; autant de pieds. Voyez la planche G, fîg. 1, où elle est repré- iientéc grossie du double. Tèie très-petite , couverte d'une écaille fpresque en cœur; filamens accompagnés de irois soies plus petites qu'eux ; quatre yeux ort peti ts. Corps ovale , allongé, composé de douze anneaux convexes, couverts chacun de deux écailles en recouvrement, et donnant , de chaque côté , attache à deux paquets d'épi- nes, et à une tuntacule en forme de pied. Les écailles grise:*, tachetées de points bruns. Anus coi'Tt d'une écaille échancrée , et accompagné de rin^ soies. Celle espèce a ée décrite et dessinée par Bosc , pendant soi séjour en Caroline. Elle est assez commune dans la baie de Charles- Hon , où elle se cache spus les pierres , dans es trous, et se met en boule , comme les clo- portes , aussitôt qu'on la touche. Elle se rap- proche de l'aphrodite ponctuée. DES AMPIIINOMES. I 85 AMPHINOME , AMPHiNom: , Bru dos œufs dans Fampliitrite cirreusc. 11 est probable que cette organisation est commune à toutes les espèces, ainsi qu'aux néréides, aux amphinomes et aux apbrodiles. Pallas, qui a fait l'anatomie de plu- sieurs amphitrites, leur a trouvé un œsophage , un estomac , et trois tubes semblables à des intestins, dont l'un lui paru remplir les fonctionsdu cœur , ou du moins former le principal foyer du système vasculeux. Bosc, qui a observé une espèce d'amphitrite sur les côtes d'Amérique, a remarqué qu'elle vivoit de petits vers, qu'elle déterminoit à entrer dans sa bouche , par le tourbillon d'eau qu'cxcitoit le mouvement de leurs nombreuses tentacules. ylniphitrites ai^ec des tentacules. Amphitrile ventrue, Ampli, ventricosa. "^ Corps aplati en dessu? , Irès-veulru , anlc- g6 KISTOÎKE NATÎRELLE rieurement en dessous ; la huiïche en forme d'onglet; deux branchies deux Fois ramifiées, sous un grand nombre de tenlaculcs inégales. 7'erebcUa ventricosa; de Lauiarck , Anim. sans vert. toin. v. p. 554. "• •^• Voyez pi. 6. fig. 4, 5 et 6, où elle est repré- sentée en dessus et en dessous très-grossle , et une de ses tentacules laaieuses encore plus grossie. Bouche en forme d'onglet concave en des- sus, rétiactile, entourée inférieurement d'une trentaine de tentacules blanches inégales, der- rière lesquelles , c'est-à-dire en de>feOus de la bouche , se trouvent deux branchies rou- geàtres rétractiles, qui au milieu de leur lon- gueur , se divisent en trois ou quatre bran- ches très-flexueuses, su bdivisées en grand nom- bre de petits rameaux également Uexueux. Point d'yeux. Corps aplati en dessus , très-ventru en des- sous dans la partie antérieure, composé par environ cinquante anneaux ;iccompagnés, de chaque côté , d'un tubercule en iorine d'é- pine simple. Longueur, deux à trois centimètres. Lar- geur, trois millimètres. Cette espèce est très-voisine de l'amphitrite papilleuse ; elle se trouve très-abondamment dans la rade de Charleston, sur les vieilles co- quilles à surface inégale , où elle se l'ait un lourreau , peu solide, avec des débris de vé- gétaux marins ou autres. Amph. papilleuse. Aux pli. cristata. Corps presque cylindrique ; deux branchies DES AMP IIITR J TL <. If);^ ramifiées; des tentacules en grand nombre , six lois plus courtes que le corps. A/w^/eî-, ZooI.Dan. lab. 70. fig. 1. 4- Encycl. pi. Sj.fig. 1, 2, 5, 4. Terebelta cristata\ de Lamarck, Animaux sans vert. tom. v. pag. 554. n- 2. Se trouve dans la mer du Nord. Amph. coquillière, Ampli, coiicliyiega. Corps cylindrique et allongé; trois bran chies rouges et ramifiées de chaque côté ; tentacules nombreuses, de longueur iné- gale. Kœhler , Act. Holm. tiib. 5. fig. A. PaUas^ Mise. Zool. tab, 5. fig. 14. 22. Encycl, pi. Sj. fig^ 5,6,7,8,9. Tere'beita conchilcga ; de Lamarck, Anim. sans vert. tom. v. p. 553. n. 1 . Se trouve dans lesraers d'Europe. Ainphitrile cirreuse, Amph. clrrata. Corps cylindrique et rouge, trois branchies, divisées h la base de chaque cùlé ; tentacules moitié plus courtes que le corps. Millier, Von. Wurm. tab. i5. 3/arlin. Gesch. dcrnatur. 2. tab. 55. fig. 1, 2. Tcrcbella cirrata ; Savign. Syst. des anné- lides, p. 86. n. 3. Se trouve dans la mer du Nord. Ainpliilrite (loi'ée, Amph. aaricoma, Tèlc ornée i!e deux houppes dorées, roides 198 HISTOIRE KlTliRELLE et en éventail ; ilfux branchies en forme de faux , et deux cirres filiformes de chaque côlé. Muller , Zoo!. Dan. tab. 26. fig. 1 , 6. En- cycl.pl. 58. fig. 10, 11 , 12 , i5 , i4 » i5- Pectinaria ■ùeigica; de Larnarck ^ Anim. sans vert. tom. v. p. 35o. n. i. Se trouve dans la mer du Nord. Amph. du Cap , Ampli. Capensis. Corps cylindrique; tête convexe , ridée et ornée de deux houppes roides, dorées et re- courbées ; deux branchies en forme de faux de chaque côlé ; tube corné el fibreux. Pailas , Mise. Zool. tab. 9. fig. 1 , 3. Ency. pl.57.fig. i3,i4. PccUnaria cwpcnsîs; de Lamarcli , Anim. sans vert. p. 55o. n. 2. Se trouve dans les mers voisines du Cap de Bonne-Espérance. Amph. Belgique , Amphirite Belgica. Corps presque cylindrique ; tête tronquée obliquement, concave, et orné de deux houppes dorées et recourbées , deux bran- chies en forme de faux de chaque côté ; tube arénacé. PaUas , Mise. Zool. tab. <). fig. 5 à i5. En- cycl. pi. 58. fig. 1 à 9. Pectinaria hcitjica; de Lamarck y Anim. sans vert, tom, v. p. 55o. n. 1. ,- Se trouve dans les mers d'Europe. DES AMPHIJ RITES. !()(} AmpJiitrlies privées de tentacules. Ampli, réniforme , Amph. rcniformis. Deux branchies plumeuses, réunies en forme de rein , support des plumules arqué; tube de la consistance du cuir. Ululier . Von. Wurm. tab. i6.flg. 1,2,0. Encycl. pi. 58. fig. 18 , 19, 20. Se trouve dans les mers du Nord. Ampli, pinceau , Ampldtr. peniccUus. Deux branchies plumeuses ; supports des plumes: droits et allongés ; tube cendré , et ondulé à la base. Eiiis. pi. 55, Encycl. pi. Sg. Pallas , Mise. Zool. tab. 10. fig. 1. Aiiiftiitritc fenicetlus ; de Lamarc/,' , Anim.sans vert. tom. v. p. 556. n. 2. Se trouve dans la Méditerranée. Amph. pennacée, Ampldtr. pennacea. Quatre iiranchies plumeuses au iront ; les jntcrmîdi.:ircs plus grandes. Se trouve dans la mer du Nord. Arnphitriic cornue. Ampli, rornut. Deux petites cornes simples horizontales, îSe trouve dans les mers d'Europe. 200 HISTOIRE ^SITIRELLF. Amph. plumeusc. Ampli, piuiuosa. Un long cirre de chaque cùtc ; les bran- chies couvrant la lèle , et les tentacules pé»ii- formes. A mfhitrite 'plumosa ; Savign. Syst. des annélides. p. 91. {In nota.) Se trouve dan» la mer du Nord. SERPULE , SjïRPUf.À, Liiinœas. Corps cylindrique, atténue postérieurement, ayant à son esîrémlté antérieure deux fiiis- ceaux de filets plumeux , ou une rangée circulaire de filamens pennacés , consti- tuant ses branchies. Trompe en massue, tronquée, pédicellée, sortant entre les bran- chies. Tuyau calcaire , solide , fixé sur les rochers, ou diversement entortillé. Les serpules avoient été placées par tous les Coijchyliologistes parmi les coquilles, et en eiVet leur tuyau est de même nature. Mais Lamarck , fondé sur la forme de l'animal, les a portées- parmi les vers dans le voisinage des V DES SERPlîLES. 2(>1 amphitrites , avec lesquelles elles ont beaucoup de îapports. Avant cet utile redressement , Bruguière , Daudin , et Lamarck lui - même , avoient déjà formé avec le serpala pennls et le ser- pida anguina de Linnseus , deux nou- veaux genres sous le nom d'arrosQir et de silicaire, qui sont restés, faute de connoitre leurs animaux, parmi les coquilles, ainsi qu'on l'a vu à leur ar- ticle. Outre ces soustractions du genre serpule de Linnœus, il faut encore en ôter les spirorbes, que Daudin, Bosc et Lamarck, ont reconnues devoir for- mer un genre distinct, comme on le verra ci-après. Le genre serpuie ne restera donc composé certainement, que de deux espèces de Linnccus dont les animaux sont connus, et de deux espèces nou- velles rapportées par Bosc ; mais on croit devoir leur réunir , provisoire- 302 HîSTOmi: NATÏ'RELLE ment, toutes les espèces anciennes dont la coquille seule est connue. On y réunira également les vermets de Daudin (i), qui diffèrent beaucoup des vermets d'Adam, et se rapprochent in- finiment de la serpule hexagone de Bosc, qui est certainement une ser- pule. Les serpules se trouvent dans toutes les mers. Plusieurs ont leur test fixé seulement parleur extrémité; d'autres sont entièrement couchées et attachées sur les coquilles et autres corps durs; d'autres enfin sont renfermées dans les éponges, les fucus et autres corps analogues. Quelques espèces vivent en familles nombreuses , entrelacées les unes avec les autres; mais la plu- (i) Voyez rinlcMcssaiit recueil (ic ses Mé- moires sur les mollusques , les vers et les zoophites ; chez F%tcfi. (Paris, 1800. ) , page.- 32. DES S E R P Jî L E S. 20J part paroissent être des animaux soli- taires. L'animal des serpules varie. Tantôt les branchies sont réunies en deux fais- ceaux opposés, composés d'un plus ou moins grand nombre de plumuies; tantôt elles sont isolées, et embrassent le contour entier de l'ouverture du tuyau. Mais, dans ces deux cas, il sort de leur centre une masse pyritbrme longuement pédicellée, dont le pédi- cule est susceptibled'allongementetde contraction. Cette masse est tronquée à son sommet, et de ses bords nais- sent un plus ou moins grand nombre de tentacules courtes, contractiles, au centre desquelles est, sans doute, la bouche ; elle a été fort justement ap- pelée trompe par Lamarck , quoi- qu'elle ne remplisse pas complètement les fonctions que ce nom suppose. Cu- vier l'a mal à propos confondue avec l'opercule, dont elle ne remplit pas !Î04 HISTOIRE NATURELLE l'objet ; car quelques espèces, dont une a été rapportée par Bosc, en ont un distinct. Lorsque l'animal des ser- pules se croit hors de danger, il fait sortir sa trompe , et développe ses branchies de la manière dont on le voit pi. 7 et dans Dargenville Zoomorph. pi. 1 fig. [\. Alors il fait vibrer conti- nuellement les tentacules qui sont à l'extrémité de sa trompe, et absorbe, par leur moyen, les petits animaux dont il se nourrit. Bosc a souvent ob- servé leur manœuvre sans pouvoir s'assurer de la nature des objets qu'ils saisissoient, et il est porté à croire que ce sont principalement des polypes in- fusoires. La description détaillée des deux espèces nouvelles que ce Naturaliste a rapportées des côtes de l'Amérique, suppléera à ce qui manque à cet ar- ticle. On trouve souvent des serpulcs fos- £. JJoUiu'i'qiu'S J)e^. tab. 86. fig, 7. 9. Eltis. (Ici al. tab. 38. fig. 2. DES SERPVLES. 2()r Serpula vermioularisi ; de Lam. , Anini . sans vert. tom. v. p. 362. n. i. Se trouve sur les côles d'Europe. Serp. nautiloïde, Serp. naatiloides. Aplatie, oblongue , verruqueuse , cloison- née ; les cloisons en croissant et très-fragiles. Schroet , K. Li Itéra t. tab. 3. fig. 22 et 25. Gmel. SysL ISfat. p. 3j39. n. 1. Se trouve dans la mer du JXord. Serpule sillonnée, Serpula salcaia. Test rampant, flexueux, avec quatre larges sillons longitudinaux. Ou Serpula sulcata ? de Lamarck , Anini. sans vert. tom. v. p. 36-. n. 22. A été observée par Bosc , sur une coquille fossile du genre des huîtres , qui se trouve à Montmartre, à Montmorency et autres lieux. Serpule carénée, Serpula carenata. Test rampant , flexueux , avec une carène très-prononcée sur sa partie supérieure. Se trouve sur la coquille fossile précitée. Serpule semence, Serpula scminulum. Ovale , glabre , régulière , libre. Guait. Test lab. 10. fig. S. Piancus. Gonch. tab. 2. fig. 1. Martin. Concb. 1. tab. 3. fig. 22 a ., é. Gmet. Syst. Nat. p. 3729. n. 2. 2o8 nrsTOiRE naturelle s Se trouve dans la mer Adriatique , la mer î\ouge , et fossile près de Cassel. Serpule tortillée, Serpuia intricata. Filil'orme, cylindrique, courbe, rude. GueMard , 3. pi. 6. fig. 12 , i5. , Gmcl. Syst. JJat. \).'b~^i. n.~. | Se trouve attachée aux coquilles , dans la ' Méditerranée et la mer des Indes. Serpule lilograine , Serpala filograma. > Capillaire , rameuse , réunie , se liant et ' s'anastomosant. Séha^ Mus. 3. tab. 100. fig. 8, Boco. Mus. tab. 2. fig. 2. fig. ï3. et tab. 7. fig. 2. Guettard, 4. tab. 6. fig. 14. Sohroet. 6. tab. 2. fig. 12. Serpuia fdograna; de Laviarck ^ Anim. sans vert, tom v. p. 364- n. 12. Se trouve dans la Méditerranée et sur les ^ rotes du Calvados. Serpule graine, Serpala gramdata Cylindrique, spirale, réunie; le côté su>- périeur avec trois stries élevées. Serf ula gramdata ; Savig. Syst. des anné- lides, p, 74. n. 4- Se trouve dans la mer du Nord. Serpule chambrée, Scrp. polytliamla. Cylindrique, diaphane, unie, droite, cham'- bîée intérieurement. DES SE II PILE S. 209 i^Mmp/^. Mus, tab. 4i. fig. D. E. Martin, Conch. 1. tab. 1. fig.6. Gmcl. Syst. nat. p. 3742. n. i5. Se trouve dans la Méditerranée et la mer des Indes. C'est probablement une espèce pro- pre à entrer dans un genre nouveau. Serpule hérissée, Scrpula échinât et. Presque cyliadrique, contournée, roiîgeâtre^ avec plusieurs rangs d'épines. Gualteri , tab. 10. fîg. R. Martin. Concli. 1. tab. 2. (ig. 8. Scrpula echinuta ; de Lamarck. Anini. sans vert. tom. v. p. 566. n. 21. On ne connoit pas son lieu natal. Serpule ocre, Scrpula ocrea. Arrondie , striée , brune. Rximphius , Mus. tab.4î. fig. K- Martin. Conch. 1. lab. 1. fîg. 9. Gmcl. Syst. nat. p. 5744- n- 19- Se trouve dans le mer de Indes , attachée aux coraux. Serpule allongée, Scrpula protcnsa. Unie, bâillante, terminée en pointe, annc- lée par des plis. Rumfhius , Mus. tab. 4'' ^g- •^- iûartin. Conch. 1. tab. 2. fig. N. A. Serfula protcnsa; d& Lamarek , Anim. sans vert. tom. v. p. 364. n. S. Se trouve dans la mer des Indes et dans celle d'Amérique. 210 HISTOIRE NATl RELLE Serpule sautoir , Serpuia decussata. Cylindrique, rugueuse, contournée, striée en sautoir , rouge , le dedans blanc et uni. Lister , Gonclî. tab. iSj. fig. 4» Martin. Conch. 1. tab. 2. fig. 17. Scrputa decussata; de Lainarck, Anim. ^àns vert. tom. v. p. 365. n. 7. On ignore son lieu natal. Serpule bec, Serpala proboscideu. Unie , blanche; la partie plus large, droite et plisséc transversalement. Martin. Conch. 1. tab. 2. fig. 18. A. B. Gtnel. Syst. nat. p. 3-^5. n. 22. Son lieu natal est inconnu. Serpule cierge, Serpala cereolus. Cylindrique , unie , jaune , plusieurs fois C(jn tournée. Davillu , Catal. i. tab. 4- fig • E- Martin. Conch. 1. tab. 3. lig. 20. E. S erpula cereolus ; de Lainarch^ Aaini. sans vert. tom, V. p. 564- n.'ii. Se trouve sur les côtes d'Amérique. S. conic (J'aboiulance, S. cornucopio. Conique, jaune, lasciée de brun; le milieu torhieux et cylitidiiquc. />y?». Mus. Caetj. Vind. cesl. tab. i3. fig. 10. DES s ERP 11 LE s. 211 Gmel. Syst. nat. p. 07/^6. n. 29. On ignore son pays natal. Serp. cnlonnoir , Serp. infundlbalum. Cylindrique, hlancbe , striée, tra nsversoie Irois fois contournée ; le premier tour se réunissant au cinquième pour former une espèce d'entonnoir. Martin. Bescb, Berl. Naturf. 3. tab. 12. fig.i. Secpula infundiéulum ; de Lam. , Anim sans vert. tom. v. p. 564- n. 9. Se trouve dans la nier des Indes. Serp. pyramidale, Serp, pyramidalis. Cendrée, convexe en dessus , contournée en pyramide ; les tours décroissans en dedans. Sfengi. Besch. Berl. Naturf. 2. tab. 9. fig. 3.5. GmcL Syst. nat. p. 5-46. n. 29. Se trouve dans la mer des Indes. Serp. denticulée, Seyy. denticulata. Blancbe, cylindrique, en alêne, avec une dent droite sur le côté , une strie longitudi- nale , élevée dans le milieu ; le bout courbé. Schroet^ Einl. in Conclu 2. tab. 6. fig. 19. Gmel. Syst. nat. p. 0746. n. 5o. Se trouve fossile à Malthe. Sc'i*]). Norwégienne , Serp. JSorwegica. Cyiindiique , unie, recourbée ; la base avec 212 HISTOIRE NATURELLE des spires peu marquées; la bouche tronquée obliquement. Act. JVidr. 4- tab. 2. fig. 11, i5. Gmel. Syst. nat. p. "bj^G. n. 32. Se trouve dans la mer de Worwège. Serpule indienne, Serpula Indica. Contournée, avec une saillie le long du dos. f^ermetus indiens, — Daudin. Recueil de Mémoires, etc. fig. i8 et 19. Se trouve sur les coquilles qui viennent de i'Inde. Son opercule prouve qu'il éloit habité par une térébelle. Serpule poreuse , Serpula porosa. Contournée , avec une saillie le long du dos, et deux latérales, toutes percées par une ligne de trous fort rapprochés. Daudin, Recueil de Mémoires, etc. fig. 21 et 22. Se trouve dans l'Océan indien , sur les co- quilles. S. à cinq côtes, Serp. qalnque costata. Contournée, à cinq côtes longitudinales, toutes crénelées. Daudin, Recueil de Mémoires, etc. , lig. 22. On ignore sa patrie. Serpule tridentée, Serpula tridcntata. Demi - transparente, avec une petite côte DES SriR ORBES. 2 I ,> longitudinale , légèrement crénelée , et une bouche ronde, relevée, armée de trois dents. Dmidin, Recueil de Mémoires, etc. fig. 20 et 24. On ignore sa patrie. SPIRORBE , Spjrorbis, Daadin. Corps cylindrique, atténué postérieurement, ayant à son extrémité antérieure quatre branchies plumeuses, rétractiles, et une ten- tacule épaisse, bifide. Opercule uni, globu- leux , charnu, pédoncule, rétraclile. Il est contenu dans un tuyau solide , testacé, ré- gulièrement contourné en spirale orbicu- laire, discoïde et adhérent aux corps ma- rins. Ce genre , comme il a été dit précé- demment, avoit été confondu par Lin- naeus avec celui des serpules , dont il diffère par la coquille , toujours régu- lièrement contournée, et par l'animal qui l'habite. Daudin, le premier, l'en a séparé , et a fixé son caractère dis- linctif. Lamarck a eu la même opi- nion , et de plus a porté ces deux gen- ï 3l4 HISTOIRE NATURELLE res parmi les vers, attendu que leurs animaux ne sont point des mollus- ques. Les spirorbes sont toujours fixées dans le sens de leur largeur sur les coquilles , les fucus , et autres corps inanimés qui se trouvent dans la mer. Bosc a vu les fucus, qui nagent en si grande abondance dans la haute mer, en être entièrement couverts. La spire de cette coquille est orbi- culaire, régulière, à trois tours, plus petite au milieu , partout légèrement carénée sur le dos ; l'ouverture est presque ronde, un peu oblique, ce qui lui donne beaucoup l'apparence d'une hélice planorbe. L'animal qui l'habite est fort voisin des amphitrites. Il a quatre branchies plumeuses attachées à la base d'une tentacule épaisse et bifide, et de plus un opercule demi-globuleux, charnu, pédoncule , rétractilc. Cet opercule DESSPIRORBES. 2l5 n'est point entouré de tentacules , comme la trompe des serpules. II sert très -fréquemment à l'animal, qui . au moindre danger , se con- tracte, et 5 par son moyen, forme Touverture de sa coquille. Le nombre des spirorbes connues n'est pas très-considérable; mais il y a lieu de croire que ce genre est abon- dant en espèces, et que la petitesse des coquilles , le peu de différence qu'elles présentent , sont probable- ment les causes qui les ont fait laisser dans l'oubli. On en rencontre quel- quefois de fossiles adhérentes aux co- quilles. Spirorbe planorbe , Spirorbis planorbis. Aplatie. Serfula 'pianori/is. — Linn. — PlanorbisiGmel. Syst. nat. p. 5j4o. n. 5. Se trouve sur les coquilles de la haule raer. Spirorbe spirille, Spirorbis spiriUeus. Demi-transparente. ^2îÛ li i S rO U\ E N ATVRELLE Serpula spiriiieus. — Linn. Plancus , Conch. Cal. fig. 8. 3/artîn. Goncli. i. tab. 3. fig. 20. C. D. PaUos, ]Nov. Acf. Pétror. 2. tab. 5. fig. 21. Spirortis sfirillutn; de Lamarck, Anim. sans vert. tom. v. p. 559. n. 2. Se trouve dans l'Océan et la Méditerranée, attachée aux sertulaires et autres zoophites. Palias a figuré son animal. Spirorbe commune , Spir. communis. Canaliculée en dessus. Serpula spirovbis. — Linn. Lister. Conch. tab. i53. fig. 5. Guattcri, Test. tab. 10. fig.O. Martin. 1. tab. 5. fig. 21 à 6.0. Sfirorbis nautoloides; de Lamarck, Anim. sans vert. tom. v. p. Soq. n. 1. Voyez pi. 7. fig. 3 et 4, où elle est représen- tée très-grossie avec ses tentacules encore plus grossies vues de face. Se trouve dans la haute mer , attachée aux fucus et aux zoophites. Spirorbe épaisse, Spirorbis porrecta. Unie, cylindrique ; !a spire, vers la bouche, relevée et courbe. S erpuia porrecta; Gmel. Syst. nat. p. 3646. 53. Se trouve dans l'Océan septentrional. Spirorbe vitrée, Spirorbis viLrea. Demi-transparente, brillante , rugueuse; la bouche plus épaisse. DES SPIRORBES. 2I7 Serpuia vitrea. — Linn. Serpuia vitrea ; GmeL Syst. nat. p. jj^G. D. o4> Se trouve dans la mer du Nord , adhércule aux fucus, aux testacés et aux pierres. Spirorbe treillis, Spirorbis cancetlata. A trois sillons ; le sillon inférieur i n t errom pu par des saillies transverses ; l'ouverture bidcn- tée. Sevpula canceUata. — Linn. Serfula cancelluta ; Gmei. Syst. nat. paî^. 074.6 n. 55. Se trouve dans la mer du Word. Spirorbe éloilée, Spirorbis steilarls. Convexe à son ombilic, radié par des plis. Serjjuia stcUaris. — Linn. Scrfula stcUaris; Gmei. Syst. nat. p. oj'ij. n. 56. Se trouve dans la mer du Nord, altachce aux serîulaircs. Spirorbe carène 3, Spirorbis carinatis. Épaisse, blanche, garnie en dessus d'une petite côte crénelée. Daudin, Recueil de Mémoires, fig. 25. On ignore son lieu natal. S^ir. transversale , i5/?/?'. (ransversalis. Garnie de côtes transverses. Vers I. iM / 21 8 HISTOIRE NATURELLE Daudin, Recueil de Mémoires, fig. 26 et Se trouve dans l'Océan indien , adhérente aux plantes et aux coquilles. SPIROGLYPHE, S ^rr. Daudln. Animal logé dans un tube calcaire en spirale irrégulière , se creusant un lit sur la surface des coquilles marines. Ce nouYeau genre, introduit par le fameux Daudin, pourroit être réuni aux serpules, si on ne considéroit que la forme de la coquille ; mais le ver qui l'habile ayant besoin, pour percer les autres coquilles , d'instrumens d'une nature particulière , doit avoir des organes différens de ceux des ser- pules. On le conservera donc , en at- tendant que des observations sur son animal viennent fixer les idées des naturalistes. Les spiroglyphes rampent dans un sillon qu'ils se creusent peu à peu sur DESSPIROGLYPHES. 219 la surface des coquilles, et surtout des patelles. Ils les percent même d'outre en outre , soit parce que la coquille est trop mince, soit parce qu'ils yeu- lent se nourrir du ver qui l'habite. Les animaux de ce genre sont peut- être la cause la plus puissante de la formation des perles, qui, comme on sait , ne sont que des excroissances nacrées produites par les mollusques de plusieurs espèces de coquilles qui veulent s'opposer aux attaques d'en- nemis qui percent leur test. Spiroglyphe poli , Spir. politas. Spirale irrégulière , unie ; l'ouverture ronde. Daudin , Becueil de Mémoires , etc. pag. 49- Se trouve sur des coquilles venant de l'Inde. Spiroglyphe cordelé, Spir. annulatus. Spirale irrégulière, annelée en saillie. Duudin , Recueil de Mémoires , fîg. 28 et 39- k 230 HISTOIRE NATURELLE Voyez pi. 7. lig. 5, où il c?t représenté un peu grossi. Se trouve sur les coquilles de Tocéan in- dien. DENTALE, Dentjucm, Linnœus, Corps cylindrique, atténué postérieurenaent, ayant la queue terminée par nn épanouisse- ment en rosette , et la tête entourée par une fraise membraneuse et branchiale ; ce corps est contenu dans un tuyau solide, testacé, légèrement arqué et ouvert aux deux bouts. Ce genre , qui fait le passage entre les serpules et les vermiculaires, tire son nom de sa forme , approchant de celle d'une dent de chien. C'est un tube simple , légèrement conique , légèrement recourbé, percé aux deux extrémités. Tantôt il est uni , tantôt strié , tantôt anguleux ù l'extérieur ; mais l'intérieur est toujours circu- laire 5 et l'ouverture supérieure plus large que l'inférieure. DES DENT A LE s. 22 1 L'animal qui habite cette coquille peut la transporter d'un côté ou d'un autre ; mais , comme les solens et au- tres animaux des coquilles, il la tient constamment enfoncée dans le sable , au-dessus duquel il allonge sa tête pour prendre sa nourriture. Dans cette position , on remarque un bou- ton pyramidal, à son extrémité, l'ou- verture de la bouche. Ce bouton est entouré d'une membrane, en forme de capuchon , susceptible de s'élar- gir plus ou moins, et repose sur un bourrelet parsemé de tubercules noirs. Le reste du corps est un tuyau simple, renfermant les organes de la nutrition et de la génération , lequel est suscep- tible de se contracter considérable- ment. Par cette description, on peut juger que cet animal est encore im- partaitement connu, et que ce n'est que par induction que Linnœus l'a cru du genre des térébelles. Quoi ^11 HISTOIRE NATURELLE qu'il en soit, il ne tient en aucune manière à sa coquille, ce qui l'éloi- gné des testacés proprement dits. Il peut en sortir, et probablement y ren- trer à volonté ; et il suffit du plus lé- tit stimulant pour l'obliger à la quitter. Les dentales se tiennent, comme il a été dit , constamment ensablées : lorsqu'un accident les a tirées de cette retraite 5 l'animal lait sortir du trou inférieur de sa coquille l'extrémité de son abdomen, avec laquelle il se fixe, et probablement s'ensable de nou- veau. Elles n'ont point d'opercule; et pour se soustraire aux dangers , elles n'ont d'autre ressource que de se contracter au Tond de leur coquille. Les dentales sont encore peu con- nues, ce qu'on doit attribuer à leur manière de vivre cachées. Elles se rencontrent principalement dans les mers des climats chauds. On en trouve souvent de fossiles, dont les DES DENTALES. 220 analogues ont encore jusqu'ici échap- pé aux recherches des naturalistes. Tous les auteurs avoient placé les dentales parmi les coquillages. La- marck est le premier qui, d'après la considération que leur animal n'est pas un mollusque, et qu'il n'est pas fixé à la coquille, les a mises parmi les vers, à la suite des spirorbes, avec qui elles ont en effet des rapports marquans. Dentale éléphantine , Dental, eleph. Un peu courbée, striée , à dix angles. Lister^ Conch. tab. 547. ^^- i- G^ait. tab. lo. Gg. 1. DarqenvîUe, pi. 3. fig. H. Zoom.pl. i. fig. H. Martin. Conch. i. tab. i. fig. 5. A. De Lamarck, Anim. sans vert. , tom. v, p. 545. n. 1. Se trouve dans les mers d'Europe et de rinde. Dentale caprine, Dentalium caprlnum. Un peu courbée, unîe , à dix angles. Marlin. \. tab. 4' fig. B. 22-'t HISTOIRE NATURELLE Lamarch, Anim. sans verl. torn. v. p. 343. n. 2. Se trouve dans la mer des Indes. Dentale dent, Dentalium dentalls. Un peu courbée, avec vingt stries un peu courbées. Rumph. Mus. tab. 4i' fig. 6. F. Born. Mus. Ces. Vind. tab. 18. fig. 10. Lamarôk, Anim. sans vert. tom. v. p. 344. n. 10. Se trouve dans la Méditerranée. Dentale antale , Dentaliam entalis. Un peu courbée, cylindrique, unie. Lister, Goncîi. tah. 547. Gg. 2. Gualt. tab. 10. Cg. E. DarfjenvUtc, pi. 5. fig. K. et 29. fig. 2. Martin. Conch. 1. tab. 1. fig. 1, 2. Lamarch, Anim. sans vert, lom.v.p.345. n. i5. Se trouve dans les mers (le l'Europe et de rinde, et fossile dans bcauca;ip d'endroits. Voyez pi. 7. fig. 6, où eiU; (•>[ rcprésenlée de gr.indcur naturelle avec sou animal. Dentale ariétinc, Dentalinin arietinum. Tics-courbée, nylindriqise , unie. Gmcl. , Syst. Wat. p. ojoy. n. 5. Se trouve dans la mer du INord. Elle est plus petite et plus courbée que la précédente. DES DENTALES. 22.) Dentale corne , Dentaliuni coriiviun. Un peu courbco, cylindrique, opaque ^ in- terrompue par lies cercles d'un diamètre plus petit. Schroet. Einl. in Conch. 2. tab. 6. fîg. 16, De Latfi.y Aniui. sans vert. tom. v. p. 545. n. i5 . Se trouve dans les mers d'Afrique. Dentale polie , Dentalium politum. Un peu courbée, cylindrique, avec des stries circulaires très-rapprochées, blanches ou vertes. Rumfh. tab. 4i- fîg. 5. Gualt. tab. 10. fîg. F, Martin. Conch. 1. tab. 1. fîg. 5. A.. Lamarch , Anim. sans vert. tom. v. p. 346. n. 17. Se trouve dans la Méditerranée et la mer des Indes. Dentale ivoire, Dentalium ebarneam. Un peu courbée, cylindrique, avec des stries annulaires , convexes et écartées. Lamarck , Anim. sans vert. tom. v. p. 346. n. 18. Se trouve dans la mer des Indes. Dentale petite, Dentalium minutum. Presque (lix)itc, cylindrique, unie. Plane. (]onch. tab. 2. fîg. 2. 2 26 HISTOIRE NATURELLE Dentaiium coarctatum'i Lamarch, Aoim. sans vert. tom. v , p. 346. n. 21. Se trouve dans la Méditerranée. Dentale fasciée, Dentaiium fasclatum. Un peu courbée, finement striée, grise, avec des fascies obscures. Martin. Gonch. 1. tab. 1. Cg. 5. B. Lamarck , Anim. sans vert. tom. v. p. 543. n. 4» Se trouve dans la Méditerranée. Dent, nébuleuse, Dental, nebulosum. Courbée, unie , blanche, tachée de fauve et de brun pâle. GmeL, Syst. Nat. p. SjSS. n. n. Se trouve dans la Méditerranée. Dentale droite, Dentaiium rectum. Droite, striée, anneléede vert oude fauve; les slries doubles. Gualt. tab. 10. fîg. H. Martin. Gonch. i. tab. i.fig.4. A. Gmel. Syst. Nat. p. 3738. n. 12. On ignore son lieu natal. Dent, striatulée, Dentaiium strlatulum. A huit angles, à huit stries, aiguë, verte ; l'exlrémité blanche. Lister, Gonch. tab. 147. fîg. i.é. Martin, Conch. I. tab. i. fig. 5. B. DES DENTALES. 227 Gmel., Syst. Nat. p. ZjôS. n. i3. Se trouve dans la Méditerranée. Dentale fossile , Dentalium fossile. Presque cylindrique , obtuse , striée ; les stries égales. Schroet. Einl. in. Verst. 4- tab. 3. fig. 7. Dentalium striatum ; de Lam, Anim. sans vert. tom. v. p. 544' n- 9« Se trouve fossile auprès de Loretle. Dent, annelée, Dentalium annulatum. Cylindrique, striée obliquement. Guettard, Minéral. 4. pi- 5. fig. 3. GmeL Syst. Nat. p. ojôS. n. i5. Se trouve seulement fossile. Dentale arcuée^ Dentalium arcuatum. Courbée, anguleuse, pointue, verdâtre. Gualteri^ Test. tab. 10. fig. G. Gmel, Syst. Nat. p. 3738. n. 16. ■ On ignore son lieu natal. D. demi-transparente, D. pellucidum. Presque droite, cylindrique, unie, coriace, demi-transparente. Schroet. Einl. in Conch . 2. tab. 6. fig. 17. Gincl. Syst. ^'at. p. 37J8. n. 17. Se trouve dans la mer du Nord. 228 HISTOIRE NATURELLE Dentale ratissoire, Dentatium radula. Ud peu courbée , obtuse , striée en sautoir ; les stries longitudinales et granuleuses. Dentalium radicuia? de Lam. Anim. sans vert. tom. v. p. 345. n. 12. Se trouve seulement fossile dans le Pié- mont. Dent, interrompue, Dent, interraptam. Striée en sautoir, toutes les stries unies, minces ; les longitudinales souvent interrom- pues. Se trouve seulement fossile dans le Pié- mont. Dentale vitrée , Dentalium vitreum. Un peu courbée , très-unie et transparentCi Grncl. Syst. Nat. p. o-ôg. n. 20. Se trouve fossile dans le Piémont. Dent, à six angles, Dent, sexangulum. Striée et à six angles. Dentalium scxangutare ? de Lam» Anim. .sans vert. tom. v. p. o44. n.8. Se trouve fossile près de Lorctte. DES VAGINELLES. 22() VAGÎNELLE, Vaginella, Daudin. Tube régulier, obiong, un peu ventru dans son milieu; mince et pointu à un bout, n'v'iyant qu'"une seule ouverture simple et élargie à l'yulre bout. Ce genre se rapproche des serpuies et des dentales. 11 diffère des premiers, parce qu'il est régulier et court. II dif- fère des seconds, parce qu'il n'est pas percé à ses deux bouts. Il n'a encore été trouvé que fossile, et on n'en con- noit qu'une seule espèce. Vagin, déprimée, î^agin. depressa. Tube lisse en deliors et en dedans , un peu déprimé , avec l'ouverture étroite et allon- gée. Daudin^ BuUciin des Sciences, n° \o. J oyez pi, 7. Cg.r, où elle est représentée du double plus grande que nature. Se trouve dans l'inléiieur des coquilles fos- siles des environs de Bcrd'.aux , qu'elle perce comme certaines pholades, serpuies et autres vers marins. Vers. I. 20 HÔO HISTOIRE NiTÏ'REI.LE FURIE, F CRIA, Linnœus. Corps linéaire , filiforme , égal , garni de cha- que côté d'une rangée de cils piquâns et di- rigés en arrière. Il arrrive fréquemment en Fin- lande , en Bothnie, et autres provinces septentrionales de la Suède, que les liabitans sont affectés d'un mal poi- gnant, fixé à la main, au visage, ou autres parties nues du corps. Ce mal est atroce , et devient même mortel, lorsqu'on n'y applique pas, dès le mo- ment de son invasion, des cataplasmes huileux ou laiteux. Linnœus, dans un de ses voyages, en fut attaqué, et le docteur Erwast, pasteur à Rienis, lui apprit que ce mal étoit produit par un ver qui étoit jeté par le vent, sur l'homme ou les animaux, etpénélroit dans la cliair; il lui fit voir ce ver des- séché , ayant à peine un centimètre DES FURIES. 201 de long. C'est cet unique exemplaire que Linnaeus a décrit, et c'est d'après sa description que tous les auteurs ont parlé de la furie infernale. Bosc a entendu dire à des Natura- listes Suédois, qu'il étoit généralement reconnu , parmi les savans de ce pays, que Linnœus avoit été égaré par la douleur, la peur, et un préjugé popu- laire; que la maladie dont il avoit été frappé étoit un phlegmon semblable à ceux qu'on connoît, sur-tout pendant l'automne, dans les cantons naaréca- geux, et qui deviennent mortels en se gangrenant ; que l'animal qu'on croit y trouver est le bourbillon, qui, comme on sait, a souvent la forme d'un ver; enfin, que l'objet présenté à Linnaeus étoit la larve de quelque insecte qu'il n'a pu reconnoître à raison de sa des- sicalion. Le respect que les Suédois ont pour la mé:i)oirc de Linnaeus les ont cmpé- 25a HISTOHIE NATURELLE ché de publier une opinion qui ne pou- voit que jeter de la défaveur sur leur illustre compatriote; mais ils ont im- primé que les recherches faites par plusieurs Naturalistes, dans l'intention de retrouyer ce ver, ay oient été in- IVuctueuses; que tous les pa^^sans le connoissoient par ses effets , et ayouoient ne l'avoir jamais vu, etc. D'après cela, on doit donc avoir plus que du doule sur son existence ; et il n'en a été parlé ici que parce qu'on partage le respect des Suédois pour Linnceus , et qu'on ne peut positive- ment nier que l'objet dont il a parlé n'existe pas. DES NAYADES, 2...f NAYADE, Nais> Liniuais. Corf.< long, rnûaiie, un peu aphili, grêle, transparciil d garni latéraletnent de soics- e.implcs, rares, isolées ou iasciculces. Au- cun»! tenLicu'e i)rès de la Louche. Les r.ayades sont des vers lit's-nlloi!- gés, arliculès, presque toujoiirs deiui transparens, qui vivent, les uns dans les eaux douces , les autres dans les eaux de la mer. Elles se rapprochenU par Taspect, des néréides; mais elles (-n dilTèrent beaucoup , n'ayant point de branchies externes, et ne filant point de tuyaux. La plupart des nayades vi- vent sous les pierres, dans la vase, dans des trous qu'elles se crvjusent dans Ja terre des rivages, etc. Elles nagent dans l'eiu à la maDÏère des serpeiis , c'est-à-dire , en rendant alternative- ment leur coips flcxueux en sens con- traire aux deux bouts. Lespoil.^, dont 234 HISTOIRE NVTiTvrj.LK le corps de la plupdil esL garni , peu- vent bien encore les aider dans cette opération ; mais leur principal objet est d'arrêter les efforts que peuvent faire les courans ou leurs ennemis, pour les tirer de leur retraite. Ce der- nier fait est prouvé par l'expérience et par la disposition de ces poils , car on brise plutôt une nayade que de la faire sortir, par yiolence, de son trou. Les nayades d'eau douce ne sont point ra- res dans les lacs , les étangs d'eau vive, et même dans les rivières; mais elles ne multiplient pas autant dans les eaux vaseuses et altérées par la dé- composition d'une trop grande quan- tité de végétaux. Elles étoient autre- fois abondantes auX environs de Paris, v dans un petit étang alimenté par une fontaine, au-dessus de Bagnolet; mais depuis qu'on y a fait des lessives, etc., les nayades en sont disparues ainsi que beaucoup d'autres vers ou de po- DES ÎN A Y ADES. 2ù'J iipes d'un grand intérêt pour ios Na- turalistes. La bouche des nayades est tantôt une simple fente, tantôt un trou ac- compagné de deux lèvres, une supé- rieure et une inférieure , tantôt une trompe plus ou moins longue. Les unes ont deux yeux placés sur la tète, d'autres n'en ont point. Leur intestin se voit presque toujours, en entier, sous une couleur différente , à travers du corps, leur anus est , en général, terminal, mais aussi quelquefois un peu avant la pointe. Les soies, dont leur corps est garni , sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins longues , tantôt solitaires , tantôt gé- minées, tantôt fasciculées, suivant les espèces. Elles n'ont ni pieds ni tenta- cules. Ces vers vivent d'autres vers plus petits; et sur-tout de polypes et d'a- liimaux iafusoircs, toujours très-abon- k !i36 HlSTOîî.i: KATIP.IZLLE dans dans les eaux qu'elles prciïrenL Bosc en a va un dont l'intestin étoit rempli de daphnies, encore vivantes, qu'il prenoit à la nage avec beaucoup d'adresse. Les nayades sont ovipares, cl il y a tout liea de croire qu'elles sont her- maphrodites. On trouve, vers le mois d'avril , une masse allongée en des- sous de leur corps , vers les deux tiers de sa longueur, d'une couleur différente de l'intestin , laquelle , re- gardée au microscope, paroît contenir une immense quantité d'œufs. Cette masse se fait voir plus ou moins long- temps, selon la chaleur de la saison; mais, en général, on n'en trouve plus aux individus qu'on observe au mois de juin. Ce moyen de reproduction n'est pas le seul dont jouissent les nayades : comme les polypes, elles peuvent être coupées en plusieurs morceaux, et DES N AY ADE?. 2^7 chaque morceau deyenir un animal parfait. Bosc a répété, sans succès^ cette expérience ; mais sa réussite tient sans doute à des circonstance;? qu'il n'a pas préyues , et il n'en in- firme pas pour cela la vérité des faits que rapportent Trembley, Rœsel, et autres observateurs dignes de foi. Malgré les recherclies de ces sa- vansj et celles de Muller et de plu- sieurs autres, les nayades ne sont pas encore aussi connues qu'elles méri- tent de l'être. Il y a tout lieu de croire que les espèces d'eau douce, non dé- crites et figurées , sont encore très- nombreuses, et les espèces marines encore plus. C'est du temps et du zèle des naturalistes que l'on doit attendre le perfectionnement de ce genre, ainsi que de la plupart de ceux qui compo- sent la classe des vers. Il sera pcul- Ctre possible de faire plusieurs g(MU-ey: ''.''>.• les espèces qui forment aujour- b 258 HISTOIRE NATURELLE d'iiui celui de Linnœus. La nayade proboscidale , par exemple , semble s'éloigner beaucoup des autres; et un ver, dont on verra la description ab- solue à la fin de cet article, et qui a été rapporté de Caroline par Bosc , pourra également en faire un lors- qu'il y aura un certain nombre d'es- pèces qui lui conviendront par les ca- ractères. Nayade vermiculaire , TV. ver mie al arts. Point de soies latérales ; de longs polis au- dessous de la bouche, Muiler , Von Wnrm, tab. 4« fig« i^ 3. RoeSn 3. tab. 93. fig. 1 , 7. Eneycl. pi. 62. fîg. 1, 2 , "h-, 4, 5, 6, 7. ' ■» Lamarck , Anim. sans vert. tom. lu, p. 223. n. 1. Se trouve dans les eaux stagnantes, attachée aux lentilles d'eau.' Nayade serpentine, N. serpentina. Point de soies latérales ; trois fascîes noires sur le cou. Muiler^ Von Wurm. tab. 4- fig- 5, 4- ïioes, 3. tab. 92. Eneycl. pi. 53. fig. 1, 2, 3, 4- Foyez pi. 7. fig. 8, où elle csl très-grossle. DES N A YA D ES. lùf) L a mnrck , A.nim. sans vert. lom. m. p. 223. n. 2. Se trouve dans les eaux stagnantes, attachée aux lentilles d'eau. Nay. proboscidale , Nais proboscidea. Les soies latérales solitaires; une longue trompe pour bouche. MuUer , Von Wurm. tab. i. fîg. i, 4- f^'ocs. 3. tab. 78. fig. 16 , 17 et tab. 79. fig. 1. Trcm- i)ley. Hisl. des Poly. tab. 6. Encvcl. pi. 53. fig. 5, C, 7, 8. Stijlaria jialudosa; De Lam. , Anim. saris vert. tom. m. p. 223. n. 1. Se trouve dans les eaux stagnantes. Nayade élinguée, Nais ciuigids. Les soies latérales solitaires ; point de trompe. MtiKer, VonWurra. tab. 2. fîg. 1.4. Encycl. pi. 53. Gg. 9, 10, 11. Gmel. , Syst. JNat. p. 0.21. n. 4* Se trouve dans les rivières du nord de l'Eu- rope. Nayade digilée, Nais digitata. Soies lalérales solitaires; la queue divisée en plusieus lobes. Mut ter , Von Wurm. t;ib. 5. fig. 1 , 4« En- cycl. pi. 53. fig. 12, i5, i4, i5, 16, 17. Gmei. , Syst. ]\^at. p. 5i2i. Ur 5. |Se trouve dans les rivières du Nord. -Xp ni3T0ir.TÎ NATURELLE Nayade bariji;c , Nais barbata. Les soies latérales en Taiseeaux ; point de trompe. Mailler, Von Wurm. 5. ug. i, 3. Eocycl. pi. 54. fig. i, 2, 5. Gmel. , Syst. ]>fat. p. 0122. n. 6. Se trouve dans les mares d'eau douce. Nayade littorale, Nais Uttoraiis. , Les soies latérales , tantôt nulles , tantôt so- litaires , tantôt deux par deux , tantôt i'ascicu- lée-î. Millier^ Zûol. Dan. 2. tab. 20. fig. 1. 8. En- <7cl. pi. 54. ng.4 , 5 , 6, 7, 8,9, 10. Laniarck , Anim. sans vert. tom. m. p. 225. n. 3. Se trouve sur les plantes marines dans le nord deFEurope. Nayade auriculaire , Nais auricalaris. Point des soies latérales; des tubercules al- longés de chaque côté des yeux. roijez la fig. 9. pi. 7, 011 elle est représen- tée îréà-grossie. Tète ovale, aplatie, bouche formée par une simple ouverture circulaire à la parie anté- rieure et inFérieure de la tète. Un tubercule allongé de chaque côlé. Corps fiemi-transpirent, composé de douze anneaux inégaux, très-unis , ayant chacun, de chai.ue côté , postérieurement, un tubercule DES LOMBRICS. 24 1 susceptible de contraclioD, mais sans aucune soie. Queue formée par un gros tubercule , au milieu duquel se trouve l'anus. Cette espèce se trouve fréquemment, dans la vase , sur les côte de la Caroline, où elle a été observée par Bosc. Elle à environ un cen- timètre de long , sur un demi-millimètre de diamètre. LOMBRIC i LuMBEicus ) Liimœus. Corps long, cylindrique, annelé , ayant les articulations garnies de cils couris ou d'é- pines très-petites , à peine sensibles. Bou- che simple , presque terminales , non ac- compagnée de tentacules. Les lombrics , vulgairement appe- lés vers de terre, sont connus de tout le monde, et cependant peu de per- sonnes ont des notions exactes sur leur org;anisation intérieure et sur leurs mœurs. Les lombrics sont composés d'un très -grand nombre d'anneaux fort Vers. I. ^ i ^43 HîSTOinr; naturelle étroits, très rapprochés, qui ne sont autres que des njnscles circulaires propres à faire ops-cr le mouvement qui a pris d'eux le nom de vermicu- laire. Les plus gros de ces anneaux sont au tiers de la longueur du corps, à commencer de la tête. Ils devien- nent ensuite plus petits , restent pres- que ég;aux jusque vers les extrémités, où ils décroissent rapidement. Ils sont tous enduits d'une matière visqueuse qui transsude continuellement de leurs pores, et ont chacun plusieurs épines courtes tournées en arrière, et égale- ment distantes, une de chaque côté , et les autres en dessous. Ces épines aident aux mouvemcns du ver, en lui fournissant des points d'appui en ar- rière lorsqu'il porte sa tète en avant. Les lombrics marins n'ont point ces épines, et n'en ont pas besoin, puis- qu'ils nagent plus qu'ils ne rampent. Beaucoup de vers de terre montrent D K s LOMBRIC S. 2:4."> au centre de leurs plus gros anutaux, un anneau encore plus gros, et re- marquable par sa coloration plus in- tense. C'est là que sont placés les or- ganes de la génération, ainsi qu'il sera dit plus bas. Les lombrics sont rougeâtres, lui- sans, demi-transparens, de manière qu'on voit une partie de leurs organes intérieurs et les alimens qu'ils con- tiennent. Leur tête est formée par le premier anneau, au milieu duquel est la bouche, composée de deux lèvres très-épaisses, inégales, contractiles, la supérieure, qui est la plus grosse, étant seule visible. Il n'y a pas d'yeux. L'anus est formé par un trou rond, placé au milieu d'une fente ou enfonce- ment longitudinal du dernier anneau. La lèvre supérieure fait l'office de tarière pour percer la terre dans la- quelle vivent et de laquelle se nour- rissent les vers de terre. 244 HlSTOIilE NATURELLE L'anatomie des lombrics a été faite par Willis, et autres. Lorsqu'on ouvre un ver de terre, on trouve, au-dessus de la bouche, le cerveau , qui a la forme d'un grain rond et blanc; et au-dessous, on dé- couvre l'œsophage avec ses muscles, lequel descend en ligne droite, et se rend, sans détours, dans le ventri- cule. Le cœur est placé prés de la partie supérieure de l'œsophage. Il a des battemens de systole et de diastole, de même que dans les autres animaux. De chaque côté du cœur, et un peu plus bas, on voit des corps blanchâ^ très, à peu prés sphériques, et parta- gés en trois lobes distincts. Les lobes supérieurs sont moins gros , et d'un blanc plus vif; le lobe inférieur de chaque côté est deux ibis plus gros, et un peu oblong : ce sont les ovaires ou vaisseaux spermaliques. Entre ces I)C5 LOruDP. ICS. 245 corps, et un peu plus en arrière, on voit un double rang d'autres petits globules , semblables à des caroncules jaunâtres, dont le nombre n'est pas constant. On voit au milieu de ces glo- bules des vaisseaux sanguins considé- rables. Au-dessous de ces corps est placé le ventricule : il est d'un volume con- sidérable, et sa cavité est divisée en trois parties distinctes. L'intestin-naîtde la dernière de ces parties. Il se porte droit à l'anus sans aucune circonvolution , et est mar- qué, sur toute sa longueur, de canne- lures transversales , qui sont l'em- preinte des bords des muscles annu- laires; en sorte qu'il paroît divisé en plusieurs tronçons, comme l'intestin colon dans les quadrupèdes. Cet intestin étant ouvert dans sa longueur , laisse voir au fond de sa cavité un tube ou conduit jaunâtre. 246 HISTOIRE NATIUIELLK qui parcourt toute sa longueur de- puis la queue jusqu'au ventricule , dont il pénètre les parois, et se pro- longe ensuite jusqu'à la tête. La capa- cité de ce tube est considérable; et on peut croire, par analogie, qu'il fait les fonctions de foie et de mésentère. On Toit avec le microscope, sur le dos des lombrics, une suite de petits trous dont on fait sortir une liqueur blanchâtre par la compression. Ce sont les vaisseaux excréteurs de l'hu- meur glaireuse dont il a été parlé, et peut-être en même temps les organes de la respiration. Les vers de terre sont hermaphro- dites. Chez eux, comme il a déjà été dit, les organes de la génération sont près du plus gros des anneaux. Ils re- présentent, dans l'état ordinaire, deux mamelons percés chacun d'un trou, et sont à peine visibles à l'œil nu; mais il est probable que , dans l'acte de DES LOMBRIC:?. 'l^'J raCooaplcMiciit, ils se goniient cl s'ai longent considéiableiiient. il o>t auï«si j)iol)ablc que Tiin de ces mamelons est l'orifice de la partie mâle, et l'au- tie celui de la partie femelle. Linna3iis a remarqué que les lom- brics s'accouplent loujoiîrs hors de terre, et qu'ils r-c tiennent si forte- ment unis, qu'ils se laissent écraser plutôt que de se séparer. Jls sont ovi- pares, et leurs œufs sont déposés dans la terre. Il sembîeroit que ces neufs devroient sortir par le trou de l'organe femelle; cependant il résulte des ob- servations anatomiques qu'ils sortent par l'anus. C'est dans les mois de mars et d'avril , plus ou moins tard , selon la chaleur de la saison , que les lom- brics sortent de terre et se cherchent pour s'accoupler. On voit alors , le lendemain d'une nuit chaude et hu- mide, la teire toute criblée de trous 248 HISTOIRE NATURliLÎ.E dans les lieux où il y a beaucoup de vers. On ignore le temps de leur ges- tion : mais il ne paroît pas qu'il s'é- tende à plus de quinze jours. Les vers de terre se trouvent dans tous les continens, mais plus abon- damment dans les pays tempérés qu'ailleurs. Ils préfèrent à tous les autres les terrains gras et humides, sans être aquatiques, et surtout ceux qui sont cultivés, parce qu'ils y trou- vent plus abondamment et plus fa cilement l'humus dont ils se nour rissent. Pour absorber cet humus , résultat de la décomposition des vé- gétaux, les lombrics sont obligés d'a- valer une grande quantité de la terre où il se trouve disséminé; mais cette terre ne reste pas long-temps dans leur intestin; elle sort plusieurs fois le jour sous la forme vermiculaire. On voit quelquefois la surface de la terre garnie de ces excrémcns vermi- DES LOMBRICS. 249 formes des vers, et ils servent d'in- dices pour connaître les lieux où il y en a le plus, lorsque l'homnie les re- cherche pour son usage. C'est une terre très fine , et absolument privée de toute partie végétale et animale. On ignore la durée de la vie des lombrics; mais il y a lieu de croire qu'elle n'est pas fort longue. D'ail- leurs il est rare que ces animaux par- courent leur carrière naturelle, mal- gré la vie isolée et cachée qu'ils mè- nent. La nécessité où ils sont de venir souvent à la surface , de sortir même de terre, les expose à toute l'influence des variations de l'atmosphère, dont les deux extrêmes leur sont également funestes , et à une quantité d'enne- mis telle que peu d'êtres peuvent en compter autant. En effet, la plupart des oiseaux, des poissons, des am- phibies de Linuceus, et des insectes carnivores en font leurs délices, ainsi 200 HISTOIRE NATUr.ELLL que les taupes, les hérissons et autres petits quadrupèdes. Les vers de terre se tiennent pro- fondément enfoncés pendant l'hiver et les chaleurs de l'été. Leur appari- tion à la surface de la terre annonce toujours la chaleur humide. Quoique ces animaux paroissent sans organes des sens autres que le toucher, cepen- dant ils sont très prompts à éviter le danger. Le moindre bruit, la moin- dre agitation de l'air produite par l'arrivée d'un homme ou d'un animal, suffît pour déterminer la prompte ren- trée de ceux qui prennent l'air à l'ou- verture de leurs trous. Les lombrics sont quelquefois phos- phoriques; mais on ignore la cause de cet état, qui n'est pas dû à l'amour, puisqu'il se fait voir en été et en au- tomne, comme au printemps. Lorsqu'on coupe un lombric en plusieurs morceaux, chaque morceau Dl: s LOMBRICS. 231 conserve un mouvement vital propre. On prétend même que chacun peut devenir un animal parfait. Bonnet a fait sur cela des expériences qui pa- roissent concluantes. Ces expériences n'ont pas également réussi à tout le monde, entre autres à Yalmont de Bo- mare et à Bosc, mais il faut supposer que des circonstances secondaires que Bonnet a su éviter, en ont euipéché le succès. Bosc observe cependant que lorsque le ver étoit coupé par la moi- tié, de manière que la tête et le gros anneau fussent ensemble, celte partie se conservoit en vie, et qu'il se for- moit même assez rapidement un nou- vel anus. Les lombrics peuvent, dans cer- tains cas, nuire aux récoltes par leur trop grande multiplication; mais en général ils font plus de bien que de mal. Ils divisent, retournent la terre, ce qui, comme on sait, est, avec les '202 HISTOIRE NATl'RELLF, engrais, un des moyens les plus puis- sans de l'agriculture. Les vers de terre sont cites dans quelques matières médicales comme apéritifs, sudorifiques , diurétiques, infusés dans du vin blanc; comme pro- pres à fortifier les nerfs et les jointures, infusés dans l'huile; comme très-efli- caces contre le rhumatisme goutteux et la fièvre tierce lorsqu'ils sont réduits en poudre ; enfin comme amenant les panaris en suppuration lorsqu'ils sont appliqués vifs autour du doigt; mais aujourd'hui les médecins éclairés n'en font aucun usage. Dans quelques contrées de l'Inde, les hommes mangent les vers de terre, soit crus, soit cuits, et assaisonnés de diverses manières. En Europe on ne les emploie plus guère qu'à la pêche et à la nourriture de la jeune volaille. Pour les avoir en quantité pour un de ces deux objets , DES LOMBRICS. ?.55 hors d*;s temps où la chaleur humide de l'atmosphère les fait naturellenient sortir de terre, on n'a d'autres moyens que de fouiller la terre des jardins, des cours humides, sur-tout les environs des fumiers, avec la bêche, ou à déter- miner artificiellement leur sortie en arrosant les lieux où l'on sait qu'il y en a beaucoup , et eu enfonçant à de petites distances des pieux que l'on fait tourner avec vivacité dans leurs trous. Les vers cherchent à échapper la compression que produit cette opé- ration, et sortent en foule à la surface. Tous les vers de terre sont égale- ment bons pour la pêche, mais il faut proportionner leur grosseur au genre de poisson que l'on désire. Les plus gros doivent être réservés pour les lignes dormantes que l'on tend pour prendre les grosses carpes, lesbarbots, anguilles, etc. Il faut toujours avoir attention de les attacher à l'hameçon Vers I. a a 304 HISTOIRE NATURELLE de manière qu'ils restent en vie le plus long-temps possible, car les mouve- mens qu'ils se donnent influent beau- coup sur le succès. Pour cela on doit faire entrer l'hameçon dans leur corps im peu au-dessous de l'anneau, parce que c'est sa partie antérieure, comme on l'a vu précédemment, qui possède le plus éminemment la focullé vitale. Cette partie reste pendante au haut de l'hameçon, et le poisson est déterminé à attaquer la partie intérieure, où est placé le crochet caché qui l'arrête. Les lombrics marins sont peu con- nus. Déjà plusieurs espèces, de Lin- naeus, ont servi à former des genres nouveaux, comme on l'a vu précé- demment. Il est possible que d'autres, mieux observées, soient encore em- ployées au môme objet. Lombric terrestre , Lumh. terrestrionïiea\v atjxiaiiqiu J.La Sangsue swainpiue . 6. La Sang-sue olTîcraale. -» . 8 . La Planaire uomlee q. La Planaire tiavers. oA DES LOMBRICS^ 20i> Petiver , Gazoph. tab. i3o. fig. 6. Murrey , de iu7T.éric-is^ set. observ. tab. 2. fig. 1. 5. Bon- net , insect. 2. tab. 4- Encycl. pi. 34* fig«i« Lamarch , Anim. sans vert. tom. v. p. 299. Foyez pi. 8. fig. 1 , où il est représenté de moitié de grandeurnaturelle. Se trouve dans la terre en Europe. Il se trouve aussi en Amérique, ainsi que Bosc l'a constaté, Lomb. vermiculaiare^ L. vermlcularis. Blanc , avec deux rangs d'épines. Savign.Syst. des annélides , p. io4. Se trouve dans la terre, aux lieux humides, dans les troncs d'arbres pourris , au nord de l'Europe. Lombric yarié , Lambricus variegatus. Bouge , taché de brun , avec six rangées d'épines. Bonnety Vers d'eau douce, tab. 1. fig. 1. 5. Encycl. p!. 34. fig. 2 , 5,4' Gmet. , Syst. f^at. p. 0084. n. 4' Se trouve dans les marais et les bois hu- mides de l'Europe. Lombric tubuleux, Lambricus tubifex. Roussâîrc , avec deux r:;ngs d'énints. Bonnet , Vers d'eau douce, tab. 3. lig. lo. Muiler, Zool. Dan. 3. tab. 84. Cg. 1. ù.Trcmb. Hisl. des polyp. Uib. 72. fig. 52. Encyclopédie, pi. 34. fig. 8, '9. 256 HISTOIRE NATURELLE Tubifix rivuiorum , Laniarc// , Anim. saas vert. tom. m. p. 226. n. i. < ' Se trouve dans les rivières , sur les bords desquelles il se fait des tubes perpendieu- Liires , où il ne fait que descendre et monter. Lombric linéaté, Lambricus Uneatus. Blanc, avec une ligne longitudinale rouge. Jt/uller , V. Wurm. lab. 5. fig.45 5. Gmet. Syst. ]Nal. p. 3o85, n. 6. Se trouve dans la mer Baltique. Lombric cilié, Lambricus clUatits. Roux, annelé de faisceaux de poils. Gmet. , Sysl. Jsat. p. 3o85. n. ~. Se trouve dans les fonds argileux de la mer de Norwège. Lombric tubicole, Lambricus tubicala. Blanc, avec une tache rouge sur chaque articulation. MuUei\ Zool. Dan. rar. 2. tab. 75. Encyclo- pédie , pi. 55. fig. 1,2. Tubifcx marinus ; de Lain. , Anim. sans vert. tom. ni. p. aaS. n. 2. Se tronve dans les fondï argileux de la mer (îelNorvvège ; i'orme peut-être un genre par- culier. Lombric oxyure , Lambricus oxyurus. D'un blanc livide , avec la partie posté- DES LO MB HIC 5. 2ôJ rieure très-pointiie ; et la partie antérieure grosse et obtuse; bec cylindrique, susceptible de s'élargir beaucoup. Patios, Miscel.Zool. tab. ii.fig. 7, 8. Gmel. , Syst. Nat. p. 5o86. n, 12. Se trouve sur les cùles d'Angleterre. Se rapporte peut-être au genre thalassèiiie. Lombric fragile , Lombricus fragilis. Bouge , avec des tubercules latéraux di- visés à leur sommet; des faisceaux de poils. IMuUer , Zool. Dan. 1. lab. 22. fîg. i.5. En- cycl. j)!. 54- fi?- i''- Savifjrt. Syst. des annélides, p. io4. Se trouve dans les fonds argileux de la mer de Norwège. Lombric armé, Limibrlcas armigcv. Rouge ; les anneaux du ventre armés de doubles l.iiiies pointues, Mulfcr, Zoo!. Dan. i. tab. 22. fig. 4» 5. V.n- cycl. pi. 54- fig. i3, 14. De Lamarcli , Anim. sans vert. , toni. v, p. 9.99. n. 2. Se trouve dans les fonds argileux de la mer de Noruège, se rapprocbe des néréides, et fait peut-être un genre particulier. Lombric à longs poils, Lumb. cuTatus. Entouré de poils très-longs. Slrocm, Act. nidr.4. tab. \\. fig. 7. Encj- cV>pédicj pi. ll\. fig. 10, 11 , 12. * t 258 HISTOIRE NATURELLE I \Cirraiuius horcalis; Lam. ^ Anim. sans vert. tom. v. p. 5o2. n- i. Se trouve dans la mer de Norwège. Paroît pouvoir former un genre particulier. Lombric sabellaire 5 Lumb, sabellaris. Arliculù , une des exlrémilés tronquées ; l'entredeiix des articulations plus épais , et armé de deux épines. MuHcr , Zooi. Dan. 5. tab. io4. fig- 5. Saviffn. Syst. des annélides , p. 94. n. 2. Se trouve sur les côtes de Norwège; paroît pouvoir constituer un genre particulier. Lombric petit, Lumbricus minutas. Hougeâlrc ; anneaux élevés, vers le milieu du corps ; ventre muni de deux rangs d'ai- guillons. Encycl. pi. 55. fig. 8 , 9. Lamarch, Anim. sans vert. tom. v. p. 299. n. 7). Se trouve sur les côtes de la mer du Nord. DES T H A L A S S E M K S. I^Ç) THALASSÈME , Tjalass. Cuviet-. Corps allongé , subcyliodrique, plus gros et obtus postérieurement, avec quelques ran- gées annulaires de spinules , atténué anté- rieurement , et ayant près du cou deux pe- tits crochets piqua. !s. Bouche terminale , conformée en oreille ou en capuchon infun- dibuîiforme La thalassème avait été plac«''e , par Linnaeus, parmi les lombrics, quoi- que Ray, Rondelet, et autres, eussent fait sentir qu'elle était différente. Pal- las lui-même, en faisant cette obser- vation , la rapporte cependant au même genre. Mais Cuvier, qui a été à portée de voir ce ver sur les côtes de France, en a lait un genre distinct, que Lamarck a adopté avec raison. Ce genre n'est composé que de quatre espèces, dont la plus grande est fort commune sur les côtes de France, où elle sert d'appût pour prendre lo iGo nïSTOiUE NATIRELLE poisson à la lii^ne. Elle s'enfonce tou- jours dans les tonds sablonneux; et lorsque la nier se relire, elle yide ses excrémens sur la surface, absolument comme les lombrics terrestres; ce qui sert d'indication aux pêcheurs, qui, avec une espèce de petite bêche, re- tournent le sable et s'en emparent. Le corps des tliaîassèmes est mou, cylindrique, annulairement strié, avec des glandes saillantes qui fournissent une liqueur gluante ; il est gros comme le petit doigt, et susceptible de contraction et de dilatation. Sa l)Ou- che est entourée d'une membrane , qui se prolonge en forme de langue, (|ui est striée en long^ et qui se con- tracte comme le reste du corps. Derrière et plus bas que la bouche se voient deux petits crochets pointus, dorés, rapprochés, convergens, que Pallas croit devoir servir à la géné- ration. DES TH A LASSÉ M ES. 'iGl A l'autre extrémité du corps, il y a deux couronnes d'épines droites, dont la dernière entoure l'anus, qui est ter- minal. La couleur de l'animal est grise; mais paroît souvent d'une couleur dif- férente, à raison de sa demi-transpa- rence, et des matières étrangères qui sont dons les intestins. Pallas a donné une anatomie de la thalassème, de laquelle il résulte que l'œsophage est dilaté en forme de sac, ordinairement rempli de sable; qu'il y a deux ventricules , et un intestin toujours rempli de sable; qu'à l'anus aboutissent deux canaux distincts de l'intestin , et dont on ne peut deviner l'usage. Les vésicules séminales sont placées à quelque distance des cro- chets, et se remplissent de lait pendant les mois de décembre et de janvier; mais on lie voit pas les conduits excré- toires de cette liqueur, ni leur issue 26a HISTOIRE NATURELLE au dehors. Deux mois après cette li- queur avoit disparu, et les observa- lions faites dans l'intervalle n'ont con - duit à aucun résultat satisfaisant. Il faut cependant qvie la génération se soit opérée ; et Pallas croit qu'elle a pu se compléter dans la cavité abdo- minale. Les thalassènies ne disparaissent pas, même autour du port de Dieppe, ainsi que Bosc l'a remarqué, malgré la chasse continnelle que leur font les pêcheurs , ce qui indique une multi- plication facile et abondante. Thalassème échiure, Tlialass. echiura. Grise ; la membrane infundibuliforme , siriée. Lumhricus echirus, — Linn. Pallas , Mis- cell, Zool. tab. n. fîg. i , 2, 5 , 4 » ^i ^' En- cycl. pi. 55. fig. 3 , 4 , 5, 6.Spical. Zool. 10. tab. 1. fi;^. 1 à 5. 2 et 3. Lamarck^ Anim. sans vert. tom. v. p. 5oo. n. 1. Voyez la planche 8, flg. 2 et 5 , où elle est représentée, en dessus et en dessous, à moitié de sa grandeur naturelle. DKS Tn AL A S. SÈME S. 265 Se trouve surlescôles de France. Thalassème des rochers, T. rupium. Rouge , maculée de rouge plus foncé , le dessous gris ; la membrane infundibuliforme, intérieurement rugueuse et latéralement plis- séc. Palias , Miscel. Zool. tab. 1 1. fig. 8. Spicil. Zool. 10. 'ab. 1. fig. 6. T'halassemavulgaris; Saviyny.Syst. des annélides , p. 102. n. 1. Se trouve dans les fentes des rocbers sur les côtes d'Angleterre. Thalassème esculente, 7/iatass. eduUs. Couleur de chair; la partie postérieure cla- viforme, la partie antérieure dilatée et tuber- culeuse ; la bouche entourée de tubercules ri- dés et très velus. Palias , Spicil. Zool. 10. tab. 1. Cg. 7. Lumbricus edulis ; Gmel. Syst. Nat. pag. 3o85. n. 11. Se trouve sur les côtes des îles de l'Inde et de la Chine , où on l'emploie à la nourriture de l'homme. Il est possible qu'elle forme un genre distinct. iG] HISTOIEF. >ATI"r.ILLE DRAGONEAU , Gjrbius, Lhinœus. Corps filiforme , nu , lisse, égal dans presque toute sa longueur , se contournant diver- sement. Les dragoneaiix sont, après les yers infusoires, les animaux les plus sim- ples de la nature. Un fil brun, d'un millimètre de long, donne une com- plète idée de l'espèce commune. Leur organisation intérieure est aussi peu compliquée. Elle ne consiste qu'en un canal qui s'étend d'une extrémité à l'autre. La bouche et l'anus ne sont point apparens; il faut un microscope pour voir que la première est formée par une petite fente transversale à une extrémité, et le second, par un Irou à l'autre extrémité. Linnœus et Bruguièrtî ont placé les Dragoneaux parmi les vers intestins. Lamarcklesa, avec rai^-on, otés de DES DRAGON EAUX. 265 cette division. En eiTet, l'espèce com- mune vit constamment dans l'eau ; et l'espèce qui s'introduit quelquefois dans la chair du pied des habitans des pays chauds, ne doit être considérée que comme y étant accidentellement. D'ailleurs, il y a des caractères suiTi- sammcnt distincts pour le séparer du genre iilaire, qu'on ne trouve que dans les animaux. Les dragoneauxyivent dans les eaux des fontaines stagnantes, des étangs d'eau vive, des rivières tranquilles. Ils fuient les eaux troubles, putréfiées, et, en conséquence, on les trouve bien plus rarement dans les pays de plaines que dans les pays montagneux. On les voit pendant les grandes chaleurs de l'été nager à la manière des anguilles et des serpens , c'est-à-dire en con- tournant leur corps alternativement en sens contraire. On ne peut imagi- ner, en les examinant, quels sont les Vors I. ^ 23 •iVÀJ lîlSTOirvi: > ATURELLi: moyens que la nature leur i\ donnés pour se mouvoir avec tant de vélocité, pour se diriger vers un but avec tant d'exactitude. Ils n'ont point d'yeux apparens. Les dragoneaux pendant l'hiver, et peut-être pendant les nuits de l'été, se cachent dans les trous très- profonds qu'ils se fabriquent dans l'ar* gile du bord des eaux qu'ils habitent, ou dans la vase qui en tapisse le fond. On ne sait rien sur leur génération. Ces animaux sont cependant célè- bres. Ils passent, dans beaucoup de lieux, povir causer immanquablement la mort aux hommes et aux animaux qui en avalent, parmégarde, en bu- vant. Dans d'autres, on croit que leur morsure peut produire l'espèce d'ab- cès appelé panaris ; ces faits sont ce- pendant contestés. On n'ose ici, ni les affirmer, ni les nier. Bosc, qui a plusieurs fois observé des dragoneaux. soit dans leur état de liberté, soit dans DES DU AG OKE ALX. 2i]j- des \ascs de verre, affirme qu'il n'en a jamais été mordu, et qu'il ne peut concevoir comment il aurait pu l'être^ d'après l'organisation de l'animal. Il est vrai qu'une espèce de ce genre, qui se trouve dans les pays chauds, le dragoneau de Médine , s'introduit dans les pieds des habitans, se loge dans la chair, et occasionne de vio- lentes douleurs ; mais on n'a jamais vu les dragoneaux d'Europe produire des effets analogues ; on n'en a jamais trouvé dans la chair des hommes. Dans les îles de l'Amérique, où le dragoneau de Médine attaque fré- quemment les nègres, on a observé que le plus certain des remèdes, pour les en délivrer, était de faire une inci- sion dans la peau , de saisir la tête ou la queue de l'animal, de la fixer dans la fente d'un petit bâton, autour du- quel on contourne un peu , chaque jour, le corps; si, par malheur, il se 268 HlbTOlUt; NATURELLE casse, il devient impossible de le re- prendre, les douleurs s'accroissent, la gangrène se développe , et la mort s'ensuit souvent. On a donné , au dragoneau d'Eu- rope , une faculté dont il est indispen- sable de parler, quoiqu'elle ne soit pas suffisamment constatée. C'est celle de revivre, lorsqu'on le remet dans l'eau après plusieurs jours, plusieurs mois, et même plusieurs années de dessicca- tion. Rose a fait, à ce sujet, une suite d'expériences, q;ii paroissent l'auto- riser à assurer que, lorsque les drago- neaux ont été complètement dessé- chés , soit à l'ombre , soit au soleil , par quelques heures d'exposilion hors de l'eau, plus ou moins, suivant la saison, ils ne sont plus susceptibles de reprendre la vie. Il est vrai qu'alors le gonflement, produit par la rentrée de l'eau dans les poics du coips des dragoncaux, occasionne une dilata- DES D R A G N E A l X. 2()( J tion , presque toujours suivie d'un changement de position , ou d'un mouvement mécanique que quelque observateur superficiel aura peut-être pris pour un acte de vitalité réelle. Il seroit possible cependant que, dans quelques circonstances , les drago- neaux se conservassent en vie, hors de l'eau, pendaut un certain temps. L'exemple de beaucoup d'espèces de vers infusoires ne permet pas de le nier absolument. Parmi les espèces citées plus bas, il n'y a que la première et la dernière qui appartiennent certainement au genre. Dragoneau aquatique, Gorf/. aquaticiis. Bruo. Jonston , Tns. tab. 25. Plancus. app. lab. 5, fig. F. Encycl. pî. 29. fig. 2. Lamarch , Anim. sans vert. tom. lïi. pag. 220. n. 1. Voyez la pi. 8. fig. 4 , où il est représenté de grandeur naturelle. 270 nisTom'E NATriiKLLC Se trouve en Europe , dans les eaux pures et à fond argileux. Dragoneau argilaceiix, G. argUlaceus. Jaunâtre. Gmcl. Syst. Nat. p. 5o85. n. ?.. ^e trouve dans l'argile des j'ossés , il ne quille point ordinaiieinent son trou. Drgoneaii fil, Gordius filum. Blanc brillant. Gmel. ^ Syst. ]Nat. p. 5o85. n. 5. Se trouve dans l'eau , sous les ecorces des brjnches de sapin qui y sont luinbées. Drgoneau lacté , Gordius lacteus. Blanc opaque. Gmcl. Syst. Nat. p. 5o85. n. 4« Se trouve dans les eaux où ont séjourné des feuilles de btire. Dragoneau des sables, Go7-d. arcnarius. Fauve obtus. Gmcl. Syst. Wat. p. 5o85. n. 5. Se trouve dans les sables des bords de la raer de Norwège. Dragoneau de Médiue, G. Mcdincnsis. Pâle. Sloan. Jani. 2. lab. joS. fio;. 1, DES s ANC Sr ES. 37 ï Fiiaria Mcdincnsis , Riidotpïii Enloz. Syn. p. 5. n. 1. Se trouve dans les pays cliauds de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique , el s'introduit dans les pieds des personnes qui ne portent pas de souliere. SANGSUE 5 HîRUDo 5 I innœu.s. Cerpsoblong,inutique,{rès-conlraclile, ayant les deux extrémités susceptibles de se dila- ter en un disque charnu , qui se fixe par une forle succion , comme une ventouse. Bouche triangulaire , située sous l'exlré- rnité antérieure. Le fréquent usage que la chirurgie fait des sangsues rend leur histoire bien plus importante que celle de beaucoup d'autres vers moins direc- tement utiles à l'homme. Cependant ce que nous en savons laisse encore beaucoup de choses à désirer. Les sangsues sont des vers allongé?. susceptibles de s'étendre, de s'aplatir et de se contracter considérablement. Leur corps est composé d'un très- grand nombre d'anneaux, ou mieux, de muscles circulaires, qui servent à former les divers mouvemens qui leur sont propres. Leur peau est plus ou moins rude, plus ou moins lubercu-" leuse, suivant les espèces; mais elle paroît lisse au loucher, parce qu'elle transsude une humeur visqueuse des- tinée à faciliter leur PMgimciit et leur glissement à travers les roseaux et autres plantes aquatiques , toujours nombreuses dans les eaux qu'elles préfèrent. La tête des sangsues, dans son état de dilatation , est beaucoup plus pointue que leur partie postérieure; mais l'une et l'autre s'élargissent éga- lement lorsqu'elles veulent se fixer. Il était très-difficile de développer les • moyens que ces animaux emploient pour dilater ainsi leurs deux extrémi- DES SANGSUES. 27,? tés, pour leur donner une forme con- cave et produire la ventouse qui les fixe aux corps solides d'une manière si forte , que quelquefois on les casse plutôt que de les détacher; mais on a vu, dans l'întroduction, que Cuvier a fait connaître démonstrativement que l'absorption de l'air joue un rôle dans cette opération ; qu'ainsi les sanjjsues sont fixées par la pression de la colonne atmosphérique qui cor- respond à leur diamètre. Les sangsues nagent à la manière des anguilles , par un mouvement vermiculaire ; mais elles ont de pro- pre de faire ce mouvement unique- ment de bas en haut , ou du moins très - rarement par les côtés. Lors- qu'elles veulent marcher , elles se fixent par la partie postérieure, s'al- longent sur le devant, ensuite elles se fixent par le devant, se contrac- tent, se fixent de nouveau par la par- 274 HISTOIÎU: NATCRLLLF. lie postérieure ; et , par ces mou- vemens toujours répétés, arpentent ( c'est le mot ) avec une assez grande rapidité des espaces considérables. La bouche est une ouverture trian- gulaire placée au fond de la ventouse antérieure. Elle est armée de trois dents très-aiguës et assez fortes, ca- pables de percer non- seulement la peau d'un homme, mais encore celle d'un cheval ou d'un bœuf. C'est un instrument à trois tranchans, garnis chacun de soixante denticules , qui fait trois plaies à ia fois. Au fond de la bouche est un mamelon très-appa- rent, d'une chair assez ferme, qui sert à sucer le sang qui coule de la triple plaie de l'animal mordu. En- suite se présente le pharinx, dont les fibres, circulaires et robustes, rétré- cissent le canal et déterminent l'écou- lement dans l'estomac, du sang qui vient d'être pompé. Cet estomac est m: s SA N G su E s. 27;) formé par une suite de poches mem- braneuses garnies de valvules, dans lesquelles le sang peut rester plu- sieurs mois sans se cailler. Il y a jus- qu'à vingt-quatre de ces poches dans les sangsues de moyenne grosseur ; mais il parolt que leur nombre varie. Comme le sang d'un animal quelcon- que est le résultat le plus pur de la nourriture qu'il a digérée, la sangsue qui se l'approprie n'a pas besoin d'a- nus, comme les autres animaux, pour rejeter une partie indigestible ; aussi ne lui en découvre-t-on pas. Il est possible que le peu de parties hétéro- gènes qui peuvent se trouver dans ce sang, dit Morand, qui a publié un mémoire sur les sangsues , s'en sé- pare par la transpiration , et forme même la matière gluante qui se voit sur la peau, et se montre en filamens noirâtres dans l'eau où l'on conserve de ces animaux. 27C iniTOinE NATURELLLE On voit dans la sangsue, latéiale- inent sous le ventre, deux vaisseaux longitudinaux ramifiés , ayant un mouvement de systole et de diastole. Ils distribuent une liqueur grise. Au milieu , on voit le cordon nerveux dont il a été parlé dans les généralités de la classe , et de chaque côté des espèces de glandes remplies d'une liqueur limpide. Elles ont plusieurs petits vaisseaux qui vont se perdre dans le corps de l'animal. Il paroît que les sangsues respirent par la bouche ; mais on ne connoît pas encore ce qui leur tient lieu de poumons. La plus grande partie ont des yeux, dont le nombre varie, selon les espèces, depuis un jusqu'à huit : cependant il en est plusieurs , du nombre des connues, dont les yeux n'ont pas été observés. Lorsqu'on coupe une sangsue en deux parties, celle où se trouve la DE s s AKC su E s. I''"^ tête se conserve en vie, et forme, au bout de quelque temps, plus ou moins, selon la saison, un nouvel animal qui ne diffère pas des autres. Il paroît, d'après ce fait et quelques observations, qu'elles croissent, non pas seulement par développement , mais encore par augmentation, c'est- à-dire que les vieilles sangsues ont un plus grand nombre d'anneaux que les jeunes. Cependant ce fait, si facile à examiner, n'est pas encore constaté d'une manière absolue; ce qui prouve combien peu on a mis d'importance à l'étude de ces animaux. Les sangsues sont hermaphrodites et vivipares. Les mâles et les femelles ont, selon Rhedi, la même conforma- tion dans les organes de la génération que les limaçons , c'est-à-dire une verge, et au dessous d'elle un organe femelle, placés tous deux sous l'œso- phage. C'est aux premiers jours du V«rs I. 24 ^8 HISTOIRE NATURELLE printemps qu'elles l'ont leurs petit». Comme elles sont demi-transparen- tes, on voit quelquefois ces petits, en forme de corps ronds , dans leur corps , et on en a compte jusqu'à soixante-dix dans une seule. Les sang- sues se trouvent dans les eaux douces ou salées; celles d'eau douce préfè- rent les eaux vaseuses où il croît une grande quantité de végétaux. Elles sont fort communes dans toute l'Eu- rope, mais moins dans la partie mé- ridionale que dans la septentrionale. Elles paroissent pouvoir vivre plu- sieurs années; mais, outre les causes générales de mortalité auxquelles elles sont sujettes, telles que la dessicca- tion et surtout la putréfaction ( pen- dans les chaleurs de l'été ) des eaux où elles se trouvent, elles ont un très- j^p.and nombre d'ennemis qui les pour- suivent continuellement pour s'en noniTir. Les principaux sont les poi^" DES SANGSUES. 279 sons et les oiseaux d'eau; mais un grand nombre de larves d'insectes, et même des insectes parfaits, en font aussi leur proie. Les sangsues elles- mêmes se détruisent les unes par les autres, celles qui sont à jeun saignant sans miséricorde celles qui sont gor- gées de nourriture , ainsi que Vauque- lin et autres l'ont observé. Les sangsues , comme il a été déjà dit, se nourrissent du sang des qua- drupèdes et des poissons; mais, com- me elles n'en ont pas toujours à vo- lonté , elles sucent les larves des in- sectes, les vers et autres animaux qui vivent dans les eaux. Elles se gorgent, dans l'occasion, de nourriture, autant qu'en peut contenir la capacité de leurs estomacs. Mais elles peuvent res- ter, sans mourir, plusieurs mois sans manger. D'abord, annuellement, tout l'hiver, et ensuite lors([uc les eaux qu'elles hajjilent se dessèchent , ( t 28() HISTOIRE NATORELLl' qa^elles ne savent où en aller chercher d'autres. Dans l'un et l'autre cas elles s'enfoncent dans la vase , et y restent contractées jusqu'à ce que la chaleur ou le renouvellement de l'eau vienne leur permettre de faire de nouveaux actes de vitalité. Le sel marin, le tabac, et en général toutes les substances salées et acres, font mourir les sangsues, et ce sort elles que l'on doit de préférence em- ployer pour débarrasser un homme ou un animal que son malheur aurait con- duit dans des eaux où elles sont abon- dantes ; car, lorsqu'on cherche à les arracher de force , elles laissent pres- que toujours leur tête dans la plaie, ce qui occasionne des accidens graves. Les sangsues ne sont pas toutes éga- lement propres à être employées en médecine. On préfère l'espèce qui s'era mentionnée ci-après sous le nom de médicinale; mais il n'est pas vrai que bE5 SANGSUES. 281 la sangsue noire soit vçnimeuse. Elle suce seulement avec plus de force que la médicinale. On doit les ramasser de préférence au printemps; les conser- ver dans l'eau pure qu'on ïenouvelle fréquemment, sur-tout en été; en avoir toujours une certaine quantité dans un vase particulier, qu'on laisse complètement jeûner pour être, par- là, prêtes à être employées au besoin. L'art d'appliquer les sangsues n'est pas difficile ; mais cependant il ne peut être bien exercé que par une personne qui l'a appris. Il faut saisir délicatement la sangsue entre deux doigs, poser sa partie postérieure à un centimètre du lieu où l'on veut la faire mordre, et, après qu'elle s'est cram- ponnée, diriger sa tête sur le point in- diqué. Toutes les sangsues ne mor- dent pas , soit parce qu'elles n'ont point faim, soit parce que le sang qu'on leur offre répugne à leur goût. 282 HlSTOlRt ÎSATrUELLE 11 faut souvent faire de nomhreuses tentatives pour parvenir au but qu'on se propose. Elles font une plaie plus sensible hors de l'eau que dans l'eau, mais le sang coule bien plus facilement dans ce dernier cas, sur-tout lorsque l'eau est tiède. Lorsqu'on veut arrêter leur succion , avant qu'elles ne soient entièrement gorgées, il faut, comme il a été dit plus haut, les saupoudrer de sel ou de tabac. Elles tombent en convulsion, se détachent et meurent. Si au contraire on veut qu'elles tirent plus de sang qu'elles n'en peuvent contenir, on coupe la partie posté- rieure de leur corps, et le sang coule comme d'une saignée. On arrête aisé- ment la perte de sang produite par une morsure de sangsue, avec de l'eau-de-vie ou d'autres styptiques. L'usage des sangsues convient pour diminuer la trop grande quantité de sang qui s'accumule sur une partie ou DES SANGSUES. 285 dans son \oi?iiK!^c; par-là on détourne la fluxion on on Fempêclie de se for- mer. On les applique communément auxhémorrhoïdes gonflées et doulou- reuses, pour les dégorger d'un sang épaissi qui surcharge les vaisseaux; à l'orifice iîlernc de la matrice pour rappeler lo (Oiii-s des règles, et dans beaucoup (r.ir.ties circonstances qu'on ne peut détailler ici. Il n'est pas douteux que l'usage des sangsues no soit utile en divers cas ; mais leur usage exige des attentions. D'abord il est des espèces dont la mor- sure est suivie d'accidens graves; ainsi il faut connaître celle qui convient, c'est-à-dire la médicinale, ensuite il faut être en état de juger de leurs ef- fets, îî faut également les surveiller, car on en a vu, appliquées à l'anus, entrer dans le fondement, et mettre la vie du malade en danger. 11 est arrivé que des hommes, eî 1 2o4 HI.STO:riE ^ATI;P.ELLE surtout des animaux, sont morts par suite des hémorragies que produisait la morsure des sangsues. Il y a une quinzaine d'années que les papiers publics ont préconisé les sangsues commo pouvant indiquer d'avance le beau et le mauvais temps, le froid et le chaud. Un curé, celui qui le premier donna l'éveil ù cet égard , prétendoit qu'une sangsue , conservée dans un bocal sur une fe- nêtre, restoit au fond sans mouve- ment lorsque ie temps devait être se- rein et beau le lendemain ; que si il devoit pleuvoir avant ou après midi elle montait à la surface de l'eau, et y restait jusqu'à ce que le temps fût revenu au beau; que quand il dévoit faire grand vent elle parcouroit son bocal avec une grande vitesse, et ne cessoit de se mouvoir que lorsque le vent commencoit à soufïler; que lors- qu'il se préparoit une tempête , la DES 5 ANG SU ES. 28.) sangsue restoit constamment hors de l'eau , et pendant plusieurs jours , paroissant inquiète et agitée; qu'elle restoit constamment au fond du bocal pendant la gelée , contractée autant que possible; qu'enfin dans les temps de neige ou de pluie elle se fixoit à l'embouchure même du bocal, et s'y tenoit tranquille. II n'y a pas de doute que l'influence des variations atmosphériques n'agisse sur les sangsues, et qu'une partie des résultats cités ne se montre quelque- fois, ainsi que beaucoup d'autres ob- servateurs l'ont constaté; mais il n'y a pas, non plus, de doute qu'ils sont extrêmement variables, et que quatre sangsues, mises ensemble en expé- rience, présentent souvent chacune une indication différehte. Il faut donc laisser le baromètre et le thermomètre vivant pour servir de joujou aux en- fiins. 286 .HISTOIRE ]N.VHnî:LLE Sangsue indiene, Hl udo indica. Aplatie , brune , avec cent stries tranverses obtusémcnt épineuses. Cmel. , S} st. Nat. p. 3095. n. i. Se trouve dans la mer des Indes. Sangsue médicinale, Hir. medicinalis. Allongée, noirâtre, avec des lignes de diver- ses couleurs, le dessous avec des taches jaunes. Points d'yeux. Gesncr^ Fisc. fig. 425. Bergman^ act. Stock. 1767. tiib. 6. fig. 1 , 2. Ency. pi. 5i. fig. 12, Lamarck , Anim. sans vert. tom. v. p. 290. n. I. Voyez pi. 8. fig. 5 , où elle est représentée un peu plus petite que nature. Se trouve dans les eaux stagnantes et va- .seuses. Sangsue noire 5 Hiriido sangalsuga. Allongée , noire ; en dessous d'un cendré verdâire avec des taches noires. Pctiver , Gaz. tab. 1 5o. fig. 7. Berg. act. Stock. 1757. lab. 6. fig. 3 , 4* Eocycl. pi. 5i. fig- 3, 4. Lamarch, Anim. sans vert. tom. v. p. 291. n. 3. Se trouve dans les eaux stagnantes et maré- cageuses. Sangsue linée , Hirudo lineata. Allongée , grise , avec quatre lignes longi- ludinolcs sur le dos. Six yeux. DES SANGSUES. 287 ' Gmel. , Syst. Wat. p. 0096. n. 10. Se trouve dans les marais du nord de l'Eu- rope. Sangsue yulgaire , Hirudo valgaris Allongée, d'un jaune brun, avec huit yeux placés t'u demi-croissant. Bergman^ Acl. Stock 1757. tab. 6. fîg. 5. 8. Ency. |)l. 5i. fîg. 5,6,7,8. Erfobdtlla vulgaris ; Lamarck , Anini. Sans vert. tom. v. p. 296. n. 1. Se trouve dans les eaux des marais , parmi les plantes aquatiques. Sangsue bioculée, Hirudo biocalata. Allongée, cendrée; deux yeux seulement. Bergrn. act. Stock. 1707. tab. 6. fîg. 9. 1 1. Ency. pi. 5i. fig. 9 , 10, 11. Erpobdclla hiocuiata ; Lamarck, Anlm. sans vert. tom. v. p. 296. n. 2. Se trouve dans les fossés des marai?. Sangsue aplatie , Hirudo complanata. Large, cendrée ; la ligne du dos avec deux rangs de tubercules ; les bords dentelés. Six yeux. Berq.'AcK. Stock, tab. 6. fig. 12. i4. Erpnhdella complanata; Lamarck, Anim. sans vert. tom. v. p. 296. n^. 5. Se trouve dans les rivières, souvçnt altacbéc aux coquilles. !?.S8 IliSTOJRE NATURELLE Sangsue transparente, Uirado hyalina. Dilatée , transparente , jaune ; les bords entiers. Quatre à six yeux. Trcmhlcy , Hist. des Polyp'.-s, tab.y. fig. 7. Savign,, Syst. des annélides. p. 120. Se trouve dans les rivières, sur les plantes aquatiques. Sangsue swampine, Hirudo swamplna. Dilatée , sillonnée transversalemnt , ru- gueuse sur le dos , verte , variée de brun ; la tète , les bords du corps, et la queue, ma- culés de blanc; le dessous couleur de plomb. Cinq yenx. Voyez p\.^. fig. 5, où elle est représentée au double de sa grandeur naturelle. Cette espèce se trouve fréqueraentdans les marais de la Caroline , attacbée au tortues , iiux grenouilles, etc. où elle a été décrite et dessinée par Bosc. Sangsue des poissons, Hirado piscium. Allongée, jaunâtre, la ligne dorsale pencée et blanche. Quatre yeux. Roes. Ins. 5. lab. 32. Encycl. pi. 5i. lig. 17. Aihione verrucata ; Savi^n. , Svst. des annélides. p. iii.n. 2. Se trouve dans les rivières , a! tachée aux poissons; sa tête et sa queue se dilatent diffé- remment que dans les autres cs])èces. DES S A >' GS l ES. 289 Sangsue marquetée, Hirudo tesseltata. Cendrée; le bord avec des taclies carrées ; buit yeux disposés sur deux rangs longitudi- naux. Gmet. , Syst. Nat. p. SogS. n. 11. Se trouve dans les rivières du Word. Sangsue marginée, Hirudo marginata. Dilatée, brune; le bord avec des taches carrées ; et quatre yeux. Gmd. Syst. N;it. p. ôcgS. n. 12. Se trouve dans les rivières. Sangsue grosse, Hirudo grossa. Dilatée, jaunâtre, antérieurement fendue. Muller, Zoo). Dan. 1. pi. 21. fig. 1 — 5. Encycl. [;L 52. lig. 6 , 7 , 8 , 9 , 10. Savign. Syst. des annélides. p. 106. (/n nota, ) Se trouve dans la mer, vivant aux dépens des vers, des coquille bivalves, principale- ment des venus. Sangsue hyppogîosse, H. Iiyppoglossa. Dilatée , blanche ; le milieu du corps avec deux taches rondes , doubles et oculées. Mvilcr^ Zool. Dan. 2. tab. 54- fig. 1. i. Bas- ter ^ Opusc. tab. 8. fig. 11. Encyclopédie, pi. 52. fig. i5, 16 , 17. Savigny^ Syst. des annélides. p. 106. ( In nota ). Vers. l. aS SgO HISTOIRE MTURELLE Se trouve dans la rcer , sur les limandes» Sangsue muriquée, Hirudo murlcaia. Cylindrique; le corps couvert de tubercules. Mus. ad. Frcd. i. tab. 8. fig. 3. Baster. Opusc. tab. lo. fig. 2. Encycl. pi. 52. fîg, 5. Pontoijdeiin muricata; Lamarok, Anim. sans vert. tom. v. p. 295. n. 1. Se trouve dans la grande mer , sur les poissons. PLANAIRE , Pz:.^A-^;?7^3 Linnœus, Corps oblong , aplati, subgélatineux , tiès- fontractilc , ordinairement simple , quel- quefois muni antérieurement de deux ap- pendices auriculaires ou corniformes. Deux ouvertures sous le ventre Les planaires ont les plus grands rapports avec les sangsues. Elles n'en diifèrent au premier coup-d'œil, que par leur forme plus aplatie, et par leur bouclie et leur anus, plus éloi- gnés de leurs extrémités. Coumie les DES PLANAI RES. 29I sangsues, elles vivent dans les eaux stagnantes; mais, en général, elles préfèrent les eaux pures. On les ren- contre souvent dans les fontaines, les rivières, attachées aux pierres et aux plantes qui s'y trouvent. Elles sont également fort communes dans la mer, non-seulement sur les côtes , mais même au milieu de l'Atlantique, ainsi que Bosc l'a oBservé. La forme" des planaires est toujours un ovale; mais il est tantôt extrêmement allongé, tan- tôt presque rond, et quelquefois altéré par une fente ou des prolongemens antérieurs ou postérieurs. Leur apla- tissement est toujours très-remarqua- ble , quoiqu'il varie aussi plus ou moins , selon les espèces. Presque toutes sont assez transparentes pour qu'on puisse voir leurs organes inté- rieurs et les liqueurs qu'ils contien- nent. (]omme les espèces de ce genre sont, en général, petites, et que i 393 HISTOIRE NATtiRLLLî: l'homme n'en fait aucun usage, elles ont été beaucoup moins observées que les sangsues. C'est presque unique- ment à Pallas et Muller que l'on doit la description de celles que l'on con- noît. Les Naturalistes français s'en sont peu occupés, quoiqu'elles four- millent aux environs de Paris, et que leur étude présentât un aliment varié à l'activité de ceux qui habitent cette capitale. Bosc, qui en a, à différentes reprises , conservé plusieurs espèces dans des vaisseaux de verre, avec des lentilles d'eau, et autres plantes aqua- tiques, les a vues presque constam- ment fixées sur leurs tiges, et chan- geant de place toutes les nuits. Il a présumé , par la couleur de la liqueur contenue dans leur intestin , qu'elles vivoient des sucs de ces plantes, et ja- mais il n'a pu parvenir à leur faire at- taquer des animaux aquatiques sur lesquels les sangsues se jetoient avec D E s P L A A A 1 R t: s . '2ijO avidité. Cependant il y a lieu de croire que quelques espèces d'eaux douces, et toutes les marines, vivent de chair. On sait, à n'en pas douter, que ces animaux sont ovipares , puisqu'au printemps on voit leurs œufs ordinai- rement amoncelés sur un de leurs cô- tés; mais on ignore s'ils sont herma- phrodites ou unisexuels. L'analogie porte à croire qu'il en est chez eux, à cet égard, de même que chez les sang- sues. Quoi qu'il en soit , c'est vers le mois de mars, plus ou «loins tard, selon la chaleur de la saison, qu'elles se débarrassent de leurs œufs; et, dès le mois suivant, elles commencent à devenir fort abondantes dans les eaux qui leur (conviennent. Les observa- tions de Bosc lui font croire qu'il est donné à peu d'individus de se sous- traire aux causes de destruction qui les poursuivent constamment. En ef- fet, dès le mois de juillet , on en 294 HISTOIRE NATliRELtE voit une bien moindre quantité, et a l'entrée du printemps elles sont si ra- res, qu'on a de la peine à en trouver dans les lieux où on en voyoit le plus. Les planaires ont, sans doute, un grand nombre d'ennemis; mais il a paru à Bosc que les plus dangereux étoient les larves des insectes aquati- ques; il n'a jamais pu en conserver dans les vases où se trouvoient quel- ques-unes de ces larves, sur-tout celles des dytiques, des corises, des noto- nectes, etc. Les planaires qui vivent dans la mer se comportent probablement de mêmeque cellesdes eauxdouces; mais nous sommes encore moins instruits de leurs mœurs. Linnœus dit, dans l'exposé du genre, que la bouche est terminale : il est probable qu'il a voulu dire antérieure; car, ainsi que Bosc a cru le voir, c'est la première ouverture du dessous du t)£.S PLANAIRES. 29O ventre qui en tient lieu. Lamarck a traduit le Naturaliste suédois; mais Bruguière l'a corrigé, ainsi qu'on peut le voir dans l'Encyclopédie. Les intestins des planaires ne con- sis^tent qu'en un canal, plus ou moins' long, plus ou moins large, selon la longueur ou la largeur des espèces, duquel partent souvent des rameaux, quelquefois peu , quelquefois très- nombreux. Ce canal va toujours de la bouche à l'anus; mais il s'oblitère quel- quefois au peint qu'on le perd de vue dans une partie de son cours. Quelques planaires ont des yeux, d'autres n'en ont pas. Les premières en ont ou un, ou deux, ou trois , ou quatre, ou un plus grand nombre. C'est cette remarque qui a servi à Lin- nœus et à Muller pour couper le genre, qui est nombreux en espèces ^ en cinq divisions. Ces yeux sont or- dinairement noirs , et placés sur la 2i)6 rilSTOlRl", NATURELLE partie supérieure et antérieure du corps. La consistance des planaires varie selon les espèces; mais, en général, elle est peu considérable; quelques espèces sont mêmes si gélatineuses, qu'on ne peut les loucher sans les écraser. Elles sont extrêmement sen- sibles aux causes de destruction , et le plus petit degré de putréfaction de l'eau dans laquelle elles se trouvent, suffit pour les faire toutes périr; c'est probablement cette cause, encore plus que les ravages de leurs ennemis, qui les rend si rares après les grandes cha- leurs de l'été. Plnnairps sans yeux» Planaire notulée, Planaria notulata. Ovale , vctIl-; le dos avec quatre l:iches ron- des et hr.ines, donllcsdeux anléiieures s'^nt oeiilll'orrnes. Voi). pi. 8. Hg. ;• el 8, où elle esl représenîce, en di'ssns ef en de ^oup, au double de sa griin- deur naturelle. Î)ÏLS IL.V-NAIUES. 2t)7 Corps ovale , aplati , deux fois plus long que large , de couleur verte , avec deux taches ron- des, brunes, oculées de blanc sur la parlie an- térieure, placées transversalement, et deux autres non oculées, placées longiludinale- menl. Deux canaux faisant partie des intes- tins, visibles, en p;irlie, à travers la peau. Ea dessous, d'un blanc verdàlre avec deux points obscurs à chaque côté de la bouche, et une tache blanche demi-circulaire à l'anus. Un canal intestinal court, ovale, rameux anté- rieurement et postérieurement, et rempli d'une liqueur laiteuse, se voit entièrement à travers la peau. Longueur, cinq à six millimètres, et lar- geur, trois à quatre millimètres. Cette espèce a été trouvée très-abondam- ment par Bosc, dans la grande mer, entre l'Europe el l'Amérique, parmi les fucus qui en couvrent quelquefois la surface. 11 y a tout lieu de croire qu'elle vil aux dépens des po- lypes nombreux qui sont attachés sur ces fu- cus, car la couleur lactée de ses intestins est positivement la leur. Planaire stagnale, Planaria stagnalis. Ovale, brune ; la parlie antérieure plus pâle. Lamarck , Anim. sans vert. tom. m. p. 178. n. 1. Se trouve en Europe , dans les eaux douces stagnantes. Planaire noire, Planaria nigra. ï.*- Qvale , noire , antérieurement tronquée. 398 HISTOIRE NATURELLE Muller, Zool. Dan. 3. tab. 109. fig. 5, 4. Lamarck, Anim. sans vert. tom. m. p. 178. n. 2. Se trouve sur les rivages dans le nord de l'Europe. Planire brune, Planarla branea. Oblongue , brune , avec une ligne longitu- dinale noire. Cmd. , Syst. IVat. p. SoSy. n. 5. On ignore son pays natal. Planaire ciliée, Planarla clliata. Oblongue, comprimée, entourée de poils. Joblot , Microsc. 2. tab. 8. fig. 5 à 1 1 , et tab . 10. fig. i3. Gmel. Syst. Nat. p. SoSj. n. 4- Se trouve en Europe, dans les eaux sta- gnantes. Il est possible d'en former un genre particulier ; mais elle a besoin d'être observée de nouveau. Planaire goulue , Planarla gulo. Allongée , transparente , ciliée en ses bords ; la partie antérieure tronquée. Gmel. Syst. Nat. p. SoSj. n. 5. Se trouve dans les eaux stagnantes. Planaire porfctuée, Planarla punctata Allongée, cylindrique, verte, avec de pe- tits points noirs. DES PLANAIRES. 29g Gmel. Syst. JVat. p. ôoSj. n. 6. Se trouve dans les prés inondés du nord de l'Europe. Planaire flasque , Planaria flaccida. Allongée , brune , avec des lignes latérales et transversales blanches. Multer, Zool. Dan. tab. 64. fig. 3 et 4. En- cycl. pi. 80, Og. 5 et 4. Laniarck; Anim. sans vert. toni. m. p. 178. n. 3. Se trouve dans la mer du Nord , dans les si- nuosités des coquilles épineuses ou écailleuscs. Planaire rose , Planaria rosea. Allongée, ronge. Muller, Zool. Dan. tab. 60. fig. 9, 10. En- cycl. pi. 80. fig. 1, 2. Gmel. Syst. nat. p. 0088. n. 8. Se trouve dans la mer de Norwège. Planaire anguleuse, Planaria angulata. Allongée, d'un brun rouge, deux angles blancs à la partie antérieure. Gmel. Syst. Nat. p. 0088. n. 9. Se trouve dans la mer du nord de l'Europe. Planaire rouge, Planaria rahra. Oblongue, très-aplalic, d'un rouge pâle. MuUer, Zool. Dan. 2. tab. 68. fig. 9, 10. Encycl.pl. 80. fig. 9, 10. I OOr) HIÏ.TOIRE NATURELLE Gmei. Syst. nat. p. 3o88. n. lo. Se trouve dans la mer du Groenland , sut les fucus. Planaire yerte, Plm\aria vlridis. Oblonf^tie, convexe en dessus ^ verle, avec des stries trjinsverses Llaiiehcs. Mutlcr, Zool. Dan. 2 lab. 68. fig. 1, 4- En- cycl. pi. 80. fi^. Il, 12, i5. Gme^ Syst. Nat. p. 3o8S. n. 11. Se trouve dans la mer du Kord. Plan, operculée, Planaria opcrculata. Presque ovale, grise; en dessous un petit tube operculé saillant. JlIuUer, Zool. Dan. 2. tab. 60. fig. 5, 8. En- cycl. pi. 80. fig. i5. Gmel. Syst. Nat. p. r>o88. n. 12. Se trouve sur les lucusdans la mer du Nord. Planaire subulée , Planaria sahidata. Allongée, antérieurement niguë, posté- rieurement tronqi^ée. MuUcr, Zool. Dan. 2. tab. 68. fig. 11, 12. Enrycl. pi. 80. fig. 16 , 17. Gmel. Syst. Nat. p. 50S9. n. i5. Se trouve parmi les plantes marines, sur les côtes du Groenland. Planaire ventrue, Planaria ventrlcosa. Ovale, ventrue, antérieurement allongée DUS PL AN AI RE s. 001 en un cou cylindiuiue , postérieurement ob- tuse. Pallas, Spiciî. Zool. lo. tab. i . fig. 9 , 10. Gynct. Syst. JVat. p. ôoSg. n. 14. Se trouve dans la mer des Indes. P. quadrangulaire, P. quadrcmgalata. Paie, ovole, a-n[uë antérieurement, et ailée par quatre membranes crépues. Pallas^ Spicil. Zooi. 10. lab. 1. fig. 12. Gmel. Syst. Nat. p. 0089. n. i5. Se trouve dans les eaux stagnantes, en Al- lemagne. Planaire bicoiMie, Planaria bicornis. Ovale, lanréolée, obtnse aux deux bouts, gri^e, ponctuée de noir; deux tubes très- courts antéiieiiremcnt. Pallas, Spici!. Zool. 10. tab. 1. fig. 14.. Gmel. Syst. Nat. p. 0089. n. 16. Se trouve dans les eaux douces, en France et en Allemagne. Planaire grise , Flanaria grisea. Grise, élargie, allongée et aiguë antérieu- rement, courte et aiguë postérieurement. Multcr , Zool. Î3an. 5. lab. io5. fig. 1. Gmel. Syst. Nat. p. 0089. n. 17. Se trouve dans les lacs du Nord. Planaire fauve, Planaria fulva. Aplatie, élargie, aiguë aux deux cxtrémi- Yers T. 26 00 2 HISTOIRE NATURELLE lés; une tache longitudinale noîre, allongée dans son milieu. MuUer, Zool. Dan. 3. tab. io5. fig. a. Gmel. Syst. IVat. p. Sogo. n. 44- Se trouve dans les eaux douces. Planaire yiridate, Planaria viridata. Oblongue, cylindrique, verte, aiguë aux deux bouts. MuUer, Zool. Dan. 5. tab. io5. fig. 4« Gmel. Syst. Nat. p. Soqo. n. 45. Se trouve dans les prés inondés. Planaires a un seul œil. Planaire glauque, Planaria g lauca. Un peu allongée ; l'iris blanc. Lamarch; Anim. sans vert. tom. m. p. 178. n.4. Se trouve dans les eaux douces. Planaire linéate, Planaria lineata. Allongée, convexe et cendrée en dessus, avec une ligne longitudinale plus pâle. Lamarch ; Anim. sans vert. tom. m. p. 178 n. 5. Se trouve sur les côtes de la mer Ealtiquc. Planaire rutilante, PUnaria riitilans. Linéaire; le devant avec une pointe aiguë; l'œil noir. DES PLA.NAIRES. ÙOJ MuUei\ Zool. Dao. 3. lab. 109. fig. lo, 11, Lamarck , Anim. sans vert. tom. m. p. 179. n.6. Se trouve dans la mer Baltique. Planaires à deux yeux. Planaire brune , Ptanaria fusca. Brune, veinée de noir, oblongue, lancéo- lée, antérieurement tronquée, postérieurcr ment aiguë. PaliaSf Spîcil. Zool. 10. tab. 1. fig. i3.a. é. Lamarck; Anim. sans vert. tom. m. p. 179. n.7. Se trouve fréquemment dans les eaux dou- ces, aux environs de Paris. Planaire lactée, Planaria lactea. Aplatie, oblongue, blanche, tronquée an- térieurement. Muiler, Zool. Dan. 3. tab. 109. fig. i, 2. Lamarck; Anim. sans vert. tom. m. p. 179. Se trouve fréquemment dans les eaux dou- ces, aux environs de Paris. Planaire travers, Planaria torva. Apbtie, oblongue, cendrée ou noire; le dessous et l'iris blancs. Muiler, Zool. Dan. 3. tab. 109. fig. 5, 6. 5o4 HISTOIRE NA.TIRELLE Lamarch; Anirn. snns vert, tom, m. p. 179. n. 9. f^oyez la planclie 9. Cg. 9, où elle est re- présentée trois fois plus grosse que nature. Se trouve dans les eaux douces en Europe ; n'est pas rare dans les Icntaincs aux environs de Paris. Plan, tentaculée , î lanaria tcntaculata. Aplatie, oblongue, cendrée, antérieure- racnt tubuleuse. Gtnel, Syst. Nat. p. Sogi.n. 2. Se trouve dans les eaux marécageuses. Planaire crénelée , Planaria crenata. Aplatie, ovale, oblongue, pâle, le bord crénelé. Gmel. Syst. l^zi, p. 3091. n. aS. Se trouve dans les lacs du 'nord de l'Eu- rope. Planaire goinfre , Pianarla licUuo. Ovale , cylindrique, verte. Muilcr, Zool. Dan. 5. lab. io5. fîg. 3. Ginct. Syst. Kat. p. 0091. n. 24. Se trouve dans les prairies inondées du Nord. Planaire obscure , Planaria obscara. Ovale, oblongue, obtuse des deux côtés; blanche. DES PLANAIRES. OO Gmel. Syst. Nat. p. 0091. n. 25. Se trouve dans les eaux douces. Planaire rostrée, Planaria rosivcUa. rée; les yeux rouges. MuUer^ Zool. Dan. 5. tab. io5. fig. 6. Gmel. Sysf. Nat. p. 0091 . n. 26. Se trouve dans les marais. rianaire atomate, Planaria atomata. Plane, membraneuse, blanche, supérieu- rement parsemée de poinis roux. Jfutle7\ Zool. Dan. 1. tab. 02. Cg. 5 , 4. En- «'vrlopédic , p!. 81. fig. 5, 4- Gmel. Syst. Nat. p. 009 2. n. 27. Se trouve dans la mer, sur les côtes de '.orwège. Planaire cornue , Planaria coimuta. Plane , oblongue , avec un tentacule de cha- ';iie côlé de l;i têle. Muller, Zool. Dan. 1. tab. 22. fig. 5, 7. En- ryrl.pl. 81. fig. 5, 6, 7. Gmel. Syst. Nat. p. 3092. n. 28. Se trouve dans la mer de Norwèg . Planaire radiée , Planaria radiata. Oblongue , rousse ; le dos avec une rosette Manche. I 5oG HISTOIRE NATTRELLE rJulier, Zool. Dan. 3. tab. 106. fig.i. et lab. 109. fig. 7, 9. Grnci. Syst. Nat. p. 3092. n. 29. Se trouve dans les eaux des bois , dans le Kord. Planaire strigate, Planarla strigala. Oblongue, pâle, avec trois lignes longitu- dinales. MuUcr, Zoo). Dan. 3. tab. io5. fig. 8. Gmei. Syst. Kat. p. 6092. n. 3o. Se trouve dans les eaux marécageuses. Planaire grosse , Planarla grossa. Cylindrique, blancbe, aiguë antérieure- ment et postérieurement; les yeux noirs. Muiter^ Zool. Dan. 5. tab. io5. fig. 5. Grtid. Syst. Nat. p. 0092. n. 5i. Se trouve sur les plantes aquatiques, dans les étangs. Planaire linéaire , Planarla llnearls. Allongée , un peu cylindrique, d'un jaune pâle. 3/uiler, Zool. Dan. 5. tab. 106. fig. 2. Gmei. Syst. nat. p. 3092. n. 02. Se trouve dans les fossés des bois maréca- geux. Planaire terrestre, Planarla terrestrls. Linéaire en dessus, convexe, cendrée en dessous, plate et blanche. DES PLANAIRES. 507 Gmcl. Syst. ]Nat. p. 3092. n. 55. Se trouve sous les mousses et les phintes sè- ches, dans les lieux humides. Planaire tétragone , Planariatetragona. Jaune , rendue quadrangulaire par quatre membranes latérales. Mutier, Zool. Dan. 5. tab. 106. fig, 1, 5. Gmei. Syst. Nat. p. 0095. n. 54. Se trouve dans les eaux des fontaines et des ruisseaux limpides. Planaire capitale^ Planarla capitata. Oblongue, cendrée; la tête séparée par un élranglenient. Gmel. Syst. Nat. p. SogS. n. 55. Se trouve dans la mer Baltique- Planaire caudée , Planarla caudata. Antérieurement arrondie, postérieurement atténuée en queue. MuUer, Zool. Dan. 2. tab. 68. fig. i5 à i5. Encycl. pi. 80. fig. 22. Gtnel. Syst. Nat. p. 0095. n. 56. Se trouve dans la mer du Groenland. Planaire auriculée, Planarla aariculala, Oblongue, antérieurement tronquée et émarglnée , poslcrieurcment aiguë. Mutler, Zool. Dan. 2. tab. 68. fig. 16, 17. Gmcl. Syst. Nat. p. Sogo. n. 7)j. Se trouve dans la mer du Nord. i 5u8 HISTOIRE NATURELLE Planaire Claire , Planarla filaris. Linéaire; la queue filiforme, susceptible de coniraction. Muiter, Zool.Dan. a.tab. 68. fîg.18, 20. Encycl. pi. 80. fig. 29 , 3o, 5i. Gmei. Syst. Wat. p. oogS. n. 38. Se trouve dans la mer du Word. Planaire langue, Planaria lingiia. Transparente, brune , cendrée, obtuse aux deux c'xlrémilés. Mullc.r, Zool. Dan. 5. tab. io5. fig. n. Ginel. Syst. Kal. p. 0093. n. 47» Se trouve dans les élungs. Planaire à trois yeux. Plan, gesserienne. Plan. gesserensis.-S ■> Allongée, verte, rousse derrière la tête. Muller, Zool. Dan. 2. tab. 64. iîg. 5 , 8. En- cycl. p. 80. fig. 5, 6, 7, 8. Lamarctx; Anim. sans vert. tom. m. p. 171). n. 10. Se trouve dans les mers du JVord. Planaires à quatre yeux. Planaire marbrée, Plan, marmorata. Oblongue , pale. DES PLANAIRES, ÔOg^ Mullcr, Zool. Dan. 5. lab. 106. fig. 2. Lamarch; Anim. sans vert. tom. m. p. 179» n. II. Se trouve dans les eaux douces. Planaire blanche, Planaria candida. Gmel. Syst. Nat. p. 5og4. n. 48- Se trouve dans la mer du Nord. Planaire tronquée, Planaria truncata. D'un rouge pâle, anlérieuremcnt tronquée,, l'oslérieurement aiguë. 3/utler, Zooi. Dan. 5. tab. 106. fig. 1. Lamarch; Anim. sans vert. tom. m. p. 180. n. 12. Planaire à plus de quatre yeux. Plan, tréniellaire. Plan, tremellaris. Plane, membraneuse, jaune; le bord si- :.ueux. Mullcr^ Zool. Dan. 1. tab. 52. fig. i, 2. En- < ycl. pi. 8i. fig. 1 , 2. Lamarch; Auim. sans vert. tom. m. p. 180» j;, i3. Se trouve dans la mer Balliquc. VW V'V\ VV\'fc\A VVWW VV» »'V'»'V'\'\AA^VV« VWVW V».VV\ V VV\ 1 VERS INTESTINS, FASCIOLE, FjscioLU Linnœus. Corps oblong, ayant deux suçoirs , dont Tun à rextrëtnité antérieure, et l'autre sur le côté ou sous le ventre; le premier consti- tuant la bouche, et le second l'anus. Les fascioles sont des vers intesti- naux, connus depuis long-temps des possesseurs de troupeaux et de leurs bergers; mais qui n'ont commencé à être réellement étudiés que dans ces derniers temps. Ce genre est fort bien caractérivSé par ses deux ouvertures, dont l'une est toujours à l'extrémité antérieure , ou très-près de cette extrémité, et l'autre au tiers ou à la moitié de la longueur du corps. Ces deux ouvertures, dont DESFASCIOLES. 011 l'une doit être considérée comme la bouche, et l'autre comme l'anus, jouissent toutes deux de la faculté de se fixer sur les corps étrangers par l'eftet de l'absorption de l'air, c'est-à- dire, de la même manière que les sangsues. L'intérieur des fascioles représente un canal intestinal qui, après avoir circulé dans toute sa capacité, revient sur lui-même, et aboutit à la seconde ouverture; on y voit de plus deux eu trois autres vaisseaux dont on ne peut pas déterminer positivement la nature. Malgré les travaux de l'infatigable Muller , ceux de Goeze , Pallas , et autres, ce genre n'est sans doute en- core qu'effleuré. On n'en connoît point d'espèces exotiques; et il paroît, ce- pendant, au rapport de Bosc, que les animaux des pays chauds en sont bien plus abondamment pourvus que ceux I V)J2l HISTOIRE NATURELLE des pays l'roi.îs. Ce Naturaliste a ob- servé que les requins, les dorades, el autres gros poissons, qu'il a eu occa- sion d'ouvrir dans la haute mer, con- tenoient des milliers de fascioles ré- pandues dans les ouïes, les intestins, la capacité de l'abdomen, enfin dans, tous les viscères. Il regrette de n'avoir pu en décrire qu'un petit nombre d'es- pèces, faute de temps et de moyen d'étude préliminaire. L'espèce la plus commune est ap- pelée douve par les artistes vétéri- naires et les liabitans de la campagne. Elle a la Ibrme d'une petite raie, c'esL- à-dire , qu'elle est très-plate, trè;^- mince sur les bords, et terminée ar.- térieurement par un prolongemen: tubuleux et percé. L'autre trou est ver le tiers du ventre en dessous. Sa cou- leur est d'un vert obscur, quelque foi rougeatre. Ba longueur est de i o à i millimètres, ~ sur 6* à 8 de larg\ :: DESFASCIOLES OI5 Les canaux biliaires, ou excréteurs du foie, sont sa vraie demeure. Ce n'est, pour ainsi dire , que par acci- dent qu'on la rencontre dans d'autre» viscères. Tant que les douves ne sont qu'e petit nombre chez un animal , elles ne paroissent pas lui nuire; mais lors- qu'elles remplissent les canaux biliai- res, elles les tuméfient de toutes parts, et deviennent la source de plusieurs maladies, entre autres dans les mou- tons, qui y sont plus sujets que les autres quadrupèdes, comme on l'a déjà dit, où elles produisent la pourri- ture et la consomption. Dans ce cas, la laine tombe , la conjonctive est blanche, pille et lavée, les forces aban- donnent l'animal, et il périt de l'es- pèce d'hydropisie appelée ascite. Chabert , qui a décrit ces symptô- mes, ne parle pas du traitement pro- pre à les faire disparaître. Vers I. 5l4 HISTOIRE NATURELLE On pourroit conclure de son si- lence 5 qu'il crojoit qu'on pouvoit leur appliquer son remède général contre les maladies vermineuses , c'est-à-dire, l'huile empyreumati- ' que ; mais le moyen de croire que ce remède puisse être utile dans ce cas , comme dans ceux où les vers sont dans l'estomac ou les intestins! Malheureusement on sait que le meil- leur parti à prendre, lorsqu'un mou- ton commence à dépérir par cette cause, est de le tuer et de le man- ger; car les douves ne nuisent en au- cune manière à la bonté de la chair des animaux qu'elles attaquent. Quant aux chevaux , aux vaches et autres quadrupèdes domestiques, il est extrê- mement rare qu'ils recèlent assez de douves pour en être aflectés dange- reusement. Quoiqu'on ait cité des fascioles trou- vées dans le corps de l'homme, il n'est DES FASCIOLES. 3l5 pas encore véritablement constaté qu'il y soit sujet. Les fascioles ont été déclarées an- drogynes et ovipares, sur l'observa- tion qu'un très-grand nombre d'indi- vidus de la même espèce, existant dans le même animal, avoienttous un paquet d'œufs visibles; mais le fait est qu'on n'est pas plus instruit sur leur génération que sur celle de tous les autres vers intestinaux. Tout ce qu'on a dit, à cet égard, se réduit à des conjectures , ou tout au plus à des probabilités. Fasciole hépatique, Fasciola hepatica. Ovale ; rouverture anlérieure située sur un prolongement. Scfweff, MIcrosc. fîg.i — \y. Bioch.Eingevf, S.tab. 1. fig. 5, i^.Mullcr, Naturf. i8. tab. 4. fig. ii.Encycl. pj.79. fig. 1—9. Disloina hcpaticum ; Rudolphi Entoz. Syn. j>. 92. n. 1. Se trouve dans le foie des brebis et des au- tres animaux domestiques. C'est la douve des bergers. 5l6 HISTOIRE NATI'RELLE Fasciole du putois, Fasciota putovL Petite , presque ronde ; les deux suçoirs tfès-rapprochés. Goeze, Eingew. tab. î4.- Distoma irigonocefhalum, ; Budolphi En- ioz. Syn. p. 114. n. io5. Se trouve dans les intestins des putois. Fasciole du blaireau, Fasciota mells. Epaisse ; la tête triangulaire. Gocze, Eingew. lab. i^. fig. 1, 10. Distoma trigonocephalum ; Rudotphi En- toz. Syn. p. 114. n. io5. Se trouve dans les intestins du blaireau. F. delà chauve-souris, F.vespertiiionis. Allongée, cylindrique ; l'intestin rouge. Multer, Zool. Dan. 2. tab. '72. fig. 12, 16. Goeze, Eingew. tab. 14. fig. 1, 3. Encyclo- pédie, pi. 80. fig. 9, îo, 11. Distoma sima ; Rudolphi Entoz. Syn. p. 117. n. 117. Se trouve dans les intestins de la chauve- souris oreillardc. Fasciole du cerf, Fasciota elaphi. Ovale , conique ; l'anus très-ouvert ; la bou- che relevée et écartée. Zcdcr^ Schr. Berl. Nalurf. 10. tab. 3. fig. 8 , II. DES FA<;CI OLES OI7 Atn'pkistoma ccnicum ; Riidolphi Enloz. Syn. p. 91. n. 17. Se trouve dans le ventricule du cerf. Fasciole de la bile , Fasciola bilis. Tortue. Braun, Schr. Berl. Naturf. \o. tab. 5. fig. 4, Distoma crassiuscuium ; Rudolphi Entoz. Syn. p. 112, n. 97. Se trouve dans le réservoir de la bile de l'ai- gle à tête blanche. Fasciole de la buse, Fasciola buteoni. Distoma htiteonis ; Rudolf hi Entoz, Syn, p. 119. n. 127. Se trouve dans les petits intestins de la buse. Fasciole du milan, Fasciola milvi. Aplatie ; les intestins plissés* Dixtoma echinoce'phalum ; Rudolf hi En-' toz. Syn. p. ii5. n. 109. Se trouve dans les petits intestins du milan. Fasciole de la chouette , Fasc. strigis. Cylindrique; un seul suçoir. Goeze^ Eingew. tab. i4.iig-4» 6. Âmfhistoma macrocefàalwn ; Rudolf ht Entoz. Syn. p. 88. n. 3. 5l8 HISTOIRE NAirBELLE Se trouve dans les intestins de la chouette. S'écarte du genre. Fasciole très-petite, Fasciola pusitla. Extrêmercient petite; changeant de forme. Braun. Naturf. lo. tab. 3. fig. 6, 7. Disloma pusillum ; Rudolfhi Entoz. Syn. p. 104. n. 56. Se trouve dans le vésicule da fiel de la chouette hulotte; n'appartient peut-être pas à , ce genre. Fasciole du canard, Fasciola anatis. Boussâlre, cylindrique; un seul suçoir. Gocze, Eingew. lab. i3. Cg. 8, 11. Bloc. Eingew. tab. 10. fig. 5, 7. MuUer, Zool. Dan. 2. lab. 54. fig. 1, 3. Encycl. pi. 52, fig. 11, 12, i3, Distoma echinatum ; Rudolfhi Entoz. Syn. p. ii5. n. io6. Se trouve dans les intestins du canard. S*é-_ carie du genre. Fasciole de l'oie, Fasciola anseris. Oblongue , ovale; deux rangées de mame Ions en dessous; les suçoirs rapprochés. Froeticli, Naturf. 24! tab. 4. fig. 5 7. Monoslovia verrucosum ; liudolphi Entoz. Syn. p. 84. n. 12. ^c trouve dans les intestins de l'oie. DES F ASCI LES. OI9 Fasciole de la grue , Fasciola gruis. Bloc, EingCYV. tab. 10. fîg. 5, 7. Distoma echinatum ; Rudoiphi Entûz. Syn. p. ii5. n. 106. Se trouve dans les intestins de la grue. Fasciole du butor, Fasciola ardœa Presque ronde. Gocze, Eingew. tab. i5. iig. 1. Distoma ardece stellaris; Rudoifhi Entoz. Syn. p. 120. n. iSj. Se trouve abondamment dans les intestins du butor. F. de la salamandre, F. satamandrœ. Oblongue , presque linéaire; les suçoirs écartés. 1 roelich, Kalurf. 24. tab. 4» fig- 8, 10. Distoma crassieoie ; Rudolphi Entoz. Syn. \). 102, n. 46. Se trouve dans les intestins de la salamandre noire. Fasc, de la grenouille, Fasciola ranœ. Presque en forme de massue ; le poreaulé- rieur sesnile. Goeze, Eingew. lab. iS.fîg. 2, 3. Arrifiiistovia swbciavatwm ; Rudolf h.i En_ ioz. Syn. p. 90. n. 14. Se trouve dans les poumon», le foie et le*- intestins des grenouilles. 20 HISTOIRE NATURELLE Fasciole à crochets, Fasc. unclnulata. La partie postérieure armée de deux petits crochels élastiques. Braun, Nalurf. lo. tab. 3. flg, i, 3. Polystoma int6()errimum; Rudotphi En- toz. Syn. p. 125. n. i. Se trouve dans les tégumens de l'abdomen des grenouilles. Fasc. de la couleuvre, Fasc. colubrl. Blanchâtre, susceptible de prendre plu- sieurs formes; les suçoirs saillans; celui de l'anus plus grand. Distoma coluérî Americani ; Rudotphi Enloz.Sjn. p. 121. n. i48. Voijez la pi. 9. flg. 1,2,5, où elle est repré- sentée grossie sous trois de ses formes. .\ été trouvée très-abondamment par Bbsc dans la bouche d'une couleuvre d'Amérique. Fasciole brune, Fasciola fusca. Brune; la partie postérieure très-renflée, presque ov.-ile; la partie antérieure mince, cylindrique, inégale, avec deux j)etits tenta- cules en dessous. Le suçoir de l'anus très- grand. Distoma coryphœnœ ; Rudotphi Entoz. Syn. p. 122. n. i55. f'^oycz la pi. 9. fig. 4 > où elle est représentée dv grandeur naturelle. A. été trouvée par Bosc dans les ouïes cl les ntci-tios d'uni' dorade. '/■oophi/les i!L^ 1 z.ô . l'.isciole de In Coulonvro. -. • L,i I.ii\>vii.i(iilo doioiipcf 4,... Tasc. bi'uue . 81) . l.'HMl.iiule dos Moutons .> . . . .Y.isc , de la Oorado . 10 iiiz. r.'llx d.il . du Dai.plilii (> 1- ,isc. Caudato . DES F ASCI O LES. 02 1 Fasciole de la dorade, F. corjpiiœnœ. Cylindrique; la partie postérieure plus grosse , et l'antérieure relevée. Distoma coryfhœnœ ; Rudoiphi Enioz, Syn. p. 122. n. i53. y oyez pi. 9, fig. 5 , où elle est représentée de grandeur naturelle. A été trouvée parBoscen immense quantité dans les viscères d'une dorade. Fasciole caudate^ Fasciola caudata. Cylindrique ; la partie postérieure terminée par une longue qlieue. Distoma coryphœnœ ; Rudoiphi Entoz. Syn. p. 122. n. i55. Voyez pi. 9. fig. 6, où elle est représentée de grandeur naturelle. A été trouvée, par Bosc, en grande quan- tité dans les ouïes et les viscères d'une dorade . Fasc. à deux nœuds , Fasc. binodis. Allongée, cylindrique, avec une longue queue ; le suçoir latéral mameloné. Mutter, Zool. Dan. i.tab.So. fig. S. Ency- clopédie , pi. 79. fig. 24. Distoma hinodis ; Rudoiphi Entoz. Syn. p. 125. n. 160. Se trouve dans les intestins des poissons. Fasciole distique , Fasciola disticha. Allongée, cylindrique; le suçoir latéral épais et excavé. 522 HISTOIRE NATURELLE Mulicr^ Zool. Dan. i. lab. 3o. fîg. 9. Ency- clopédie, pi. 79. fig. 25. Disioma distichum ; Rudot'pki Entoz. Syn. p. 120. n. 161. Se trouve dans les intestins des poissons. Fasciole de l'anguille, Fasc. anguillœ, Leuwcn , Arc. Nat. pag. 3 16. fîg. 6. Distoma folymorphum ; Rudolfhi Entoz, Syn. p. 95. n. 16. Se trouve dans les anguilles. Fasciole hérissée , Fasciola scabra. Allongée , cylindrique , avec des rangées de denltlures. MuUer, Zool. Dan. 2. lab. 5i. fig. n8. En- cycl. pi. 79. fig. 28, 02. Distoma scabrum; Rudolfhi Entoz. Syn, p. 1 18. n. 121. Se trouve dans le ventricule du gade barbu. Fasciole de régrefin , Fasciola œgrefinu Linéaire , aplalie, point de cou. Muilcr , Zool. Dan. 1. tab. 3o. fig. 4- Ency- clopédie , pi. 79. fig. i5. Distoma simpiex ; Rudolfhi Entoz. Syn, p. 97. n. 20. Se trouve dans les intestins du gade égre- fin. Fasciole de la lotte, Fasciola blenii. Linéaire, aplatie; le cou très-large à sa base, et tronquée. >- DESFASCIOLES. 523 Muiler, Zool. Dan. i. t.ib. 3o. fig. 5 et 2. tab. 78. fig. 9. 14. Bloch , Eingcw. tab. 2. fig. 10, 11. Encycl. pi. 79. fig. 16, 17, 18. Distoma divergens ; Rudolphi Entoz. Syn.p. 97. n.24. Se trouve dans les intestins de la lotie vivi- pare. Fasc. du scorpion de mer, F. scorpii. FIliptique; l'autre extrémité avec un ma- melon très-pelil et perforé ; point de cou. I\jullei\ Zool. Dan. 1. lab. 00. fig. i. Ency- clopédie, pi. 79. fig. 12. Distoma granuiuin ; Rudolphi Entoz. Syn. p. 106. n. 67. Se trouve dans les intestins du cotlus scor- pion. Fasciole de la plie , Fasciola platessœ. Elliptique, verle. Mulier , Zool. Dan. 2. tab. 78. fig. 1, 5. En- cyclop. pi. 79. fig. 26, 27. Distoma areotatum ; Rudolphi Entoz. Syn. p. 1 1 1. n. 90. Se trouve dans les intestins de la plie. Fasciole du sandre, Fasciola lucioperca. Ovale, oblongue , un peu ventrue; Je cou court; le suçoir terminal évasé en son bord et uni. ïMuUer, Zool. Dan. 1. tab. 00. fig. 2. Ency- clop. tab. 79. fig. i3. 524 HISTOIRE NATURELLE Disloma nodulosum ; Rudolphi Entoz, Syn. p. 1 15. n. loo. Se trouve dans les intestins de la perche sandar. Fasc. de la petite perche, Fasc. percœ. Ovale , ventrue ; le cou court ; le suçoir ter- minal noduleux en ses bords. /ÙuUcr, Zool. Dan.i. tab. 3o. fig. 3. Encycl. pi. 79. fig. i4. Distonia noduiosuvi ; Rudolfhi Entoz. Syn. p. 1 15. n. 100. Se trouve dans les intestins de la petite perche. Fasciole bouteille , Fasciola lagena. Arrondie , avec un long cou. Braun, Naturf. 8. tab. 10. Distoma noduiosum ; Rudolfhi Enloz. Syn. p. 1 15. n. 100. Se trouve dans les intestins de la perche commune. Fasciole enjambée, Fasciola varica. Linéaire, cylindrique; le cou écarté, ob- tus ; le suçoir antérieur au dessous de l'exlré- inité. Militer, Zool. Dan. 2. tab. 72. fig. 8, ii. En- cycl. pi. 80. fig. 5, 6, 7, 8. Distoina varicum; Rudolfhi Entoz. Syn. p. 106. n. 69. Se trouve dans le ventricule du salar. DES FASCIOLES. 5^5 Fasciole de l'érioce, Fasciolacriocls. Elliptique , transparente ; le milieu roux. Mutler, Zool. Dan. 2. tab. 72. fig. 4 ; 7* En- cyclop. pl.So. fîg. 3, 4- Distomahyalinum; Rudolfhi Entoz, Syn. p. io5. n. 61. Se trouve dans les intestins de l'érioce. Fasciole du fario , Faschola farioiiis. Oblonguc, aplatie, antérieurement bordée par six lobes égaux. MuUer, Zool. Dan. 2. tab. 72. lig. 1, 3. En- ciclop. pi. 80. fig. 1, 2. Distoma iaureatuin ; Rudolf hi Entoz. Sya. p. iiS.n. 101. Se trouve dans les inlestios de la truite fa- rio. Fasciole de la truite , Fasciola truttœ. Obiongue , avec deux taches blanches lui- santes, orbiculaire, derrière le suçoir infé- rieur. Froelich, T^aturf. 24. lab. 4- fig. 16, 17. Distoma laurcatum ; Rudolphi Entoz^ Syn. p. n3.n. 101. Se trouve dans les intestins de la truite commune. Fasciole de l'ombre, Fasciola umblœ. Obiongue, aplatie; le cou aigu, rétractile. Vers I. 28 09.6 HISTOIRE NATURELLE Distonia seriaie ; Rudoiphi Entoz. Sya, p. 97.11. 22. Se trouve dans l'ombre - chevalier j espèce de saumoD. Fasciole du brochet^ Fascioia lucii. Lancéolée; !e bord aplati, crénelé; le cou allongé, cylindrique. Mulier,Zo'\. Dan. 1. tab. 3o. fig. 72,ettab. 78. fig. 6, 8. Encyclop. pi. 79. lig. 20, 22. Distoma tereticolie; Rudolphi Entoz. Syn. p. 102. n. 47* Se trouve dans l'ocsopliage et le ventricule du brochet. Fasciole de la brème , Fascioia bramœ. Allongée, cylindrique; la partie posté- rieure atténuée, obtuse; le cou cylindrique , un peu recourbé. muUcr, Zool.Dan.lab. 00. fig. 6. Encycl. pi. 79. fig. 19. DiHoma gtoblporum; Rudolf hi Entoz. Syn. p. 90. n. 17. Se trouve dans les intestins de la brème. Fasciole du meusnier, Fascioia jesis. Ovale, antérieurement pointue. Biocli , Eingew. tab. 2. fig. 10 , 11. Dlstona in/lexurn; Rudui-phi Entoz. Syn. p. 106. n. 68. Se trouve dans les intestins du meusnier. DES LI G l' LES. 2 7 LIGULE , Lt.rr/: , Bloch. Corps aplati, linéaire, très-allongé, inarti- culé et traversé dans toute sa longueur par un sillon apparent de chaque coté. On ne voit ni la bouche ni l'anus. Les anciens Naturalistes, Aristote à leur tête, ont connu les ligules, même sous leur nom actuel, que Lin- nœus avoit fait oublier en les réunis- sant aux fascioles. Ce n'est que dans ces derniers temps que Bloch, Goeze, Pallas, et autres, les ont remises en évidence, en les décrivant de nouveau sous leur nom primitif. Elles n'ont été observées, jusqu'à présent que dans les poissons ou les oiseaux aquatiques; et leur histoire ne présente que deux faits importans : mais l'un d'eux est des plus remarquables. Le premier est qu'elles ne se trouvent, dans les pois- sons, qu'en automne et en hiver; 028' HISTOIRE NATURELLE qu'elles les quittent en perçant leur clos ou leur ventre, dès que les ovaires des poissons commencent à grossir, et qu'elles périssent aussitôt qu'elles sont dehors. Le second, c'est qu'on en a trouvé de vivantes dans des pois- sons cuits. Linnœus dit avoir vu de ces vers, dont les uns avoient un centimètre, et les autres plus d'un mètre de longueur. Tous avoient trois sillons longitudi- naux, en dessus et en dessous^, les bords et les extrémités aiguës. Ligule intestinale, Llgula intestinalis. Très-blanche et très-aiguë. Bloch^ Eingew. tab. \. fîg. i, 2. Goeze. Eingw. tab. 14. fig. 1. Ligula interrupta ; Rudoi/phi Entoz. Syn. p. io3. n. 5. Se trouve dans les intestins des harles et des grèbes. Ligule abdomidale, Llg. abdominalis. Cendrée et large. Fasciota intestinalis ^ — Linn, Syst. NaL DES LINGUATILCS. v>29 Ecl.e. lab.G. lig. i.acJ.Skock. 1747. lab.5. fig. G. Goezc , Eiiigew. tab. 16. fig. 4^9. Liguia simflicisshna ; Rudoi'phi Entoz. Syn. p. 134. n. 6. Se trouve dans l'abdomen de plusieurs pois- 6ons d'eau douce. LINGUATULE, Lingvatclu Corps allongé , aplati , et ayant quatre pe- tites ouvertures à l'extrémité antérieure du corps. Ce genre n'est connu que par la description et la figure que Froelich a données dans le recueil allemand, in- titulé : Naturforchery n" 24, pag. 148, tab. 4, fig. 14 et i5, de la seule espèce qui la compose, et qu'il avoit trouvée dans le poumon d'un lièvre. L'expo- sition du caractère du genre et la vue de la figure 7, pi. 9 mettront au fait de tout ce qu'on sait sur cet animal, qui a été appelé linguatiile décou- 55o niSTOîP.E >iATURELLE pée , à raison des dentelures qui se remarquent sur les côtés de son corps. TyENiA , T/EMA:> Linnœus. Corps aplati, très-long, articulé, terminé an- ifiieurement par une tèle à quatre suçoirs, couronnée souvent de crochets rétractiles. Un ou deux pores sur les bords de chaque îitliculalion. Liis taenia sont, sans contredit, de tous les vers intestinaux, ceux qui ont le plus anciennement elle plus généra- lement intéressé les hommes, à raison de la singularité de leur manière d'être, de leur excessive grandeur, et sur-tout des suites graves que leur présence amène souvent. Ces animaux, qu'on a aussi nommé* vers solitaires, parce qu'on a cru long- temps qu'il n'y en avoit jamais qu'un I i DES T^ NI A. 53 1 dans le même individu, sont très-nom- breux dans la nature. Les hommes, les quadrupèdes, les oiseaux, les reptiles et les poissons, en sont également at- taqués. Les médecins anciens et modernes ont beaucoi^]> écrit sur les taenia qui vivent aux (.iépens des hommes; mais, faute d'avoir appris à connoître leur nature, à fixer leurs caractères spéci- fiques, on ne peut tirer aucun parti de leurs travaux : on n'y trouve que con- fusion et incertitude. Plusieurs même, égarés par leur imagination, ont en- fanté, à leur occasion, des systèmes entièrement hors de la nature, et par conséquent absurdt s. D'autres se sont établis les colporteurs et les commen- tateurs des contes populaires les plus dénués de vraisemblance. C'est donc dans les ouvrages publiés depuis que l'histoire naturelle, proprement dite, est venue éclairer la médecine , que 352 HISTOIRE NlTUaïiLLE l'on peut espérer Je trouver des no- tions certaines sur les tœnia ou sur les vers solitaires de l'homme et des ani- maux. Bonnet est le premier qui ait publié des observations satisfaisantes sur les taenia, dans un mémoire inséré dans le premier volume de ceux des savans étrangers, présentés à l'académie des sciences de Paris. Il est le premier sur-tout qui ait découvert et décrit la tête et la bouche de ce ver, que, jus- qu'alors, on avoit trouvé plus facile de nier que de chercher. Linnœus, qui, quelque temps aupa- ravant, avoit publié une dissertation sur le tœnia, où il rapporte des faits qui auroient dû le mettre sur la voie, n'eutpasplustôteu communication du mémoire du savant de Genève, qu'il multiplia ses recherches; et les taenia, revêtus de tous les caractères qui leur sont propres, se multiplièrent pour les DES T.ENIA. .K^O naturalistes. Chaque édition du Sjs- tema Naturœ en faisoit connoître de nouvelles espèces. Depuis la mort de ce grand Natura- liste , MuUer, Goeze, Pallas, Bloch, Batsch el autres, en ont encore con- sidérablement augmenté le nombre ; de sorte que ce genre est aujourd'hui très-nombreux, et le deviendra sans doute d'une manière effrayante, lors- qu'on étudiera l'histoire des vers in- testinaux hors de l'Europe : car, il faut le dire à la honte des voyageurs, on ne trouve encore décrite aucune espèce exotique de ce genre, et il y a lieu ce- pendant de croire que les animaux des pays chauds en sont infestés, comme ceux de l'Europe, et même probable- ment davantage. Linnœus avoit réuni, par des consi- dérations prises uniquement de leur tête, des vers fort différens par leur manière d'être et leur forme. Cette 534 HISTOIRE NATURELLE réunion étoit tolérable alors; mais elle doit être proscrite aujourd'hui que le nombre des espèces est devenu trës- considérable. C'est ce qui a déterminé Lamarck, d'après Goeze, Bloch et au- tres, à séparer des tœnia, proprement dits, qui ne se trouvent que dans les intestins, ceux qui vivent dans des sacs et même au milieu des chairs, dans les iégumens et les viscères, c'est-à-dire ceux qui produisent ces vésicules d'humeurs qu'on appelle hydatides. Ainsi donc, les tœnia dont il sera question dans cet article, seront seu- lement ceux dont le corps est plus ou moins long, mais toujours plat, tou- jours articulé, dont la partie posté- rieure finit en pointe, et la partie anté- rieure par quatre suçoirs également éloignés les uns des autres, et au cen- tre de réunion desquels se voit, sou- vent , un faisceau ou une couronne de crochets rétractiles et cartilagineux. DES TAENIA. 555 Les taenia vivent tous, des sucs gas- triques, pancréatiques et autres qui coulent perpétuellement dans l'esto- mac et les intestins des animaux, seuls endroits où ils se trouvent. Ils l'absor- bent par le moyen de leurs quatre su- çoirs, et ceux qui sont pourvus d'une couronne de crochets l'emploient comme moyen irritant, pour détermi- ner une plus grande sécrétion de ces liqueurs. Il est extrêmement rare qu'ils puissent percer les intestins. C'est toujours ou presque toujours à l'extrémité la plus grêle qu'il faut chercher la tête, partie qui varie beau- coup de l'orme et de proportions, ainsi qu'on le verra dans le détail des es- pèces. Les anneaux sont plus ou moins longs, plus ou moins larges, plus ou moins applatis, plus ou moins nom- breux, et de formes différentes dans toutes les espèces. Ils ont toujours un, deux, et même trois petits pores, qui 556 HISTOIRE NATURELLE ont été regardés, avant qu'on connût la tête et les suçoirs de ces yers, com- me les tuyaux absorbans de leur nour- riture, mais qui sont reconnus aujour- d'hui comme les issues de leurs tra- chées 5 ou les stigmates par le moyen desquels ils respirent. Vn intestin tra- verse le ver dans toute sa longueur, et va se terminer à l'extrémité posté- rieure, où est l'anus. Il est probable que deux canaux qu'on remarque à côté sont les trachées; mais l'anatomie des tœnia, toute simple qu'elle pa- roisse, est fort difficile, et les tenta- tives auxquelles elle a donné lieu, ont donné des résultats tres-peu satisfai- sans. Les tœnia ont deux espèces de mou- vemens; un latéral pendant lequel les anneaux se contractent d'un côté et se dilatent de l'autre ; un de haut en bas et de bas en haut, suivant la direction de leur applalissement. Ce sont de vé- DES T.ENIA. 557 ritables ondulations, à la faveur des- quelles l'animal avance ou rétrograde. Ses mouvcnaens, au sortir d'un cada- vre ouvert, encore chaud, sont très- vifs, et on en a vu qui se fixaient aux corps étrangers, par le moyen de leurs suçoirs, avec tant de force, qu'on les rompoit plutôt que de leur faire lâ- cher prise. On voit souvent à l'œil nu , dans le milieu des taenia, des cavités tantôt simples et rondes, tantôt composées par une réunion de points ronds, tan- tôt par la convergence de petits ca- naux de formes diverses. Linnœus les a appelés des ovaires, comme il a ap- pelé les stigmates orifices des œufs, c'est-à-dire sans aucuns motifs fondés, puisqu'il n'y a pas de preuves que ces parties servent aux fonctions que ces noms rappellent. Tout ce qu'on a écrit sur la génération des tœnia n'est appuyé sur aucun fait positif. Nous Vers I. 39 558 HISTOIRE NATURELLE sommes, à leur égard, dans la même ignorance qu'à celui des autres yers intestinaux, quoiqu'on remarque sou- vent des corps oyiibrmes dans l'inté- rieur des tœnia. On conservera le mot ovaire, faute d'autre; mais on substi- tuera celui de stigmate à celui d'orifice des œufs. Les anciens médecins avoient avan- cé que toutes les articulations des tœ- nia, rompues dans les intestins, don- noient naissance à autant d'animaux complets ; mais cette assertion est rc- poussée par les observations des mo- dernes. Il paroît constant, aujourd'hui, que, dans ce cas, les articulations meu- rent et sont expulsées du corps. Mais il est aussi constaté que, pourvu qu'il en reste quelques-unes attachées à une tète vivante, elles augmentent en nombre, et forment de nouveau, avec le temps, un animal parfait, ainsi qu'on l'a vu, dans les mêmes circontances. DES TENIA. .).);> dans le genre néréide et aulres voi- sins. Une chose très-digne de remarque, et qui prouve la grande variété des moyens que la nature emploie dans ses œuvres, c'est que l'estomac ni les in- testins d'aucun animal ne digèrent les taenia, ni les portions de taenia qui les habitent; qu'ils soient vivans ou morts, quoique leur substance paroisse de na- ture à être très-décomposable. On ignore s'il a été fait des expériences tendantes à s'assurer si des quadrupè- des, tels que des chiens, par exemple, qui nourrissent toujours un grand nombre de taenia , digéreroient ceux des autres quadrupèdes ou de l'homme; mais Bosc, avant ouvert un canard qui avoit mangé en sa présence, douze heures auparavant, plusieurs taenia rendus par un chien, n'en a trouvé aucune trace ni dans son estomac ni dans ses intestins. 54o HISTOIRE TSATIRELLE Chaque espèce de ver de ce genre habite dans une espèce d'animal, ou au plus dans quelques espèces voisines, comme la plupart des vers intestinaux. Le nombre des espèces de tœnia, vivant aux dépens de l'homme, paroît devoir se réduire à quatre; savoir: deux ayant des crochets au sommet de la tête, et deux n'en ayant pas : les pre-. miers sont le solitaire et le vulgaire ; les seconds, le large et le denté. Il y a une grande confusion dans les ouvrages de médecine, relativement à la synonymie destœnia. Tous quatre y portent le nom de ver solitaire. Celui que quelques auteurs ont appelé ver solitaire à anneaux longs , d'autres l'appellent ver à anneaux courts. Il en est de même de la dénomination de ver cucurbitain, qui a été appliqué à plusieurs. On ne cherchera pas ici à débrouiller ce chaos. On observera seulement que c'est le taenia vulgaire DE s TE ^M A. 34 ' que les Français appellent le plus com- muncmeut yer solitaire à anneaux courts, et que c'est le taenia solitaire de Linnaeus qui est connu d'eux le plus généralement sous le nom de ver cu- curbitain ou verà anneaux longs, parce que ses anneaux, lorsqu'ils sont sépa- rés, ressemblent à la graine d'une cour- ge, cucarbiia, en latin. Il seroit bien à désirer que les médecins qui écriront à l'avenir sur cette matière , précisas- sent davantage les vers qui feront le sujet de leur observation, et ils ne le peuvent, qu'en étudiant avec soin les caractères qu'ils présentent , en les comparant avec ceux qu'on donne ici, et en les rapportant aux espèces qui y sont décrites, par la citation de leur nom. Comme les symptômes que présen- tent les vers solitaires sont à-peu-près les mêmes, ce qu'on dira de l'un ser- \iia également pour les autres. C'est 542 HISTOIRE NATÎRr.f.LE le Uvnia vaii!;;îirt' que Ton pi'ciîd ici pour t3pe, coinuie le plus commun; après lui c'est le solitaire ou cucurbi- tain, qu'on rencontre le plus fréquem- ment, ensuite le large. Le denté est fort rare. Le vulgaire est le plus grand et le plus dangereux, et le cucurbitain îe plus diiTicile à chasser entièrement, parce que ses anneaux tiennent peu les uns aux autres, et que la tête échappe facilement aux effets dés re- mèdes. Hippocrate et tous les anciens mé- decins , étaient persuadés qu'il n'y avoit jamais qu'un seul tœnia dans le même homme; mais les observations des modernes ont prouvé qu'il pou voit y en avoir souvent plusieurs de la même espèce, plusieurs d'espèces dif- férentes? et un ou plusieurs mêlés avec les autres espèces et avec des vers de genres différens,sur-touldes ascarides. Ainsi la dénomination de ver solitaire DES TENIA. 5'j.T' ne convient pas nk-llemcnt aux taenia, et devroit être proscrite de la science; mais comme elle est consacrée par l'usage, que Linnœus l'a affectée à une des espèces, on l'emploiera pour cette espèce. L'extrémité postérieure du tœnia solitaire n'a jamais été observ ée, par- ce que les derniers anneaux se rom- ^Dent toujours. L'extrémité antérieure se réitéeit graduellement, et finit par n'être pas plus large qu'un fil, au bout duquel se voit la tête, au moyen d'une forte loupe ou d'un microscope. Cet animal est susceptilile de prendre un accroissement étonnant pour îe lieu où il se trouve. Boërhave en a vu un de trois cents aunes. On en cite un antre dans le journal de médecine de 1777, à-peu-prèsde même dimension. Ceux de cinquante, soixante aunes, se rencontrent fréquemment : la largeur ne passe jamais un centimètre. 3-j4 HISTOIRE N.'iTUUELLE II y a beaucoup de variétés dans le nombre et l'intensité des symptômes que le taenia produit. Il est des per- sonnes qui en rendent sans que leur exclusion ait été précédée d'aucune in- commodité marquée, tandis que d'au- tres en sont affectées d'une manière extrêmement grave. Selon les médecins les plus recom- mandables, les signes qui indiquent la présence des taenia, sont la pâleur du visage, le larmoiement, la vue trou- ble, les étourdissemens, les vertiges, le fréquent tintouin des oreilles, la puanteur de la bouche, le chatouille- ment de l'œsophage, accompagné^ as- sez souvent, d'une toux soutenue et de crachotemens continuels. Ces vers excitent souvent aussi des nausées, des vomissemens. Les malades éprou- vent quelquefois, et sur-tout à jeun, vers la région du foie , des douleurs, dont la violence leur fait assez souvent DES T/ENIA. 3|5 perdre la parole; leur appétit est dé- rangé ; ils éprouvent communément une faim dévorante, à laquelle succède quelquefois un dégoût général ou un appétit bizarre ; ils sont tourmentés de gonflemens après le repas, de bor- borygmes, de frémissemens dans les entrailles, d'envie d'aller à la selle, précédée de tranchées plus ou moins vives , souvent môme de coliques in- soutenables. Ils éprouvent un senti- ment de froid autour de l'ombilic, un sentiment de succion interne et d'agi- tation onduleuse. Quelques-uns, mal- gré la grande nourriture que la faim extrême les force de prendre, maigris- sent horriblement, d'autres, cepen- dant, conservent leur embonpoint. Le gonflement du ventre est encore un symptôme qui se rencontre chez certains sujets; il donne aux femmes une certaine apparence de grossesse ^^ d'autant plus suspecte, qu'elle est pour 346 HISTOIRE NATlllELLE l'ordinaire accompagnée de la sus- pension des règles. Les déjections sont g;laireuses, et présentent des excré- mens mous, battus, fouettés, et res- semblant à la fiente de bœuf. On y observe quelquefois des portions de ver. Le tœnia, par sa présence, peut, de même que les autres vers, donner lieu à des maladies graves , telles que les convulsions, l'apoplexie, la para- lysie; mais ses effets les plus ordinaires sont d'exciter la cardialgie, de jeter dans la fièvre lente, le marasme, la bouffissure, l'ascite, latympanite, de conduire enfin à la mort. Au tableau effrayant, mais fidèle, des symptômes du tœnia, il convient, pour l'exactitude , de joindre les si- gnes qui se tirent de l'âge , du tempé- rament, de la nourriture habituelle, de la saison, du climat. On le soup- çonnera donc plutôt chez les sujets d'un tempérament pituilcux , dans DES TE Ni A. 54'? ceux qui vivent de viandes crues, de poissons, de fruits peu mûrs, qui boi- vent des eaux impures, chez ceux qui habitent des îieux marécageux. Le printemps et l'automne sont les sai- sons où il exerce ses ravages avec plus d'énergie. Ces symptômes sont moins graves pour le taenia cucurbitain ; mais ce dernier est bien difficile à extirper en totalité, comme on l'a déjà dit. Parmi les spécifiques de nature ac- tive qui ont mérité quelque réputa- tion, il convient de placer celui de madame Nouffer, acheté par le roi de France , lequel a pour base de la pou- dre de racine de fougère mille. Son effet est presque toujours certain , mais son emploi est fort dangereux entre des mains peu exercées. En conséquence, on doit toujours appe- ler un habile médecin pour l'em- ployer. En général, tous les drasli- OijB HISTOIRE NATtRELLÉ ques agissent plus ou moins sur ces vers, et on peut espérer des succès de leur usage répété, et associé avec des substances propres à tempérer leur action délétère sur les viscères. Mais on doit à Chabert la décou- verte du spécifique le moins dange- reux. C'est l'huile empyreumatique : on en a vu l'emploi et l'usage dans les généralités de la classe ; ainsi il est superflu d'en parler plus en détail ici. Les animaux domestiques sont éga- lement sujets à être affectés de tœnia. Ils existent en plus ou moins grand nombre dans leurs intestins. Ils n'y causent pas des désordres moins grands et moins alarmans que dans l'homme. Chabert en a trouvé 227 dans un chien, 91 dans un cheval , 19 dans un bœuf, 12 dans un mouton. Leurs espèces sont différentes. Les jeunes chiens, qui y sont le? plus sujets, et qui en ont le plus, 3 A ZoopAl/fer. p^.^. ^gsa ^S^ ^ 'M f ^ ^^ ^ ^ <^^ i v^ .'^ ^ ^^^^^rai ? /A-..V-,,,. y,./. /,V/ 2 , 5 , 4,5. Rudoiphi Entoz. Syn. 169. n. 97. Se trouve dans les intestins du chat sauvage. Taenia filamenteux , T. filamentosa. Les articulations quadrangulaires ; les orifi-. ces se prolongeant comme des fils latéraux ; tête ronde. Goeze , Eingew. tab. 27. fig. 6. Batsch. Bandw. fig. 84 , 85. Encycl. pi. 44- fig- i« TœnîahaccHtaris ; Rudoiphi Eiitoz. Syn. p. 154. n. 08. Se trouve dans les intestins de la taupe> DES T/P:N1 A. .)DÔ Taenia ilii liéris.'^oii, Tœnia crinaccL Les articulalioDS conrles, dentées : le cou mil \ la tète avec une seule couronne de cro- chets. BLoch , Eingew. tab. 6. fîg. 1,2,3,7,8. Tœnia compacta; hudolffii Entoz, Syn. r- i64.n.;6. Se trouve dans les intestins du hérisson, Tœnia du hamster , l'œnia strmnlnea. Le cou simple, très-mince; les articula- tions quatre fois plus larges que longues. Gocze , EiDgcw. lab. 27. fig. 1. 5. Batsch. Bandw. fîg. 116. i65. Encycl. pi. /p. fig. i5, 16 , 17. Rudolphl Entoz. Syn. p. i65. n. 81. Se trouve dans les intestins du hamster. Tœnia à qiiatres lobes , T. qaadriloba. Lancéolé; IcsarticuLilions très-courtes; la tête tétragone , tronquée ; deux petits lobes de chaque côlé du cou. Millier, Zool. Dan. 5. tab. 110. fig. 2, 5, Pailas ,Beyir. i.tdb. 3. fîg. 21. 24. Èncyclo pédie pi. 43. fîg. 9, 10, II. Tœnia perfoiiala ; Rudolphi Entoz. Syn, p. )45. n. 6. Se trouve dans les intestins des chevaux. Tœnia de la chèvre, Tœnia capriua. Cylindrique, coniqv.e; les articulations trés- courfcs , quatre stigmate? latéraux. 354 nisToir.E naturelle MuUer^ Zool. Dan. 5. tab. i lo. fig. 4 , 5. Cysliccrcus tenuicoUis ; Rudolfhi Entoz. Syn. p. i8o. n. 5. Se trouve sur la superficie du foie de la chè- vre. Tœnia du perroquet, Tœnia psistaci. Filiforme ; les articulations très-courtes ; la tête extrêmement petite. Tœnia filiformis ; Rudoipiii Entoz. Syn. p. i66. n. 85. Se trouve très-abondamment dans les intes- tins des perroquets. Tœnia de la corneille, Tœnia cornicls. Les articulations antérieures infundibuli- fonries : les postérieures elliptiques Goeze, Eingew. tab, fig. 7. Tœnia undulata ; Rudolphi Entoz. Syn. p. 167. n. 88. Se trouve dans les intestins de la corneille. T. serpe nti forme, T. serpentiformis. La tête plus grosse à son extrémité ; la b;ise plus large ; les articulations cunéiformes, dilatées , courtes. Palias , Beytr. i.tab.5. fig. 29, 3o. Goeze. Eingew. tab. 01. fig. 7 à i5. Tœnia variahiiis ; Rudolphi Entoz. Syn. p. i5i. n. 28. Se trouve dans les oiseaux du genre du cor- beau , du pic , du vaneau , de la grive , et du moineau. I DES T^NIA. 355 Taenia cratériforme , T. crateriformis. Les articulations en forme d'entonnoir; le cou très-long très-simple , terminé par une tète en forme de flèche. Gocze, Ëinge-w. tab. oi. fig. B. 16. 18. Batsch. Bandw. fig. io5 , 104. Encycl. pi. /j.7. fig. 5,6,7. Rudolphi Entoz. Syn. f). 168. n. 91. Se trouve dans les in l obtins du grand pic. Taenia à collier , Tœnia torqaata. La tête avec un anneau noir; le cou très- mince , les articulations courtes et larges ; la dernière très-aiguë'. Bloch. Eingew. tab. 4. fig. 11. i5. Tœnia sinuosa; Rudolf hi Entoz. Syn. p. 166. n. 86. Se trouve abondamment dans les intestins du canard domestique et du pingoin Taenia fil , Tœnia filum. La tête arrondie, antérieurement obtuse ; îe cou simple; les articulations à peine visibles. Gocze, Eingew. lab. 02. A. fig. 1. 7. Batsch. Bandw. tab. 86, 87. Encycl. pi. 47- fig* 11 ^ Rudolf hi Entoz. Syn. p. 157. n. 49- Se trouve dans les intestins de la bécasse. Taenia infundibiilirorrae, Tœnia infan- dibiUiformis. Les articulations infundibuliformes, dente- 356 iHSTOiRr: naturelle lées ; la pariie antérieure do la tcle ailongét% cylindrique-. Goeze^ Eingew. lab. 3 1 . A. fig. i , 6. Pailas. Beytre. i. tab. 25. Cg. 29, 00. Batsch. Bandw. %. 51.91.93. 164. Rudolf hi Entoz. Syn. p. iSa. n. 33. Se trouve abondamment dans les poules et les canards. Taenia de l'étourneau , Tœnia starni. Les articulations allongées; la partie posté- rieure enflée des deux côtés; le cou court et simple ; la tète presque à quatre angles. Goeze , Eingew. R. fig. 19. 21. Tœnia farci tninalis ; Rudoifhi Entoz. Syn. p. 160. n. 62. Se trouve dans les intestins de rétourneau , Taenia du moineau, Tœnia passeris. Un peu épais ; les articulations très-cour- tes ; la partie postérieure sillonnée et fran- gé e. Pailas , Beytre. tab. 5. fig. 29 , 3o. Tœnia fringittartim ; Rudolphi Entoz. jn.p. 172. n. 119. Se trouve dans les intestins du moineau et du chardonneret. T. de l'hirondelle , Tœnia hirundinis. Capillaire ; le cou simple ; les articulations tionquées et infundibuliibrmes. T>E s TE NI A. Ojy Tœnia cifathlfortnis ; Ru((otplii Enloz. Sjn. p. i52. 11. 02. Se trouve dans les intestins de l'biron- delle. Tœnia noduleux , Tœnia nodulosa. Les articulations noduleuses, ponctuées dans leur milieu ; la tête à deux lèvres, cha- cune avec une double épine à trois bran- ches. (roece, Eingew. tab. 54. fîg. 566. Pa^/as. Beytre. tab. 5. fig. 02 , 55. Triœnophorus nodu(osus;Rudoiphi Entoz. Syn. p. i35. n. 1. Se trouve dans la vésicule du fiel des per- ches , des brochets , et des anguilles. Tœnia à tête sans crochets. Tœnia large, Tœ?iia lata. Blanc; les articulations très- courtes , noueuses dans leur milieu; les stigmates so- litaires et latéraux. paUas , Beytre. 1. tab. 5. fig. 17, i8, 19. ^onîiei. Mém. des ac. étrang. i.tab. i5, 16. Goezc. Eingew. tab. 21. ûg.S.B atsch.Bandw. fig. 5 1.66. Bothrioccphaius laius\: Rudotphi Entoz. Syn. p. i36. n. 1. Se trouve dans les intestins de Thomme, en Suisse et en Russie, plus fréquemment qu'ailleurs; a de iS à 120 pieds de long. 358 HISTOIRE NATURELLr; Taenia denté , Tœnia dentata. La trte pointue , sesslle ; les plus grandes articulations striées transversalement , toutes courtes et larges ; les stigmates latéraux, et plus élevés. Batsch, Bandw. fig. iio, ii3. PFerner, Verm. Intest. tab. 3. fig. 4/. ^7- Bot'hriocephalus ialus ; Rudolfhi Entoz. Syn.p. i56. n. i. Se trouve dans les intestins de l'homme ; a 10 à 12 pieds de long. Tœnia du phoque ^ Tœnia p hoc ce. La tète longue , à quatre côtés , avec qua- tre oreilles. Tœnia antfwcephcda ; Rudolf hi Entoz. Syn. p. i46. n. 8. Se trouve dans les intestin* du phoque barbu. Taenia baccillaire , Tœnia baccillaris. Tète arrondie, antérieurement pyriforme; les articulations très-étroites ; le cou non ar- ticulé. Goeze, Eingew. tab. 27^fîg.4> S.Batsch, Bandw. fig. 122 , 120. Encycl. pi. 45. fig. 18 , Rndoiphi Entoz. Syn. p. i54. n. 38. Se trouve dans les intestine de la taupe. Tœnia pectine, Tœnia pectina. Oblong , lancéolé ; la tète échancrée ; le cou à peine visible. DES T.ENIA. JOg Batsch , Bandw. fîg. 89. 168. Goeze, Ein- gew. tab. 27. fig.7. i3. Pallas , Beytr. 1. tab. 5. fîg. 25. 27. Journal de Pbys. septembre 1778, pi. 2. fîg. 3. Encycl. pi. 44» fis* 7 1 ^' Rudolf hi Èntnz. Syn. p. i45. n. 3. Se trouve dans les intestins du lièvre , du lapin et de la marmotte. Tœnia de la brebis , Tœnia ovina. Les articulations courtes , arrondies des deux côtés ; des vésicules latérales transpa- rentes ; les stigmates doubles et marginaux. Bioch^ Eingew. tab. 5. fîg. 1. 5. Goeze. Eingew. tab. 28. fig. 1.12. Batsch. fîg. 109. 162. Tœnia exfansa ; Rudol'phi Entoz. Syn. p. 144. n. 1, Voyez pi. 10 , fîg. 2 et 3, où sa partie anté- rieure est représentée de grandeur naturelle, et où la tète , vue de coté , et trés-grossie. Se trouve dans les intestins des moutons , même naissans. Ta?nia du cheval, Tœnia eqidna. Tête quadrangulaire , avec quatre trous ; les articulations larges et courtes , les stig- mates invisibles. Pallas^ Beytr. \. tab. 3. fîg. 20. Goeze. Fin- gew. tab. 25. B. fîg. 11. i3. Batsch. Bandw. fîg. 107, i3S. Chahert., Traité des Mal. Verra, tab. 2. fîg. 1 Encycl. pi. 43. fîg. 12, i5, i\. Tœnia flicata ; Rudolphi Entoz. Syn. p. i44. n. 1. Se trouve dans les intestins des chevaux. 56o HISTOIRE NATURELLE ï?enia du cochon, Tœnia suis. Paitas , Spic. Zool. 2. lab. o. iig. i3. Tœnia hyracis; Rudolflii Entoz. Syn. p. 170. n. 107. Se trouve dans les intestins des cochons d'Ethiopie, Taenia globifère, Tœnia giobifcra. Les premières articulations rhomhoïdales; les suivantes ovales et pjriformes ; les der- nières globvdeuses et pétiolées. Goezc , Eingew. tab. Sa. A. fig. i3. 16. Bloch. Eingew. tab. 5. fig. 5. 7. Batsch, Bandw. fig. 119. 121. i34. i56. Encycl. pl.4S. fig. 1 , 2 , 5. Rudotphi Entoz. Syn. p. i58, n. 55. Se trouve dans les intestins des faucons. Tœnia perlù , Tœnia perlata. La tête quadrangulaire ; les articulations carrées, avec le bord aigu , et le nœud du milieu blanc, semblable à une perle. Goeze, Eingew. tab. 5'2. B. fig. 17. 25. Batsch.Bandw. fig. 75.75. Encycl. pi. iS. fig. 5,^ 11. Rudolfhi Entoz. Syn. p. 1^6. n. 10. 'Se trouve dans les intestins de la buse. Tœnia fouet, Tœnia flagellum. La partie poistérieure Irès-largc , et se Ï)ES TAENIA. 56l transformant très- rapidement en un filet très-étroit , qui constitue la partie anté- rieure. Goeze, Eingew. tab. 02. B. fig. aS. 5i. £a/5c/j. Bandw. fig. 90. 169. Encyci. pi. 48. tig. 16 à 19. Rudolfhi Entoz. Syn. p. 161. n.67. Se trouve dans les intestins du milan. T. candélabre , Tœnla candelabraria. Les articulations oblongues; le milieu campaniforme ; des lignes demi-transparen- tes et parallèles sur leurs bords ; l'extrémité antérieure capillaire. Goeze^ Eingew. tab. 32. B. fig. 24» 27. Batsch. Bandw. fig. 70. 72. Encyci. pi. 48. fig. 11 à 14. Rudolfhi Entoz. Syn. p. 160. n. 60. Se trouve dans les intestins de la chouette. Taenia crénelé , Tœnia crenata. La tcte obtuse , le cou très-long; les arti- culations crénelées ; leur largeur excédant six fois leur longueur. Batsch^ Bandw. fig. ii4, 11 5. Goeze.Xzh. 5i. B. fig. i4, i5. Encyci. pi. 47- Cg^ 3, 4« Rudoif-hi Entoz. Syn. p. i46. n. 11. Se trouve dans les intestins du grand pic. Tœnia lancéolé , Tœnia lanceolata. Longuement lancéolé ; les articulations très-courtes, décroissant petit à petit ; la tète semblable à un mamelon. Vers. \. 3i 363 HISTOIRE NATURELLE 5/oc/i,Eingew, tab. 1 1. fig. 5 , 6,9. Goeze. Eingew, tab. 26. fig. 5. 12. Pallas. Beytr. 1. tab. 5. fig. 26. /?rtfAc/j,. Bandw. fig. 28. 167. Encyclopédie, pi. 45. fig. i5 à 24. Rudotphi Entoz. Syn. p. i45. n. 6. Se trouve dans les intestins du canard, du harle, et autres oiseaux aquatiques. Taenia séligère, Tœnia setigera. Corps portant d'un seul côté des soies min- ces , courtes, cylindriques et tronquées. Frodich. Natiirf. 24. tab. 5. fig. 1—7. Rudolphi Enloz. Syn. p. i53. n. 35. Se trouve dans les intestins du canard. Tœaia de l'oie , Tœnia anseris. Petit, très-aigu ; la partie antérieure ca- piliaiie. Gocze. 'EAn^cw . tab. 29. fig. 1. Encyclopé- die, pi. 45. fig. 10 , i4. Tœnia ianceoiata; Rudolphi Entoz. Syn. p. 145. n. 6. Se trouve dans les intestins de l'oie. Tœnia du canard , Tœnia anatis. Les articulations presque triangulaires;;; les stigmates latéraux presque marginaux ;. la tète obtuse, souvent prenant la forme d'un marteau. Pailaa , Beytr, 1. tab. 2. fig. 23 , et tab. 3. fig. 29. Batscfi.Bandw.ûg. iZo. Goeze. Ein- gew. tab. 3o. fig. 1, 3. Encycl. pi. 49- fig. 1 à 5. DES TJEIH lA. 365 Tœnîa trUineata; Eudotfhi Entoz. Syn. p. 167.11.87. Se trouve dans les intestins des canards, Tœnia uni, Tania lœvis. La tète cylindrique ; le cou très-mince et très-long;; les articulations six fois plus larges que longues. Bloch^ Eingew. tab. 4* fig* ^ ,G- Batsch. Bandw.fig. 126, 127. Rudoifhi Entoz. Syn. p. i55. n. 42. Se trouve dans les intestins des canards garot et souchet. Tœnia cunéiforme, Tœnîa cimeata. La tête pointue , sessile ; les articulations en forme de coin. Baisch ., Bandw. fig. 117, 1 18, ;B entou^ rés de la ligne latérale. Frodîch , Tïaturf. 24. tab. 4- fig* 20 , 21. Tœnia iongîcoUis ; Rudoiphi Entoz. Syn. p. 149. n. 21. Se trouve dans les intestins d'une espèce du saumon , Salmo wertsmanii. — Linn. Taenia rectangulé, Tœnia rectangulum. Les articulations transverses , arrondies en leurs bords, avec une ligne demi-transpa- rente , presque droite , fléchissant aux an- gles. Batsch^ Bandw. fîg. 83. 147. ^/oc/i. Ein- gew. tab. i.ûg.y, 8. Botriocefhalus rectangulum ; Rudoiphi Entoz. Syn. p. i58.n. 1 o. Se trouve dans les in*e stin s du barbeau. DES T.EMA. 3"9 Tœnia toruleux , Tœnia torulosa. Allongé, noueux; la tète obtuse ; le cou crénelé ; les articulations orbiculaires ; les stigmates deux par deux , et difformes. jBafsc/i, Bandw. fig. \5\. lo^.Blooh.^in- gew. tab. 2. fig. 1.4. 10, 11. Encycl. pl.49. fig. i3 à i5. Rudolf h{ Enioz. p. . 49. n. 23. Se trouve dans l'intestin de la carpe jesé. Taenia laticeps , Tœnia laticeps. Finement strié en travers; la partie posté- rieure très-épaisse ; le bout obtus , antérieu- rement terminé par un ^lobe contractile et crénelé. PaUns, Beytr. lab. 3. fig. 35. Caryojyhyllœus mutahilis ; Rudotphi En- toz. Syn. p. 12J. n. 1. Se trouve dans les intestins de la brème. 3;;o HISTOIRE naturelle HYDATIDE, HroATis, Lamarck. Corps vrsiculeux, au moins postérieurement, et terminé antérieurement par une tête munie de trois à quatre suçoirs , avec , ou sans crochets. Les vésicules pleines d'eau , appe- lées hydatides par les médecins , et qu'on remarque sur le foie, le cerveau et autres viscères de l'homme et des animaux, sont connues de tout temps; mais ce n'est que depuis un petit nom- bre d'années qu'on sait qu'elles sont produites par un ver fort voisin des taenia par ses caractères génériques. Aujourd'hui même, quoique l'histoire des diflerentes espèces de vers qui for- ment des hydatides dans l'homme et les animaux domestiques, soit classi- que en Allemagne , la plupart des médecins, et des vétérinaires fran- çais, considèrent encore les hydatides DES HYDA TIDES. Ù'^ l comme fl<3 simples dépôts limphati- qiies. Aucun des derniers ouvrages, sur ces sciences, n'en parlent autre- ment. Il est cependant certain que ces vers sont connus des professeurs des écoles de médecine de Paris et vétéri- naire de Charenton, et qu'on en voit plusieurs espèces bien étiquetées dans les cabinets de ces deux établissemens, ainsi que Thyllaye, l'estimable con- servateur du premier de ses cabinets , peut le prouver à ceux qui le désire- ront. Les hydatide& différent des tœnia, principalement, parce qu'elles forment un sac qui n'est qu'une expansion membraneuse de leur corps ; elles en diffèrent encore par le lieu de leur ha- bitation, qui n'est jamais l'intérieur des intestins, mais la surûice des vis- cères et des membranes, et quelquefois l'intérieur du lard dans les animaux qui en ont. Du reste, les organes de 5^2 DES H YDATIDÉS. la bouche sont les mêmes, c'est-à-dire ^ qu'on y remarque quatre suçoirs , et au centre de leur réunion, ou une cou- ronne de crochets ou une dépression qui est peut-être la bouche. Il n'est pas étonnant pour ceux qui ont étudié les animaux des hydatides, que leur connoissance ait échappé si long-temps aux observateurs. Il faut, lors même qu'on est certain de leur présence, une longue suite de tenta- tives pourpouvoir découvrir leur tête, la seule partie de leur corps qui porte des caractères organiques particuliers, comme on l'a vu plus haut. Edw. Tyson a d'abord découvert les animaux des hydatides, sur le foie des brebis. Ensuite Th. Barthelinus les observa sur le foie des chèvres, Peyrus dans les cochons, etc. Mais c'est à Pallas que l'on doit le premier travail bien ordonné sur les hydatides, dans un mémoire inséré dans ?es DES HYDATIDES. Ô^S MisceUanca Zoologica. Depuis lui, Goeze, Bafcscli, Bloch^ et autres, ont multiplié les faits; cependant, malgré les travaux de ces hommes célèbres , il reste encore beaucoup de choses à désirer sur les animaux de ce genre. Les hydatides sont assez générale- ment superficielles, c'est-à-dire qu'on voit une partie de leur corps engagée dans la substance du foie^ ou de tout autre viscère, et une partie saillante en dehors : on dit assez généralement, parce qu'il arrive souvent , sur-tout lorsqu'elles sont très-multipliées , qu'on en trouve qui sont entièrement cachées. Les espèces qui vivent dans le lard, telles que la ladrique et la dcl- phinique, sont au contraire bien plus souvent renfermées dans l'intérieur (^.o cette substance, que visibles à la surface des viscères , quoiqu'on eu trouve toujours sur eux. La grandeur des^vésiculcs desiiyda- Vers I. 3 2 374 HISTOIRE NATURELLE tides varie selon les espèces , et, dans la même espèce, selon l'âge, le tempé- rament de l'animal, aux dépens duquel elles vivent. Pallas en cite delà gran- deur de la main; mais elles sont fort rares. Leur figure varie infiniment; mais, cependant, se rapproche plus ou moins de celle d'un sphéroïde, ou d'un ovale applati. Leur couleur est ordinairement blanche ou demi-trans- parente , sans couleur distincte , leur substance , composée de fibres circu- laires visibles seulement à la loupe. Elles sont à moitié remplies d'une lymphe, ordinairement transparente, d'une saveur huileuse, salée, très- foible, qui devient nébuleuse comme delà gélatine, lorsqu'on lui fait éprou- ver l'effet de la chaleur à une haute température. Ces vésicules ont un mouvement propre, qu'on pourroit appeler péristaltique , et qui est sou- vent très-vif. DES HYDATi DES. O7O L'animal, dont la membrane île ces vésicules t'ait partie , varie clans ses proportions, relativement à la vési- cule , selon les espèces. La vésicule n'est pas toujours terminale lorsque l'animal est dans son lieu natal. Sou- vent la tête est placée dans son inté- rieur par le reploiement du cou et de la partie antérieure de la vésicule; et c'est de là qu'elle agit sur le viscère, pour sucer la lymphe, et en remplir la capacité de sa vésicule. Bosc qui, souvent, a observé les animaux des h^^datides , et qui a eu d'abord beaucoup de peine à voir leur tête, indique ici comme moyen le plus prompt et le plus certain , de détacher la vésicule , de la vider de sa lymphe, et de la placer entre deux lames de verre, en ayant soin de ne faire ap- puyer ces lames, sur la partie anté- rieure, qu'en dernier et très-lente- ment. x\lors on voit distinctement au 5^6 HISTOIRE NATURELLE microscope, et miiiiie sealcmciit à la loupe, et les quatre suçoirs et les crochets lorsqu'il y en a. Cette partie, ainsi préparée, peut se conserver des- séchée un laps de temps indéterminé. Il garde des têtes d'iiydatides globu- leuses, depuis prés de vingt ans. Les hydatides, dans l'homme, se remarquent principalement sur le foie et la rate ; mais on en voit aussi sur le placenta, dans l'intérieur des muscles. On accuse celles qui se placent sur le sac liydropiqae d'être une des causes ilu développement d'une espèce d'hy- dropisie, et celles qui se trouvent sur le cerveau de donnerlieu^ quelquefois, à la folie. Souvent des hydatides exis- tent dans les viscères de l'homme, sans qu'elles produisent d'eftets sensibles; mais aussi quelquefois des douleurs extrêmement aiguës, temporaires ou continues, en sont la suite. On a des ^observations qui prouvent qu'elles ont DES HYD ATi DES. .I-7 conduit directement à la mort. Outre les douleurs citées, on peut encore préju{;er leur présence par la débilité des sujets, leur maigreur, l'oppres- sion qu'elles font éprouver à l'esto- mac. Il n'y a point de remèdes assu- rés contre leurs ravages. En général, elles sont peu communes dans l'homme ; mais il n'en est pas de même dans les animaux. Il est très- rare de tuer un lièvre, dans un pays marécageux, sans en trouver son foie surchargé; les rats y sont également très-sujets. Elles produisent, dans les moutons, deux terribles maladies qui en enlèvent, chaque année, une grande quantité, et qui, quelquefois, dépeu- plent des pays entiers. On veut dire le verligo, occasionné par l'hydatide cé*- rébrale, et la pourriture occasionnée par les hyd itides vervecine et oviile. Elles forment, dans le cochon, celle maladie, connue de tout temps, sous 578 niSTOinF, NATTRCLLE le nom de ludreiie. Elles se trouvent aussi dans le renne, la chèvre, le bœuf; mais elles y sont bien moins dange- reuses. On reconnoît qu'un mouton a des hydatides dans le cerveau, lorsqu'il lourne souvent et vivement la tête d'un même côté; lorsqu'il court très-vîte, et s'arrête subitement, sans cause ap- parente; enfin, lorsqu'il paroît comme fou. Leurs ravages sont lents, mais presque toujours certains. Ils condui- sent à la mort. A l'ouverture des ca- davres, on trouve le cerveau rapetissé. Mais le^ effets de ces hydatides sont moins fréquens et moins généraux que ceux de celles qui attaquent les pou- mons, et causent ce qu'on appelle la- pt)urriture. C'est une espèce d'hydro- pisie, par épanchement, qui est très- commune sur-tout parmi les moulons qui paissent dans les endroits maréca- geux, et en enlèvent d'immenses quan- DES HYDATIDES. 079 titcs. Ses signes caractcrisliques sont la pâleur des yeux, la contenance peu ferme de l'animal, la facilité qu'a la laine de se détaclier pour peu qu'on la touche, la pilleur des gencives, la foiblesse toujouis croissante; et ils se terminent à !a mort. A l'ouverture des cadavres, le foie est d'un brun livide, sa substance est molle et se déchire aisément; on voit, à sa surface, une grande quantité d'hydatides, ainsi que sur le poumon et autres viscères. La lividité et la mollesse affectent généra- lement toutes ces parties. On a remarqué que les moutons qui paissent dans les lieux arides sont bien moins sujets à la pourriture, et que ceux qui paissent dans les marais salés ne le sont point du tout. On en a conclu, et avec raison, que le meil- leur préservatif et le meilleur remède étoit une nourriture très-sèche et l'u- sage habilucl du sel. La pratique s'est 58o niF^TOîRE NATURELLE ici trouvée rraccord avec la théorie. Cependant , quand on voit des mou- tons évidemment attaqués de cette maladie, ou du vertigo, le mieux est de les vendre au boucher, et aussitôt d'employer les moyens préservatifs pour les autres. Dans les cochons , lés hydatides se logent, non-seulement dans les vis- cères, mais encore dans toute la sub- stance du lard. Bosc en a vu un qui en étoit si surchargé, qu'elles se tou- choient, presque partout. On appelle la maladie qu'elles occasionnentladre- rie, parce qu'on s'est imaginé qu'il y avoit de grands rapports entre elle et la lèpre. Cette maladie est connue de tout temps, et la vente des cochons qui eu éloient infectés étoit défendue par les anciennes ordonnances de po- lice. On avoit même créé des charges, sous le titre de jurés langueyeurs de porcs, dont l'objet étoit de s'a surcr. DES H YD ATI DES. O» I par l'inspection de la base intérieure de la langue, lieu où les hydatides se placent volontiers, si les cochons ex- posés en vente n'étoient point ladres. Outre ce S3mptônie, qui est certain, lorsqu'il se montre, on juge encore que les cochons sont attaqués d'hyda- tides lorsqu'ils sont tristes, qu'ils se remuent difficilement, que leurs forces les abandonnent, que la racine des poils devient sanguinolente. Les re- mèdes qu'on a indiqués, pour cette ma- ladie, ne sont rien moins qu'assurés, et poiu' les cochons encore plus que pour les moutons; le mieux est de les tuer dès qu'on s'aperçoit de leur état. La viande de ces animaux , comme Bosc s'en est assuré, est molle et fade; mais son usage ne produit aucun eflel nuisible. Hydatide globuleuse, Hydatisglobosa. Cylindrique ; la vésicule terminale glo- buleuse, liès-grosse. 58'2 HISTOIRE NATl'RELLE Batsch. liandw. fig. 58. 4i. Bloch. Eingcw. lab. 10. fig. 1 . 8. Gocze. Eingcvv. lab. 17. A.B. fig, 1 à 9. Pallas. Misccl. Zool. lab. 12. fig. 1 h 1 1. Encycl. pi. Sg. fig. 1 , 2. Cysticercus tcnuic.oltis ; Rudoiflii Entoz. Syn. p. 180. n. 3. Se trouve dans le foie , la rate , et autres viscères de l'homme et du cochon. Hydatide Yiscéï nie, Hydatis vlsceralis. Pisiforme , renfermée dans la vésicule, an- térieurement large , postérieurement poin- tue. Goeze ^ Eingew. tab. 20. B. fig. 12. ai? , Wern. Vcrm. Intest. tab. 9. fig. 29. 53. Echinococchus hominis ? Rudoiphi Entoz. Syn. p. iS5. n. i. Se trouve dans le foie , le placenta , et le sac hydropique de l'homme. Hydatide celluleuse, Hydat. cellalosa. Renfermée dans la vésicule cartilagineuse, avec deux prolongemens postérieurs. Wcrncr^ Verm. Int. Cont. 2. tab. i.fig. 1. 8. Cisiicercus celiulosœ ? Riidolphi Entoz. Syn. p. 180. n. 4- Se trouve dans les tégumcns des muscles de l'homme. Hydatide hydatigènc, H. hydaligena. Le corps allongé , plus large antérieure- ment; la vésicule Irès-pelite, la tète sessile. DES IIYDATIDES. 585 Batsch, lîaodw. 4^. PaUas , Mise. Zool. lab. i2.G^. 12, i3. Goeze. Eingew. tab. 19. fig. I, 1. Encyc. pi. 59. fig. 1 1, 12. Cysticerctis fasciolaris ; Rudolf hi Entoz. Syn.p. 17g. n. 1. Se trouve sur le foie des rats. '* Hydatide du rat, Hydatis murlna. Le corps allongé, plus large en avant ; les articulations dentées ; la vésicule très-petite ; la tête scssile. Batsch^ Bandw. fig. ta. 16. 18. 20. 29 , 3o, 57. 49. ^ocïc. Eingew. tab. 18. B. fig. 12. 14. "Werner. Verm. Intest. tab. 19. fig. 22,25. Ency. pi. 39. fig. i5, i5, 16. Cysticercus fasciolaris ; Rudolphi Entoz, Syn.p. 179.0. 1. Se trouve sur le foie de la souris. Hydatide cordée , Hydatis cordata. Cylindrique; la vésicule terminale ventrue, en cœur, aiguë' postérieurement. Batsch., Bandw. fig. \\. 43. Goeze, Eingew, iab. 18. B. fig. 6, 7. i5. 17. Cysticercus pisiformis ; Rudolf hi Entoz. Syn. p. 181. n. 6. Se trouve sur le foie du lièvre et des rats. Flydat. pisiforiiie, Hydatis pisiformis. Simple, cylindrique, atténuée en avant ; la vésicule ovale ventrue; tête noduleuse. Zîaiio/», Bandw. fig. 42 , 4^. Goeze. Km- 584 HISTOIRE NATURELLE ^cw. tab. 18. B fig. 6, 7. i5. 17. Encycl. pi. Cistieereus fisiformis ; Rudolphi Entoz, Syn. p. 181. n. 6. Se trouve sur le foie du lièvre. H . utriculaire , Hydatis utricularis. Cylindrique; la vésicule oblongue ; le mi- lieu renflé en forme d'ouJre. Goeze , Eingew. tab. 18. B. fig. 8 , 9. Ency. pi, 39. fig.9, 10. Cysticercus fisiformis ; Rudoiphi Enloz. Syn. Se trouve dans les téguraens de la matrice du lièvre. Hyd. des cerfs, Hydatis feraram. Cylindrique ; en massue, la vésicule allon- gée. P allas ^ Spicil. Zool. 12. 1. tab. 5. fig. 5. Cysticercus tenuicollis ; Rudolf hi Entoz. Syn. p. 180. n. 3, Se trouve dans le péritoine et le foie du cerf, de la chèvre et du renne. Hydatide caprine, Hydatis caprina. Hartmann i Miscel. Nat. Curios. ijoS. Gg. 31. 24. Cysticercus tenuicollis ; Rudclpûi Entoz. Syn. p. 180. n. 5. Se trouve dans les viscères de la chèvre. DES HTDATIDBS. 585 Hydatide oville, Hydatls ovilla. Goczc, Eingcw. lab. 17. ilg. 10, n. Pal- / P" 182 , sp. 1. Se trouve sur la cervelle des moutons, chez qui elle cause la maladie du vertige. On en a trouvé jusqu'à 5oo dans la même cavité. Il est possible que ce soit cette espèce que l'on a aussi trouvée sur la cervelle de l'homme. H3^dat. vervecine , Hydatls vervecina. La vésicule très-grande ; le corps court, rugueusement imbriqué. Goeze ^ Eingew. tab. 17. A. fig. 5. , 5. En- cyclopédie, pi. 39, fig. 5 , 4 7 5. Foycz pi. 9 fig. 8 et 9 , où elle est repré- sentée presque de grandeur naturelle , et la tête très-grossie. Cysticcrcus tcnuicotlis. Rudolphi. En- toz. Synops , p. i8o , sp. 3. Se trouve sur le péritoiue des moutons. Vers I. 55 38G HISTOIRE NATURELLE HjJ. granuleuse j //ji'/i///^ granulala. Vivant, on communauté; plusieurs tuber- cules Irès-petifs sur ie corps ; Ja vésicule cal- leuse extéricuremenl et iniérieureroent. Eatsch , Bandw. fig. ^y. Goezc. tab. 20. B, lij;. 9,14. Echinococcus Feterinorum Budolphi. En- toz Synops. , p. i83 , sp. 5. Se trouve sur le foie des moutons. Hydatide du bœuf, Hydalis bovina. La vésicule très-grande; le corps court, rugueusement imbriqué. (.ysticcrcus tenuicoHis. Rudolphi. Entoz. Synops. , p. iSo, sp. 3. Se trouve dans les viscères de la poitrine du bœuf. Hydatide du sanglier, Hydatis apri. Goeze, Eingew. tab. 17. fig. 1 , 2. Cysticercus tenuicollis , Rudolphi. Entoz. Synops» , p. 180, sp. 5. Se trouve sur le foie du sanglier. Hydatide du cochon , Hydatis finna. Conique , enfermée dans un double sac ; l'intérieur adhérent par sa base. fVerner, Verm. Intest. 3 , tab. 5. Cysticercus ceiiulosœ , Rudolphi. Entoz. Synops , p. 180, sp. 4 Se trouve dans le lard , et sur les viscères des cochons , chez qui elle cause la maladie appelée ladrerie. DES HYDATIDES $87 Hydat. du dauphin, Hyd. delphiniL Conique, enfermée dans un double sac; la tête grise; cylindrique et sans crochets. Voyez pi. 9 fig. 10, n , où elle est repré- sentée de grandeur naturelle dans son sac et hors de son sac , et fîg. 12. La tête Irès- grossie. Cysticerous ddphini f Rudolphi. Eotoz. Synops. , p. 182 , sp. j. Se trouve dans le lard , et sur les viscères du dauphin. Deiphinu» deiphis. — Linn. Sac ovale, blanc, de 4 millimètres de long sur 5 de diamètre, de substance coriace, dans lequel est renfermée une hydatide qui en sort à volonté par une fente ovale, placén à une de ses extrémités. Hydatide d'un millimètre plus courte quo le sac. Cylindrique, couleur d'ardoise, ter- minée par une tête un peu plus grosse ; avec un enfoncement autour duquel sont quatre tubercules susceptibles de s'allonger et de s'élargir un peu. Il n'y a pas de crochets. Celte espèce a beaucoup de rapports avec celle du cochon et par sa forme et par sa manière d'être. Elle a été trouvée très-abon- damment par Bosc.^ dans le lard d'un dau- phin, et principalement dans celui qui avoi- sine les parties génitales. Il y en avait aussi »ur les viscères. riX DU PREMItR VOLUMi:, ^■'Qv «J^>t ^«^^ ■■^''^ J*:-.^- i"W >»g^"*: *l^-^ ■«:v